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Le Grand Marché MIN Toulouse va ouvrir un FoodLab en 2024

Alimentation. Le marché d’intérêt national Toulouse Occitanie concocte un nouveau projet : un FoobLab verra le jour au premier semestre 2024. Un tiers-lieu tourné vers la cuisine collaborative, la recherche et le développement, la démonstration, l’innovation, mais pas seulement.

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Photo de l'espace Cuisine Mode d'emploi(s)
Le FoodLab d’une surface de 1 200 m2 prendra place au sein de Cuisine Mode d’emploi(s), l’école de cuisine fondée par le chef Thierry Marx. (©Emmanuelle Choussy)

Le Grand Marché MIN Toulouse, sous la direction de Maguelone Pontier et la présidence de Dominique Batani, est devenu depuis 2017 l’un des centres névralgiques de Toulouse, lequel nourrit ses envies d’innovation.

Avec 221 entreprises accueillies entre ses murs qui ont généré 484 M€ de chiffre d’affaires l’an passé - et représentent 1 587 emplois directs -, le MIN poursuit son développement. « Depuis notre arrivée en 2017 à sa tête, nous avons 63 % de locataires en plus. Nous avons augmenté de 16% le nombre d’implantations depuis 2021 et la progression du CA est sensiblement identique, ce qui signifie que le MIN est en bonne santé », souligne Maguelone Pontier. Et de poursuivre :

Nous accueillons plus d’un tiers de jeunes pousses qui ont moins de 5 ans d’existence et nous sommes aussi innovants socialement, puisque nous avons seize associations et quatre structures œuvrant à l’insertion des publics éloignés de l’emploi. Enfin, nous comptons 45% de femmes cheffes d’entreprise au sein de la Pépinière Alimentaire. »

Mutualisation des ressources

Le MIN, qui entend devenir un acteur de la transition alimentaire au niveau de la production mais aussi de la transformation, élabore, depuis deux ans, un nouveau projet : un FoodLab, tiers-lieu dédié à la recherche et développement culinaire, qui verra le jour au printemps 2024.

« Ce lieu a pour vocation d’accueillir toutes les demandes d’usage qui ne peuvent pas être fournies par les locations longue durée. De plus, il va permettre de renforcer la synergie entre les opérateurs (produits, métiers, services), car ces dernières années, nous avons accueilli de nouvelles activités et avons élargi notre écosystème comprenant des laboratoires traiteurs, de la torréfaction, un atelier de transformation, des caves d’affinage, des pépinières d’entreprises, un incubateur, une ferme urbaine, etc. Avec le nombre d’implantations qui progresse au sein de notre site, nous avons également de plus en plus de demandes émanant de très petites entreprises pour la location d’un laboratoire sur une très courte période, de deux jours à une semaine, ou encore pour un lieu de shooting photos, etc. Nos entreprises locataires, proposent, à cet effet, des contrats de sous-location, mais nous arrivions au bout du système », souligne la directrice.

Une trentaine de pré-commercialisations

L’idée d’un tiers-lieu tourné vers la cuisine collaborative, la recherche et le développement, la démonstration et l’innovation culinaire a donc germé. Il sera également dédié à l’événementiel, à la formation, aux rencontres et aux team buildings, entre professionnels de la gastronomie et amateurs de cuisine. Le FoodLab permettra la mutualisation des ressources et ainsi la réalisation d’économies d’échelle.

Quid d’un lieu semblable en France ou dans les pays voisins ? « Nous avons fait un tour de France et des pays limitrophes afin d’établir un état de lieu des FoodLab. Créer un tiers-lieu relève souvent du fantasme, mais cela ne fonctionne pas toujours », affirme Maguelone Pontier. Et de développer : « Il en existe quelques-uns notamment à Bordeaux et Paris mais pas de structure d’envergure telle que celle que nous voulons créer au cœur d’un MIN : c’est inédit surtout avec autant d’usages prévus. Le nôtre préfigurera celui du marché de Rungis, qui envisage d’en créer un dans le cadre de l’ouverture de la Cité de la gastronomie Paris-Rungis à l’horizon 2027. »

Pour l’heure, le projet Toulousain compte une trentaine de pré-commercialisations, notamment avec des acteurs occitans.

Cuisine Mode d’Emploi(s) : un partenaire de choix

Pour ce faire, le MIN a conclu un partenariat avec l’université Paris-Saclay et plus particulièrement sa chaire "Cuisine du futur”. Le FoodLab d’une surface de 1 200 m2 prendra place au sein de Cuisine Mode d’emploi(s), l’école de cuisine fondée par le chef Thierry Marx :

Nous collaborons avec eux depuis deux ans et ce à double titre : l’école et le centre d’innovation culinaire de Paris Saclay pour la recherche sur l’alimentation du futur ou l’alimentation embarquée, etc. Ils seront également usagers du FoodLab dans la recherche appliquée . »

Ce nouveau FoodLab a également pour objectif de booster les formations existantes avec Cuisine Mode d’Emploi(s), d’élargir le panel de formations spécifiques et de créer aussi des modules à destination des particuliers. « Nous envisageons d’aller encore plus loin en nouant des partenariats avec des lieux similaires en Belgique et en Espagne et de créer des parcours européens afin d’accueillir des professionnels de tous horizons  », annonce Maguelone Pontier. Le MIN regroupe déjà 13 structures dédiées à la formation et à l’emploi.

Véhicules utilitaires à hydrogène au sein du MIN

En parallèle, 2024 annonce d’autres projets d’envergure pour le MIN, qui, inscrit dans une démarche RSE, accueillera un nouveau type de service. La société Eden Auto entend installer un garage pour véhicule utilitaire au sein du MIN et a signé, à ce titre, un partenariat avec la société Hyvia pour la maintenance des véhicules à hydrogène.

« Les travaux démarreront début janvier, l’ouverture est prévue en septembre. Nous sommes le premier MIN à proposer ce service qui sera notamment dédié aux acteurs de l’alimentaire », précise Maguelone Pontier, qui a récemment été élevée au grade de chevalier de l’Ordre national du Mérite.

Véritablement tourné vers l’avenir, le MIN s’apprête a soufflé ses 60 bougies les 8 et 9 juin prochains autour d’un grand évènement et d’une exposition inédite.