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140e année

Ralentisseurs : dangereux et source de nuisances

Sécurité routière. Les différents types de dos d’âne urbains destinés à casser la vitesse trop élevée des voitures sont sans cesse plus nombreux. On en compterait plus de 450 000 en France.

Ralentisseurs : dangereux et source de nuisances

De nombreuses voitures roulent trop vite en ville et dans les traversées de villages. Personne n’en disconvient. Le problème est réel et appelle des solutions pour ralentir ceux qui ne respectent pas les limitations et mettent en danger les plus vulnérables, cyclistes et piétons en particulier. Mais la solution adoptée par de nombreuses communes ressemble à un pis-aller avec une liste d’inconvénients plus longue que celle des bénéfices espérés.

Le problème est d’autant plus sérieux que les dos d’âne et « coussins berlinois » en particulier, sont chaque année plus nombreux. On en compterait plus de 450 000 à l’échelon national. La ligue de Défense des conducteurs a relevé des situations édifiantes dans de nombreuses communes. Jusqu’à 21 en 2,4 km sur l’ancienne route d’Annecy en Savoie. Des chiffres qui donnent une idée de l’ampleur du problème. Car problèmes il y a. Au pluriel.

La question est d’autant plus préoccupante que bon nombre de ces ralentisseurs ont été installés n’importe comment et ne respectent pas les normes édictées en la matière concernant la zone de leur implantation, leur hauteur limitée à 10cm, etc...

Le plus évident : le risque d’accident qu’ils peuvent générer. Pour les automobilistes distraits qui ne les aperçoivent qu’au dernier moment, ceux choisissent de les ignorer et plus encore pour les motards qui risquent la chute. Des conséquences négligées et pour lesquelles on ne dispose pas d’informations fiables.

Surconsommation et nuisances sonores

La Ligue de défense des conducteurs a mis en évidence récemment les nuisances environnementales générées par ces obstacles urbains : émissions supplémentaires de CO2, surconsommation de carburant, bruit... De multiples points négatifs confirmés par une étude commandée par la Ligue. Les résultats sont édifiants. La surconsommation ? Elle varie de 10,5% à 28% selon qu’on conduit une Clio ou un SUV 3008, que le dos d’âne respecte les règles légales d’installation ou s’en affranchit.

Il en résulte des émissions de CO2 en forte augmentation, notamment pour les ralentisseurs illégaux qui entrainent un supplément de CO2 de 15% par rapport à ceux respectant la réglementation. Décélération avant l’obstacle, ré-accélération ensuite : cela n’a pas seulement pour effet d’entrainer une consommation supplémentaire mais aussi d’augmenter les nuisances sonores : 2 ou 3 décibels qui provoquent le doublement du bruit. Et quand les soubassements frottent, ce qui est fréquent, les oreilles souffrent encore davantage.

La Ligue de défense des conducteurs a décidé d’agir juridiquement contre ces obstacles illégaux pour demander leur éradication. Un travail titanesque dont les résultats semblent pour le moins incertains.

Dominique Marée