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141e année

Une Alpine, trois propositions

Automobile. Le joyau de la production automobile nationale fait évoluer sa courte gamme autour de trois déclinaisons pertinentes pour mieux séduire une clientèle qui se fait désirer.

L’Alpine A110 GT : le meilleur des deux mondes. Alpine

L’Alpine A110 n’obtient pas le succès commercial qu’elle mérite. Loin s’en faut. Quatre ans après ses débuts, les ventes n’ont pas tenu leurs promesses initiales. Totalement injuste, compte-tenu des multiples qualités d’un coupé sportif attachant qui hisse au meilleur niveau la notion de plaisir automobile sans affèterie et sans esbroufe. C’est peut-être ce qui lui fait défaut au pays des SUV rois et de l’autophobie pathologique. Heureusement, le constructeur n’abandonne pas la partie pour autant et diversifie son offre autour de trois propositions résumées d’une formule : « trois philosophies et autant d’émotions ».

Points communs, la silhouette évocatrice, toujours gracile inspirée par la berlinette originelle et un 4 cylindres 1.8 turbo implanté en position centrale arrière accouplé à une boite automatique à double embrayage Getrag à 7 rapports. L’Alpine A110 de « base » est la plus proche des légendaires A110 qui ont forgé le mythe dans les années 60/70. La proposition est attractive : le 1.8l turbo en version 252ch et des équipements privilégiant la simplicité et l’efficacité. Freinage Brembo avec des disques de 296mm à l’avant, roues de 17 pouces montées en Michelin Pilot Sport de taille raisonnable (205/45 et 235/45) : elle se concentre sur l’essentiel.

Une voiture vive et légère

Vive et légère (1102kg), elle ne manque pas d’atouts. L’inédite A110S reprend une appellation fameuse. Elle est la toute première de la famille dotée d’un aileron arrière proposé en option. Un signe distinctif qui fera peut-être froncer le sourcil des puristes. Cet appendice est complété par une lame avant et un carénage aérodynamique sous la caisse, des éléments en carbone accentuant l’efficacité en augmentant l’appui. Derrière les baquets, on retrouve une version bodybuildée du vaillant 4 cylindres dont la puissance passe à 300ch (340Nm de couple de 2400 à 6000tr/mn). Il lui suffit de 4,2 secondes pour passer de 0 à 100km/h.

Le cockpit tendu de cuir d’une des voitures les plus sexy du marché. Alpine

Le reste est à l’avenant avec un châssis rigidifié : ressorts 50% plus raides et barres anti-roulis creuses, plus fermes de 100%, géométrie des trains spécifiques, butées hydrauliques de direction recalibrées, caisse abaissée de 4mm. Pour faire bonne mesure, elle reçoit des roues de 18 pouces montées en série en Pilot Sport 4 (215/40 et 245/40) et un système de freinage Brembo hautes performances avec des disques bi-matière de 320mm à l’avant et à l’arrière. Pour que cela se perçoive à l’oreille, un échappement Sport est du voyage. Ou du circuit plutôt, son domaine privilégié. Surtout si on opte pour les pneus semi-slick Michelin PS Cup.

A110 GT, l’esprit de synthèse

L’Alpine A110 GT prend le meilleur des deux autres modèles, associant sa ligne intemporelle et épurée à la motorisation 300ch, assurant un niveau de performances et un couple identiques à la version S. Elle lui emprunte également son système de freinage, son échappement et ses roues de 18 pouces avec les mêmes gommes dans des dimensions légèrement moindres (205/40 et 235/40). La différence majeure : des suspensions moins radicales proposant un judicieux compromis entre confort et efficacité. Une façon de préserver un des points forts de l’Alpine A110, un niveau de confort rare sur une voiture résolument sportive.

L’A110GT y ajoute des baquets « confort » réglables sur six voies, habillés de cuir noir ou marron, une assistance au parking avant et arrière avec caméra de recul, facilitant le quotidien. Le tout avec une prise de poids insignifiante, une vingtaine de kilos, pas davantage. On aurait tort de s’en priver. Un nouveau système multimédia à la connectivité renforcée, une navigation plus performante, une optimisation des trois modes de conduite proposés, agissant sur la réponse de l’accélérateur, de la direction, des lois de passages de vitesse et de la sensibilité du contrôle de trajectoire sont au menu commun du trio.

Aux neuf teintes de carrosseries disponibles en série dont un tonique Orange feu faisant référence aux Alpine A110 du passé, il est possible de préférer une des 22 teintes « héritage » puisant leur inspiration dans la légende de la marque. Voitures au potentiel de séduction intact, les différentes déclinaisons de l’Alpine A110 n’ont aucune rivale sur le marché. En plus, elles ne souffrent pas d’un malus décourageant. A saisir avant qu’il ne soit trop tard.

Dominique Marée