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140e année

Retour au contact humain

Laure Soulet. Cette spécialiste du digital a créé son entreprise, Agile Communication, à Montauban en 2016.

À l’heure d’internet, des réseaux sociaux, des échanges professionnels par mail, des réunions dématérialisées ou masquées, Laure Soulet mise sur les interactions humaines réelles.

Laure Soulet.
Laure Soulet. DR

Avec 20 ans d’expérience dans la communication, probablement plus d’un millier d’entrepreneurs rencontrés, des centaines de projets menés à bien, sa vision de l’avenir proche est sans appel : « Une majorité de personnes se dirige vers la communication digitale. Mon approche, c’est de rester simple et basique : il n’y a rien de plus efficace qu’une vraie rencontre entre personnes. On a été privés de contact physique, il va falloir se forcer à y revenir pour toucher ses cibles et ses contacts. » Pas question pour autant d’oublier le numérique, qui est incontournable dans la communication des entreprises depuis une quinzaine d’années, et qui occupe une bonne partie des conseils donnés par cette jeune quadragénaire dans le cadre de l’activité d’Agile Communication, son agence montalbanaise lancée en 2016. Tout est lié, l’humain et le digital, le professionnel et le personnel. Cette pensée est à la base de la future évolution de l’activité de cette petite société, qui va s’orienter vers une forme de coaching des patrons de TPE-PME pour les aider à être plus efficaces, mais aussi plus tranquille dans la conduite de leurs affaires.
La com, Laure Soulet est tombée dans la marmite quand elle était petite. « Mes parents étaient entrepreneurs, ils tenaient une imprimerie. Ma mère était ce que l’on appelle aujourd’hui une graphiste. » Après la fermeture de l’entreprise, son père devient professeur en communication des entreprises pour des élèves de BTS. Un terreau fertile pour leur fille, qui choisit finalement de suivre des études de langues à Toulouse. Mais la sauce ne prend pas. « J’étais très bonne élève mais j’avais besoin de terrain. Je me suis orientée vers un BTS en alternance en force de vente, et j’ai fini major de promotion. »
La première expérience professionnelle, en 2003, est enrichissante mais douloureuse. Elle est recrutée par une petite société qui vend des bornes interactives pour des magasins ou des entreprises, activité novatrice pour l’époque. « Le dirigeant était ce que l’on appelle un vrai-faux patron, il créait des sociétés pour faire de l’argent, exploiter des jeunes et leur motivation. Cela a fini aux prud’hommes, il a été condamné mais je n’ai jamais touché l’argent. Cela m’a vite ramenée à une certaine réalité. »
Commence alors, à partir de la moitié des années 2000, une vie professionnelle dynamique. Laure Soulet bosse pour différentes agences de communication à Toulouse. « J’avais un profil commercial, donc ce n’était pas dur de trouver du travail. Mais ce n’était pas très stimulant. ». En 2007, elle est recrutée par une agence web du réseau Icare. C’est le déclic, elle se découvre un goût pour les sites internet et le digital. De commerciale elle devient directrice d’agence à l’Union dans l’agglomération toulousaine.

« Ce qui m’a plu, c’est la créativité. C’est là que j’ai commencé à faire du conseil, j’ai rencontré beaucoup d’entrepreneurs. »

En 2010, un tournant dans sa vie personnelle la pousse à quitter ses fonctions. « Je me suis séparée du père de mes enfants. Là, je me retrouve femme active seule, avec des enfants en bas âge en garde alternée. » Une situation peu compatible avec les fonctions chronophages de directrice d’agence. Laure Soulet change alors de braquet. De nouveau, elle enchaîne les postes. « J’ai été salariée dans de belles agences toulousaines, plus ou moins grandes. J’étais très autonome dans la conduite de mes missions, j’étais embauchée pour mon expertise. » Elle travaille sur de gros projets, développe ses compétences dans le web et découvre le monde des grands comptes. Mais elle n’est pas toujours en phase avec ses patrons, et ressent le besoin de monter son affaire, de faire les choses à sa manière.
En 2015, nouveau tournant. Elle entre en contact avec une entreprise à Montauban, qui lui propose de prendre les rennes peu à peu. Elle commence à travailler dans cette société mais, en difficulté, la boîte met la clé sous la porte avant que le nouveau projet n’aboutisse.

« C’est le point de départ de ma nouvelle expérience. J’avais déjà lancé mon auto-entreprise, je me sentais en sécurité, je me suis lancée. »

Il faut partir de zéro : la Toulousaine ne connaît personne en Tarn-et-Garonne. Elle devient membre d’un club d’affaires, et le courant passe avec les autres adhérents. « On ne trouvait pas notre compte dans ce club, donc on a monté le nôtre, sous forme d’association. J’ai pris la présidence sur demande de mes amis. » La Toile 82 naît ainsi en 2017. « C’est dans ce club que j’ai rencontré mes meilleurs amis montalbanais. J’ai vu que j’étais une entrepreneuse comme tout le monde, cela m’a donné confiance. On a monté de très beaux événements, cela m’a aidé à me constituer un réseau. »
Agile Communication, créée en 2016, propose essentiellement du conseil, de l’accompagnement, et de la formation à destination des TPE-PME. L’idée est d’abord d’observer de l’intérieur le fonctionnement de l’entreprise, de faire un état des lieux de la communication, d’identifier les besoins en fonction des moyens, et d’établir un plan de bataille. Dans un deuxième temps, l’accompagnement et la formation viennent dans la continuité du conseil.

« Je fais la chef de projet, je deviens responsable communication pour la société pendant quelques semaines, quelques mois. Le but est de ne pas les rendre dépendants de moi, mais de faire en sorte qu’ils se débrouillent par eux-mêmes. »

Une évolution importante de l’activité de Laure Soulet est en cours. Une nouvelle entreprise sera lancée en septembre avec un associé. « On teste une méthode en ce moment, quelque chose de beaucoup plus large que la communication. » Une forme de coaching, avec une partie technique d’entreprise, et une autre basée sur l’humain, la gestion des émotions. Une façon de mêler l’évolution digitale du 3e millénaire et le bon vieux contact physique qui fait la dimension sociale du genre humain.

Alexandre Wibart