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141e année

Pascal Coste

Un coiffeur au sommet.

Portrait de Pascal Coste
(Crédit : DR)

Le Montalbanais peut être fier du chemin parcouru. D’apprenti coiffeur, il est aujourd’hui à la tête d’un groupe de 350 salons employant 2 300 personnes. L’entité Pascal Coste englobe quatre marques : Pascal Coste, Shampoo Expert, People Coiffure et Homme Pascal Coste. Pourtant rien n’était écrit, vous dira cet enfant du Tarn-et-Garonne sur un sourire. « Devenir coiffeur n’était pas un rêve de gosse. À 16 ans, je subissais l’école. Je me fais renvoyer d’un établissement scolaire. Ma mère vient me chercher et me dit : “on a deux heures pour trouver une solution”. Une amie coiffeuse lui propose de me former au métier de coiffeur. Je dois beaucoup à mes parents qui m’ont forcé la main pour me mettre en apprentissage. » La restauration l’attire, il aime le contact avec les clients, mais il y a un frein à lever : « si je suis coiffeur, je serai le roi du monde en boîte de nuit, je vais coiffer ceux qui font la fête. Si je suis serveur, j’arriverai à la fin de la soirée… le choix a été vite fait. » C’est là que tout a commencé. Pascal Coste a trouvé du sens. Il a surtout trouvé sa vocation, celle d’entrepreneur.

LE DÉVELOPPEMENT COMME FIL CONDUCTEUR

« En apprentissage, on me disait : “tu n’as rien d’un coiffeur, tu es un animateur, un leader…” », se souvient Pascal Coste. Ses mots ont résonné en lui. Il part à Toulouse chez Jean-Claude Aubry à la tête de plusieurs salons. « Là, j’ai découvert qu’on pouvait faire du business dans ce métier. C’est un état d’esprit qui m’a plu. » Très joueur et pas mal fêtard, face aux copains, il fait le pari de coiffer Stéphanie de Monaco (ne lui demandez pas pourquoi). Il quitte le Sud-Ouest et se fait embaucher chez Jacques Dessange à Monaco. Il crée son réseau et coiffe la princesse, pari gagné. L’envie d’entreprendre est plus forte que tout, il recontacte son ancien patron et lui propose de lancer la marque JC Aubry sur la Côte d’Azur. Il ouvre son premier salon en franchise, sept autres suivront. En 1997, porté par ces succès, il crée à Nice la marque Pascal Coste : son premier salon et le début de l’histoire. « On fête nos 25 ans en 2022. On a racheté 100 salons cette année. »

CE QUI LUI PLAÎT LE PLUS

Chaque jour est un nouveau challenge. « Un entrepreneur se remet en question tous les jours. J’ai une phrase type : les limites sont faites pour être dépassées. Je compare le business à un championnat, toute l’année vous vous battez pour gagner un match. » Pour Pascal Coste, le chef d’entreprise est un capitaine d’équipe, un leader charismatique. Il a bien conscience qu’il a fait la meilleure école au monde pour en arriver là : l’école de la vie. « Je suis curieux, j’aime comprendre, ne jamais refaire deux fois la même erreur, j’ai rencontré des grands patrons dans ma carrière, j’ai appris beaucoup avec eux, j’ai analysé pas mal de situations, je suis un homme de terrain. » Il connaît bien ses collaborateurs, aime faire le tour des salons, s’amuse en précisant qu’il a déjà fait la bise à ses 2300 collaborateurs.

L’INNOVATION PAR LE DIGITAL

Coiffeur est un des plus vieux métiers au monde, Pascal Coste a beaucoup travaillé sur le digital pour faire grandir son activité. En 2008, l’équipe a ouvert un site de vente en ligne. « On est aujourd’hui numéro un. C’est 35% du chiffre d’affaires du groupe. » Il compte 450 nouveaux clients par jour. Le groupe a imaginé une Beauty Borne, une interface tactile de prise de commandes. Elle permet de commander des produits de coiffure mais aussi du maquillage (10 000 références), la livraison se fait en salon ou à domicile. Le panier moyen atteint 45 €. Pascal Coste vient de racheter La Fayette et le réseau Shampoo Expert, principalement implanté dans les Hauts-de-France. « On est le plus jeune groupe du métier, ajoute Pascal Coste. Les planètes semblent alignées, à nous de percer. »

« J’aime les bâtisseurs comme Paul Ricard, Alain Afflelou, de véritables visionnaires. Ces chefs d’entreprise sont des mentors pour moi »

Pascal Coste est un guerrier, il le reconnaît, il aime se lever tous les matins et partir au combat. « C’est un vrai défi de faire tourner nos entreprises. Notre souci est de maintenir les prix, c’est un jeu d’équilibre. Il faut être malin et savoir passer entre les gouttes. » Un homme seul ne réussit pas, nous explique Pascal Coste. « J’aime les bâtisseurs comme Paul Ricard, Alain Afflelou, de véritables visionnaires. Ces chefs d’entreprise sont des mentors pour moi. Même si je n’ai pas connu Paul Ricard, son histoire me passionne. » Si Pascal Coste ne manie plus les ciseaux ni le peigne depuis longtemps, il a placé sa confiance dans son directeur artistique, Éric Zemmour. « C’est le meilleur du marché, j’en suis convaincu. Je le surnomme mon Karl Lagerfeld. »

Le professionnel a un oeil sur l’Académie Pascal Coste, deux centres de formation à Lille et à Nice où sont reçus les futurs franchisés et collaborateurs du groupe. Pascal Coste n’a que 56 ans, il prépare déjà sa succession. « L’équipe est jeune et déborde d’énergie. J’ai inventé le début de l’histoire du groupe, les jeunes écriront la suite. » Pascal Coste a une vision à long terme de l’entreprise, il sait qu’il faut anticiper. « Je m’interdis de dépasser les 65 ans à la tête de l’entreprise. Tout dirigeant qui prend de l’âge fait vieillir son entreprise et parfois même la fait disparaître. » Avec six salons, Montauban est la ville la mieux lotie en France. Il n’y a pas de hasard, dira l’entrepreneur. « Mes racines sont ici, cette ville m’a donné la force de mes convictions. » Modèle inspirant pour le Tarn-et-Garonne, il reviendra rencontrer les acteurs économiques de la ville lors du Festival des Lanternes en décembre.

Dorisse Pradal