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141e année

Dacia toujours plus haut

Automobile. Avec plus de 125.000 immatriculations, la marque roumaine du groupe Renault a été une des rares à tirer son épingle du jeu au terme d’une année de stagnation des ventes.

Dans son ensemble, le marché automobile français n’a pas redressé la barre en 2021 après une année 2020 catastrophique marquée par la crise sanitaire et plusieurs périodes de confinement. Aux effets de la pandémie, toujours d’actualité, s’est ajoutée la pénurie de composants électroniques qui a entrainé des difficultés de livraisons et fait perdre des commandes par dizaines de milliers. Avec une infime progression de 0,5 %, le chiffre des immatriculations de voitures particulières (1.659.000 unités) a été peu ou prou identique à celui de 2020. Moins de 9.000 voitures de différence d’une année à l’autre : autant dire presque rien.

Les groupes français qui dominent logiquement leur marché intérieur ont été particulièrement pénalisés par cette situation difficile. Le mastodonte Stellantis, désormais numéro 1 en volume (560.413VP immatriculés) a enregistré une baisse de 3,7 %. Les situations sont contrastées selon les marques de l’imposant portefeuille du groupe franco-italo-américain. Peugeot, la marque-phare de Stellantis en France, perd 5,3 % (285.929) alors que l’autre pilier, Citroën abandonne seulement 0,5 % (161.883), presqu’un exploit dans le contexte général. DS sur un volume limité (22.782 unités) mais en progression fait mieux avec une poussée de 2,7 %.

Parmi les étrangères, Fiat chute de 5,8 % (39.914), Opel poursuit sa descente aux enfers avec un -14,6 % (37.393) malgré un renouvellement de gamme réussi. Surprise avec la renaissance française de Jeep qui grimpe aux arbres : +69,6 % (10.822). Un résultat qui tient pour une large part aux ventes tactiques (location courte durée, modèles de démonstration, etc). Faut-il être cruel en mentionnant le résultat d’Alfa Romeo, blason prestigieux promis à une relance exclusivement électrique dans les prochaines années ? Seulement 1.541 immatriculations (-35%).

Peugeot passe en tête

Le groupe Renault affiche un recul de 4,1 % pour 395.773 ventes de voitures particulières. La marque éponyme a été particulièrement touchée avec une chute de 14,5 % (268.951) alors que Dacia a réalisé un carton plein progressant de 28,9 % (125.204), confirmant exercice après exercice la montée en puissance d’une marque arrivée sur le marché français il y aura 18 ans à la rentrée prochaine, entourée de doutes quant à son hypothétique succès. Alpine, seulement 1.618 berlinettes écoulées, ne sort pas de la confidentialité en dépit du potentiel de séduction de ses modèles sans concurrence directe sur un marché de niche.

Pour la première fois, Peugeot passe devant Renault et prend la tête du marché : 285.933 immatriculations pour le Lion (17,2 % de part de marché) contre 268.955 (16,2 %) pour le Losange. Un chassé-croisé historique. Les deux groupes français ont répété à l’envi leur volonté de ne plus faire la course aux volumes mais de privilégier la rentabilité. Avec un succès réel pour Peugeot, par exemple, qui est devenue en quelques années une des marques automobiles les plus profitables. Il n’en reste pas moins que cette contraction des ventes n’est pas la meilleure nouvelle du monde.

Du coté des marques importées, il y a eu pas mal de chambardements en 2021. À commencer par l’arrivée tonitruante de Tesla dont la Model3 s’est imposée en tête des ventes des modèles 100 % électriques. Avec 26.446 voitures vendues au total, le constructeur californien s’est hissé à la dix-septième place du classement et peut prétendre au Top15 à court terme. En tête des marques étrangères, c’est le statu quo avec Volkswagen qui améliore ses résultats (+7,7 %) et occupe la cinquième place devant Toyota, également en progression significative (+7,2 %) qui approche le seuil des 100.000 voitures (96.170).

Hyundai dans le top 10

On retrouve ensuite le trio des premium allemands avec dans l’ordre Mercedes (-3,4 %), Audi (+10,4 %) et BMW (+1 %) qui échangent leurs positions au fil des millésimes en fonction du renouvellement de leurs gammes respectives. Des résultats positifs sur un marché national globalement peu favorable aux voitures haut de gamme. Le Top10 est complété par Hyundai, une demi-surprise.

Pour la première fois, grâce à une progression spectaculaire (+30,8 %), la marque devance en France sa jumelle coréenne Kia (+13,2 %), classée juste derrière. Une affaire de quelques unités mais désormais notre pays ne fait plus exception par rapport à ses voisins européens. Hyundai est par ailleurs la seule marque majeure à améliorer ses statistiques par rapport à 2019, dernier exercice « normal » avant l’irruption de la pandémie. C’est le cas également de Tesla mais il y a deux ans, Tesla était quasiment absent des débats.

Qui dit gagnants, dit forcément perdants sur un marché étal. C’est le cas en particulier de Ford, la douzième marque importée, qui affiche la plus grosse dégringolade du Top20 avec près de 21 % de chute et seulement 43.778 voitures. La qualité des modèles de la marque n’est pas en cause et le réseau est solide. Le savoir-faire et surtout le faire savoir du constructeur par contre... Il y a du boulot à abattre du coté de Saint-Germain en Laye, siège français de Ford, pour tenter de refaire surface. Autre gadin majeur, Nissan en baisse de près de 20 % qui n’est plus que le dix-huitième acteur du marché français.

Dominique Marée