Informations régionales économiques et juridiques
141e année

Jean-Emmanuel Pialoux

Allier le beau et l’utile.

Qui êtes-vous ?

« Bonjour, je suis Jean-Emmanuel Pialoux. Je suis artisan bottier à Toulouse. Je suis là depuis octobre 2018, donc un peu plus de trois ans. »

Avant de devenir bottier, que retenez-vous de votre vie de globe-trotteur ?

« C’est quelque chose qui permet l’ouverture d’esprit. On rencontre plein de cultures différentes, des manières de vivre, de penser. Je suis allé autant au Brésil qu’au Gabon et en Inde donc cela me permet d’aborder la vie sans crainte car tout est possible. Il y a plein de manières de voir les choses et j’essaie d’être ouvert à tout. »

D’où vous vient cet amour des voyages ?

« C’est mon parcours en famille d’abord puisque ce sont mes parents qui ont été expatriés dans plusieurs pays. Et après, personnellement, cela s’est présenté durant mes études. Mais maintenant, j’aime être dans un endroit précis, être ancré localement. Justement, le fait d’aller de droite à gauche m’a donné envie d’être dans un lieu. Donc cela fait dix ans que je suis à Toulouse et j’en suis très heureux. »

Pourquoi avoir choisi la Ville rose pour vous ancrer ?

« Je me suis installé à Toulouse parce que c’était la ville de France où je voulais habiter, celle que je préférais. »

Bottier, est-ce une révélation ou un accident de parcours ?

« Je dirais que l’accident de parcours, c’est plutôt d’avoir été consultant, mais il y une suite logique entre mes études au séminaire et mon métier. On est en lien avec la matière, il y a de l’authenticité, il y a du "beau", donc c’est quelque chose dans lequel je me retrouve. »

Qu’est-ce qui vous anime dans ce métier ?

« C’est le plus beau du monde, il allie le beau et l’utile. On va chercher quelque chose d’esthétique et en même temps qui soit proche des besoins des gens. Donc c’est aussi un métier où on est en relation. Il y a plein de composantes qui font qu’on ne s’ennuie jamais. »

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?

« Le matin, je suis heureux de me lever parce que je peux mettre du coeur à l’ouvrage. »

Concevoir des sneakers pour Thomas Pesquet, est-ce une fierté ?

« Oui, c’est une fierté d’avoir pu réaliser cette paire de sneakers, comme il y a d’autres fiertés à l’atelier. Mais celle-là était un beau défi et on l’a réalisé. La fierté, c’est aussi le fait d’utiliser des matériaux peu communs puisqu’on est parti de matériaux qui font partie de la vie de Thomas, c’est-à-dire l’espace. Donc on a utilisé de l’isolant de satellite, de la combinaison d’astronaute, du grillage en laiton utilisé en robotique spatiale. Donc beaucoup de matériaux qu’on ne voit pas sur une chaussure tous les jours. C’était une demande du Stade Toulousain pour Thomas Pesquet. ils voulaient lui offrir un cadeau et ils nous ont demandé de réaliser cette paire. »

Vos nouveautés et innovations du moment ?

« Nous avons lancé une collection de sandales, en collaboration avec l’Esat de l’Arche en pays toulousain. Donc ces sandales sont fabriquées avec des personnes en situation de handicap. Hormis le fait que ce soit une sandale fabriquée de manière inclusive, c’est une paire de sandales avec des matériaux exclusivement français, du tannage végétal. C’est-à-dire avec des résidus de tannage qui sont biodégradables donc écologiques. Et vous avez aussi quelques innovations stylistiques puisque pour cette paire de claquettes on a réalisé de la gravure sur cuir autant sur la semelle que sur la lanière. Et pour cette paire de sandales, on a fait une innovation qui consiste à pouvoir alterner la position de la bride arrière sur le cou-de-pied pour en faire une claquette ou à l’arrière pour en faire une sandale. »

Et vous, quelles chaussures êtes-vous ?

« Je porte des sneakers, des souliers, etc... L’essentiel, c’est d’être bien dans ses souliers ou dans ses sneakers. Et d’avoir des couleurs et des lignes qui nous plaisent. »

Rédaction GdM