Marché auto : les feux passent au vert
Marché. Au terme des six premiers mois de l’année, le marché automobile français est redevenu positif avec une progression de 1,8%. Un gain de 15.000 immatriculations.
Une bonne surprise. Enfin ! Après des mois et des mois négatifs et des bilans semestriels et annuels soulignés en rouge, le marché automobile français passe de nouveau dans le vert. Sur le premier semestre, les ventes de voitures particulières neuves ont progressé de 1,8 % à l’issue d’un mois de juin marqué par une accélération de 11,4 % par rapport à juin 2025. Au total, 857 163 immatriculations ont été enregistrées au terme des six premiers mois de l’exercice. Certes, on reste très loin des chiffres antérieurs à la crise sanitaire de 2020. Par rapport au premier semestre 2019, plus de 26 % des immatriculations ont disparu en sept ans. De quoi tempérer cette embellie mais pas de raison pour autant de bouder ce retour dans le positif, matérialisé par un gain de 15 000 ventes au cours du premier semestre.
Jamais on n’avait enregistré autant d’immatriculations de voitures électriques neuves sur le marché français qu’en juin dernier : 55 851 unités, soit une part de marché de 30 % avec une progression de 94 %. Près du double par rapport à juin 2025. Depuis le début de l’année, 241 562 véhicules à batterie ont trouvé preneur, une augmentation de 63 %. Un autre record. Chez les clients particuliers, une voiture neuve sur trois vendue est désormais une 100 % électrique. Il s’agit d’un véritable bouleversement d’un marché archi dominé par le diesel pendant plusieurs décennies.
Les raisons de ce basculement historique sont multiples. Le leasing social a joué un rôle essentiel dans ce virage majeur mais ses effets dans le temps seront tributaires du maintien des aides de l’État. L’obligation faite aux entreprises de « verdir » leur parc, sauf à être pénalisées financièrement, a également contribué à accélérer les immatriculations des modèles électriques. La multiplicité de l’offre dans les gammes de tous les constructeurs a aussi eu des effets positifs. Et enfin, plus récemment, l’envolée des prix du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient.
Les ventes de diesel sous les 3 %
Le premier semestre a confirmé la domination des hybrides de toutes catégories qui concentrent près de 51 % de part de marché avec 436 148 immatriculations, une légère augmentation de 0,4 %. Dans la catégorie, la part des hybrides rechargeables s’érode légèrement avec un recul de 0,2 % et 47 865 modèles écoulés. La tendance ne leur est pas favorable. Idem pour le GPL, passé sous la barre des 30 000 ventes au terme des six premiers mois de 2026. L’offre réduite à Dacia pour l’essentiel s’élargira bientôt avec l’arrivée du GPL sur plusieurs Renault. Cela relancera-t-il ce type d’énergie économique à l’usage ?
Les moteurs thermiques essence et diesel sont plus délaissés que jamais par les clients français. Les chiffres sont éloquents et confirment ce retournement irréversible. Avec 128 136 unités écoulées depuis le début de l’année, les moteurs essence ont été choisis par moins de 15 % des acheteurs d’une voiture neuve. Du jamais vu ! En 2025, sur la même période, ils étaient encore plus de 23 %. Les hybrides, roulant eux aussi au sans plomb, notamment les micro-hybrides une solution peu coûteuse, proposés dans toutes les gammes les ont remplacés.
Le diesel est en voie de disparition sans doute définitive. En l’espace d’une seule année, ses immatriculations ont quasiment été divisées par deux. Elles ont représenté seulement 2,6 % de part de marché au premier semestre contre 4,9 % un an plus tôt. Seulement 22 147 acheteurs d’une voiture neuve ont opté pour un moteur fonctionnant au gazole au cours des six derniers mois. Les diesels ont disparu du catalogue de nombreux constructeurs, même si les marques premium allemandes les ont conservés. Sur les véhicules utilitaires, les diesel restent très largement majoritaires mais de façon provisoire, les contraintes de la transition énergétique pesant sur les flottes de sociétés produiront leurs effets à moyen terme.
Ce chamboulement énergétique se reflète dans la baisse des émissions de CO2 qui n’ont jamais été aussi réduites. Alors qu’en juillet 2024, elles frôlaient encore les 100 g/km, elles sont passées sous le seuil des 90 g/km un an plus tard pour descendre à 77,6 g/km en juin dernier. Personne ne s’en plaindra.