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Démographie : Toulouse dynamise l’Occitanie, malgré le vieillissement et la baisse de la natalité

Bilan. Selon l’Insee, l’Occitanie approche les 6,25 millions d’habitants au 1er janvier 2026, avec une croissance soutenue de +0,7 % par an. Mais derrière ces 43 000 habitants supplémentaires chaque année, la dynamique masque un déséquilibre croissant : un déficit naturel de moins 14 100 personnes en 2025, lié à une natalité en baisse et à une population de plus en plus âgée.

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Au sein de la région, grâce au dynamisme de Toulouse, le département de la Haute-Garonne est le seul où le nombre de jeunes de moins de 20 ans est supérieur à celui des seniors. (©Gazette du Midi)

Ce sera confirmé avec les chiffres de fin d’année mais pour les démographes, le basculement a déjà eu lieu : à l’approche de l’été, Toulouse a doublé Lyon et s’installe sur le podium des villes les plus peuplées de France, juste derrière Paris et Marseille. Et avec elle, c’est toute l’Occitanie qui redessine sa carte démographique. Mais derrière cette dynamique, un défi de fond se profile : comment maintenir l’équilibre à long terme dans un territoire où la croissance repose presque désormais uniquement sur les nouveaux arrivants et que la natalité recule ?

Car si la région gagne des habitants, cette croissance « sous perfusion migratoire » n’est pas sans conséquences. Et pour cause, si la hausse de la population reste un puissant levier en termes de potentiel économique, de main-d’œuvre accrue, de vitalité entrepreneuriale ou encore de diversité culturelle, elle pose aussi une question stratégique : que se passe-t-il si cet afflux ralentit ? Le dernier bilan 2025 de l’Insee, publié en ce début du mois d’avril, met ainsi en lumière cette réalité contrastée : l’Occitanie attire, oui, mais elle vieillit… et ne se renouvelle plus.

Une croissance portée… uniquement par les arrivées

Dans le détail, l’Institut national de la statistique et des études économiques, révèle qu’au 1er janvier 2026, l’Occitanie tutoyait les 6,25 millions d’habitants. Une progression solide de + 0,7 % par an entre 2016 et 2026, soit deux fois plus rapide que la moyenne nationale. Résultat, la région pèse désormais 9,4 % de la population métropolitaine, contre 7,7 % en 1975, et grimpe - elle aussi - à la 3e place des régions les plus peuplées de France, derrière l’Île-de-France (18,9 %) et la région Auvergne-Rhône-Alpes (12,4 %).

Chaque année, ce sont près de 43 000 habitants supplémentaires, soit l’équivalent d’une ville comme Castres, qui viennent grossir ses rangs. Une performance qui confirme l’attractivité du territoire, portée notamment par la dynamique toulousaine. La métropole, qui flirte avec les 1,4 million d’habitants, continue d’aspirer talents, étudiants et actifs.

Mais le moteur démographique régional tend à se gripper. De fait, en Occitanie, la croissance ne repose plus sur les naissances. Depuis 2017, le solde naturel est dans le rouge et la situation ne cesse de se dégrader. En 2025, le déficit naturel atteint en effet - 14 100 habitants. En clair : il y a bien plus de décès (64 400) que de naissances (50 300). Une première à l’échelle nationale depuis l’après-guerre, mais une réalité installée depuis près d’une décennie dans la région.

Seule exception notable : la Haute-Garonne, qui affiche encore un solde naturel positif (+3 500). Ailleurs, le vieillissement et la faible fécondité creusent mécaniquement l’écart. Conséquence directe : l’essor démographique repose exclusivement sur le solde migratoire. Autrement dit, sans nouveaux arrivants, la région décrocherait.

Moins d’enfants, et des naissances dites plus « tardives »

Côté natalité, la tendance est claire : la baisse se poursuit. En 2025, quelque 50 300 naissances ont été enregistrées, en recul de 1,1 % sur un an. Une chute moins brutale que les années précédentes certes, mais qui s’inscrit dans un mouvement de fond engagé depuis le pic de 2012. Le facteur clé ? La fécondité, en net recul. L’indicateur conjoncturel tombe à 1,43 enfant par femme, un niveau historiquement bas dans la région, et inférieur à la moyenne nationale.

Paradoxalement, le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants continue d’augmenter. Mais elles ont des enfants plus tard et moins nombreux : 31 ans en moyenne en 2025, contre 26,8 ans en 1975. Études plus longues, insertion professionnelle tardive, arbitrages économiques ou choix de vie : les explications sont multiples et touche un grand nombre de pays, notamment européens.

Seniors > jeunes

Autre enseignement majeur : l’Occitanie vieillit, et vite. Au 1er janvier 2026, un habitant sur quatre a 65 ans ou plus ! Les seniors sont désormais plus nombreux que les jeunes : on en compte 117 pour 100 personnes âgées de moins de 20 ans. Il y a vingt ans, la situation était inversée.

Ce basculement démographique est particulièrement marqué dans les territoires ruraux. Le Lot culmine avec 33 % de seniors, tandis que le Gers, l’Aveyron ou encore les Pyrénées-Orientales flirtent avec les 30 %. Seule la Haute-Garonne conserve un profil plus jeune tiré par l’attractivité toulousaine et ses quelque 130 000 étudiants, français comme internationaux. La Ville rose domine d’ailleurs le classement 2024-2025 des meilleures villes étudiantes, publié en juin dernier par L’Étudiant.

Dernier indicateur clé mis en avant par l’Insee dans sa publication : l’espérance de vie, qui continue de progresser. En 2025, elle atteint 80,6 ans pour les hommes et 85,8 ans pour les femmes. Fait notable : l’écart entre les sexes se réduit. Il passe de 7,1 ans en 2000 à 5,2 ans aujourd’hui. Une convergence qui s’explique par des progrès plus rapides côté masculin, notamment en matière de prévention et de prise en charge des pathologies.