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141e année

Stéphane Dreuilhet

Que la lumière soit !

Portrait de Stéphane Dreuilhet
(Crédit : DR)

Des lampes, des claustras, des braseros, des sculptures, des luminaires fabriqués à Toulouse. Tels sont les créations élaborées par Stéphane Dreuilhet et son équipe au sein de la société de design B-Art. Travailler dans ce secteur s’est révélée être une évidence pour ce chef d’entreprise toulousain qui a pourtant travaillé dans le secteur de l’automobile pendant plus de vingt ans. C’est même devenu sa lumière. « J’ai toujours été attiré par le design », confie-t-il. Et pour cause, Stéphane Dreuilhet a suivi trois années d’études à l’école d’architecture de Toulouse. « Durant mes études, je souhaitais me spécialiser dans l’immobilier. Mais la crise de 1993 m’a incité à repenser mon avenir. Je n’étais pas assez optimiste pour continuer dans cette voie ».

Stéphane Dreuilhet change radicalement d’orientation professionnelle et se dirige vers le secteur de l’automobile. En 22 ans, il gravit les échelons jusqu’à devenir responsable du développement BtoB chez Mercedes Benz à Lyon. C’est là qu’il met fin à sa carrière en 2015 pour réfléchir à de nouveaux projets. « J’ai vécu un syndrome de la page blanche car ce que je faisais ne m’animait plus. La transition a été difficile en raison du jugement des autres, des nombreuses remises en question, de l’estime de soimême », explique Stéphane Dreuilhet. En 2016, le Toulousain quitte Lyon pour revenir dans sa ville natale. Il se lance dans la création d’objets en origami, d’abord pour son propre amusement, puis pour de la vente.

FIAT LUX

L’ex-directeur commercial renoue avec sa passion pour le design. « Ce qui m’intéresse dans le design, c’est d’élaborer des projets concrets et la possibilité d’apporter des choses novatrices », précise le créateur. En juin 2019, Stéphane Dreuilhet décide de présenter ses créations à l’occasion des Design Days organisés par le magasin de mobilier design et d’objets de décoration Trentotto. L’une de ses pièces majeures est un brasero doté d’un dispositif éclairant, surnommé Bzero, qui suscite rapidement la curiosité. La flamme de la création ne s’éteint plus, tout au contraire elle brûle d’autant plus dans l’esprit de Stéphane Dreuilhet qui, conscient que ses objets plaisent, opte pour la voie de l’entrepreneuriat en fondant B-Art, spécialisée dans la conception de luminaires. Avec son ordinateur, outil qui ne le quitte jamais, il imagine, esquisse, modélise du mobiliertelles des lampes, des tables, ou encore des escaliers avec l’aide de ses deux associés. « L’un d’eux dessine à la main. Me concernant, je préfère opter pour l’ordinateur. Il ne se passe pas un jour sans que je n’imagine de nouveaux modèles », s’amuse Stéphane Dreuilhet.

« C’est une immense satisfaction pour moi que d’être recommandé par des entreprises. Pour autant, je me considère davantage comme un artisan plutôt qu’un artiste »

Le mobilier, réalisé ensuite par des machines, est principalement vendu à des architectes et dans une moindre mesure à des promoteurs immobiliers. « Nous travaillons uniquement avec des professionnels », explique le designer. Le créateur n’a pas rompu ses attaches avec la ville de Lyon. Stéphane Dreuilhet y a fondé une seconde marque, May Kit, qui lui permet d’élargir son éventail d’objets décoratifs. Sculptures murales, luminaires, braseros constituent le coeur de la gamme, et certaines créations toulousaines viennent compléter celles de la société lyonnaise. En 2020, surgit la pandémie de Covid-19 avec tous les bouleversements qu’elle apporte. « Nous avons été confrontés à beaucoup de retards à cause de la pandémie, notamment pendant les confinements successifs. Certaines de nos commandes ont été annulées ou reportées, nos machines de travail sont arrivées tardivement », explique Stéphane Dreuilhet.

Artisan plutôt qu’artiste

Le chemin de la relance fut long jusqu’en juin 2021. Mais cela n’a pas empêché le Toulousain d’imaginer de nouvelles créations. Il conçoit notamment des claustras pour des façades d’immeubles et de la décoration d’intérieur, toujours avec une projection lumineuse. De plus en plus d’entreprises font appel à ses services comme le groupe de métallerie et serrurerie situé à Tournefeuille, ainsi que des sociétés situées à Toulouse, Paris et même au-delà des frontières en l’Espagne, à Dubaï aux Emirats Arabes Unis. « C’est une immense satisfaction pour moi que d’être recommandé par des entreprises. Pour autant, je me considère davantage comme un artisan plutôt qu’un artiste », admet Stéphane Dreuilhet.

On se méprendrait en disant que ce créateur et chef d’entreprise toulousain est un artiste dans l’âme : il reconnaît n’avoir jamais apprécié les cours dédiés aux beaux-arts lorsqu’il était étudiant. « Ce qui m’intéresse dans le design, c’est de pouvoir allier le concret avec l’esthétique, la structure avec la décoration. J’aime aussi lorsque chaque chose est à sa place, moi y compris. Je ne cherche ni la notoriété ni l’adulation. Je préfère rester à ma place d’artisan », confie Stéphane Dreuilhet. À ce jour, près de 2600 dessins ont été réalisés au sein de la société B-Art et certains modèles de lampes sont déposés auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Toujours à la recherche de nouvelles créations design, Stéphane Dreuilhet travaille actuellement sur un nouveau projet : des luminaires préfacés par la marque LUX, ainsi que des claustras qui viendront compléter l’offre de la société B-Art. Reste à savoir si la lumière continuera d’éclairer la lanterne de ce créateur toulousain.

Carla Le Page