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141e année

John Palacin

Une montagne de projets

Portrait de John Palecin
John Palecin (Crédit : DR)

Des dizaines de projets soutenus en même temps que le lancement d’un guide du Routard et d’un topo-guide Vélo à l’échelle du massif des Pyrénées : le premier bilan d’activité de l’Agence des Pyrénées, dressé le 5 juillet dernier, 18 mois après sa création, est « très satisfaisant ». La nouvelle structure rassemble les régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, les départements des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne, de l’Ariège, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, les 40 stations de montagne du massif ainsi que des professionnels du tourisme, entreprises et associations. Elle a pour vocation de développer, valoriser et préserver le massif des Pyrénées. La création d’une telle entité est une première à l’échelle de l’Hexagone.

Son président, John Palacin, conseiller régional d’Occitanie, pour qui « travailler pour un territoire est un honneur », est très fier de cette mission. Le quadra, qui est aussi, depuis 2008, conseiller municipal à Bagnères-de-Luchon, où il a de fortes attaches familiales, est un amoureux de la chose publique. Né à Paris, il a fait HEC, Sciences Po et l’ENA, promotion République, et s’explique sur ce choix. « J’avais envie, dès le début, de servir. Mais c’est difficile aujourd’hui d’utiliser ces mots. Il y a tellement de dérision. J’ai eu la chance de pouvoir faire des études et cela me plaisait de me dire qu’à la fin, j’allais travailler pour l’intérêt général. C’est ce qui m’a amené à choisir le public et d’une certaine façon aussi à briguer un mandat. L’idée était de traduire sur le terrain certaines actions, notamment à travers le mandat local. Or, c’est ce qu’on fait à l’agence : nous réalisons des choses très concrètes, loin des grandes directives. L’agence est un instrument au service des projets. C’est cette page d’actions concrètes que je souhaitais écrire à travers mon engagement politique local et l’agence. »

« Nous avons voulu créer un espace où tout le monde peut se retrouver, où tous les Pyrénéens peuvent, avec leurs différences, leur culture propre et leur réalité, parler d’une même voix sur certains sujets »

Cette dernière est née de la fusion de trois entités : le Sidap (Comité interrégional pour le développement et l’aménagement des Pyrénées), l’Adepfo (Agence de développement par la formation) et la Confédération Pyrénéenne du Tourisme. « Il apparaissait de plus en plus, avec la fusion des Régions, qu’il y avait un certain nombre de réalités pyrénéennes qui constituaient une sorte de modèle de développement économique et social, avec la pluriactivité, l’élevage pastoral, la valorisation des produits agricoles, avec des risques naturels très prégnants et une biodiversité particulièrement précieuse, se souvient John Palacin. Tout cela donnait à ce territoire une réalité propre. Il était donc pertinent de regrouper toutes les forces, les énergies et les moyens qu’on mettait au service du développement des Pyrénées pour avoir un regard à 360° sur les problématiques du massif. »

Usine à projet de développement

Forte d’une équipe de sept personnes, l’agence a, selon son président, pour vocation d’être « une usine à projet de développement, d’être un lieu où toutes les problématiques sont abordées. Tout porteur de projet, quelle qu’en soit la nature, s’il en éprouve le besoin, peut solliciter l’agence, qui peut l’accompagner par des moyens humains, lui apporter de nouvelles compétences pour développer des facettes manquantes, accélérer le projet en le mettant en relation avec des partenaires financiers potentiels, etc. »

En une année d’activité, ce sont donc 75 projets individuels qui ont été accompagnés dans les domaines agricole, touristique ou artisanal, mais l’équipe planche aussi sur des sujets transversaux tel le développement de la future marque Pyrénées – laquelle sera présentée lors de Pyréneo, l’événement organisé par l’agence, qui aura lieu en octobre à Oloron-Sainte- Marie –, la structuration d’une filière de valorisation de la laine ou encore le vélo, qu’il soit sportif ou récréatif, vu comme un outil de mobilité pour réduire l’usage de la voiture, voire même une opportunité de développement économique avec la relocalisation d’une chaîne de fabrication au coeur des vallées. Relocalisation est un mot que John Palacin connaît bien.

Car après avoir intégré Bercy puis la Cour des Comptes à la sortie de l’ENA, ce proche d’Arnaud Montebourg a rejoint son cabinet comme conseiller, lorsqu’en 2012, ce dernier a été nommé ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique. « J’ai passé deux ans et demi extraordinaires auprès de lui pendant lesquels je me suis occupé de différents sujets, notamment de structuration et de relocalisation de filières industrielles ». Après avoir connu les ors de la République, John Palacin fait un détour par la direction générale des finances publiques en qualité de chargé de mission, avant, fin 2015, de s’engager aux côtés de Carole Delga, en campagne pour la présidence de la Région Occitanie. Il est élu conseiller régional en janvier 2016 et devient membre des commissions Urgence climatique, Aménagement du territoire, Montagne et Ruralité et Économie touristique.

Une forte demande de reconnexion à l’environnement

Le tremplin idéal pour prendre en janvier 2021 la présidence de la nouvelle Agence des Pyrénées. Une structure à laquelle il ajoute une mission, celle de « fédérer ». « Nous avons voulu créer un espace où tout le monde peut se retrouver, où tous les Pyrénéens peuvent, avec leurs différences, leur culture propre et leur réalité, parler d’une même voix sur certains sujets. L’idée est d’avoir un drapeau commun pour défendre les Pyrénées, les développer et inventer les Pyrénées de demain. »

Confronté à des enjeux de transition climatique, de transformation des activités agricoles, de préservation des milieux, de rénovation urbaine, de sécurisation des moyens de transport, ce territoire, l’élu régional en est convaincu, est pour autant « riche d’avenir, dans le domaine de la santé et du bien-être avec ses ressources thermales ; de la production d’énergies renouvelables qu’il s’agisse d’hydroélectricité, de biomasse, de solaire ; dans le domaine du sport avec, par exemple, le succès du trail, etc. Il y a chez beaucoup de gens une très forte demande de reconnexion à l’environnement, de transparence, d’intégrité, d’authenticité, de modernité. Nous pensons que cela peut être une grande force pour les Pyrénées, qu’une autre vie est possible », conclut-il.

Agnès Bergon