114 M€ pour la Halle des mobilités : le pari de la Région Occitanie sur l’avenir de Matabiau
Équipement. Lancé officiellement le 20 octobre 2026, le chantier de la future Halle des mobilités représente le plus gros investissement du mandat régional. Financé principalement par la Région, cet équipement de 12 000 m² doit anticiper la hausse de fréquentation de Matabiau, qui pourrait atteindre 150 000 voyageurs par jour en 2032.
La désormais troisième ville de France se dote d’un équipement de transport XXL. La présidente de Région Occitanie, Carole Delga, a en effet lancé officiellement le 20 octobre 2026 les travaux de la future Halle des mobilités qui s’élèvera d’ici 2028 à l’arrière de la gare Matabiau. Un chantier titanesque puisque le bâtiment, d’une surface de 12 000 m2, représente un investissement de 114 M€ financé à hauteur de 21 M€ par l’État (+ 4 M€ de TVA), 11 M€ par Toulouse Métropole et 78 M€ par la Région, soit le plus gros investissement de l’actuel mandature.
Cette construction hors norme est destinée à accueillir l’un des pôles d’échanges multimodaux les plus importants d’Europe avec, en plus de l’offre de transport actuelle (trains, bus et ligne A du métro) la mise en service fin 2028 – mais probablement retardée – de la ligne C, 3e ligne de métro toulousain. L’autre infrastructure majeure également très attendue, c’est la ligne à grande vitesse qui reliera Toulouse à Bordeaux via Montauban et Agen et dont l’arrivée est prévue pour 2031.
150 000 voyageurs par jour
Enfin, la Région anticipe également le développement du Service express régional métropolitain (Serm) [1]. Alors que la population de l’agglomération devrait passer de 1,5 à 1,7 million d’habitants d’ici 2035, la fréquentation de la gare Matabiau pourrait ainsi tripler, soit 150 000 voyageurs par jour dès 2032.
Dans le détail, le bâtiment abritera les espaces dédiés aux voyageurs, soit 4 400 m2 de locaux, avec des connexions rapides pour faciliter les correspondances entre les différents modes de transport, les guichets d’information et de vente de billets, des espaces commerciaux. Il accueillera également une vélostation sécurisée d’un millier de places sur une surface de 1 600 m2, propriété de Toulouse Métropole. En surplomb de la Halle des mobilités, sur sept niveaux, on trouvera également un ensemble de bureaux, soit 6 360 m2 de locaux, dont certains pour le Conseil régional. Y trouvera notamment place la Maison de l’orientation de la Région. La structure qui dispense informations et conseils en matière de formation professionnelle a accueilli près de 23 000 personnes l’an dernier.
200 ETP mobilisés pendant deux ans et demi
Pour la présidente de Région, la future Halle ne doit en effet pas se résumer à un lieu de passage, mais donner un nouvel élan au quartier Marengo. « Notre volonté est de proposer des services et des commerces utiles aux voyageurs comme aux habitants. Avec ses espaces extérieurs de détente, agréables et arborés, elle contribuera à améliorer le cadre de vie et à faire vivre le quartier au quotidien. C’est le sens de la concertation que nous avons mené avec les habitants du quartier, pendant plusieurs années. »
De fait, selon les chiffres de la collectivité, entre 2021 et 2024, plus de 800 personnes ont été associées aux réflexions menées sur les usages, les services et l’insertion urbaine du bâtiment ainsi qu’à l’analyse des cinq projets ayant participé au concours d’architecte lancé en 2023.
Avec sa grande toiture rouge à plusieurs pans, le projet retenu, conçu par le groupement associant le cabinet d’architecte danois Bjarke Ingels Group (BIG) et l’agence montpelliéraine A+Architecture, est aussi appelé à devenir selon l’élue régionale, « une nouvelle porte d’entrée sur Toulouse et l’Occitanie, un bâtiment emblématique de la métropole ». Et d’ajouter :
Nous devons rendre le beau et l’architecture d’exception accessibles à toute la population, à travers des équipements et des infrastructures utiles au quotidien. Nous en faisons la démonstration aujourd’hui. »
En plus d’une signature architecturale forte, le futur bâtiment se veut aussi « durable » avec notamment l’utilisation de matériaux biosourcés, l’intégration de larges puits de lumière vers les niveaux souterrains, la végétalisation des espaces, l’intégration dans la toiture de tuiles photovoltaïques ainsi que la récupération des eaux de pluie pour alimenter les toilettes. Démarrés cet été, les travaux devraient mobiliser 200 équivalents temps plein pendant deux ans et demi. À noter que 70 % des entreprises intervenants sur le chantier sont locales. Livraison prévue à l’hiver 2028.
[1] Le projet de SERM est porté par la Région Occitanie, la Métropole de Toulouse, Tisséo Collectivités et le Département de Haute-Garonne, et soutenu par l’État. Il vise à créer rapidement un « choc d’offre » à l’échelle du bassin de mobilité toulousain avec notamment un renforcement de l’offre de transport en commun urbain et de l’offre ferroviaire.