DNC : malgré 4 M€ d’aides d’urgence débloquées en Occitanie, la contestation perdure
Agriculture. Fonds d’urgence, vaccination accélérée, mais colère persistante : face à la crise provoquée par la dermatose nodulaire contagieuse, l’État renforce son dispositif d’aide aux éleveurs bovins du Sud-Ouest, sans pour autant apaiser totalement les tensions sur le terrain.
Alors que la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) continue de fragiliser la filière bovine dans le Sud-Ouest, l’État renforce son dispositif de soutien aux exploitations les plus impactées. Face aux conséquences sanitaires et économiques de cette épizootie, le gouvernement a créé un fonds d’urgence de 11 M€, destiné à accompagner les éleveurs confrontés à des difficultés de trésorerie liées aux restrictions de mouvements d’animaux.
Sur les 4 M€ attribués à l’Occitanie, une enveloppe de 608 200 € est mobilisée en Haute-Garonne. Le préfet du département a annoncé, dans un communiqué daté du 31 décembre, l’ouverture du dépôt des dossiers de demande d’aide. Les exploitants concernés ont jusqu’au 31 janvier 2026 inclus pour déposer leur dossier, soit par voie dématérialisée, soit par courrier auprès de la Direction départementale des territoires (DDT) [1].
Une aide de nature forfaitaire
Ce fonds vise les exploitations d’élevage détenant au moins dix bovins âgés de plus de six mois, non foyers de la maladie, dont le siège social est situé en zone réglementée ou vaccinale et disposant d’un numéro SIRET actif. L’aide prendra la forme d’un forfait calculé en fonction du nombre de jeunes bovins ne pouvant être commercialisés en raison des restrictions sanitaires : animaux âgés de 6 à 12 mois pour les ateliers allaitants et de moins de trois mois pour les ateliers laitiers.
Le montant de l’aide sera arrêté à l’issue de l’instruction de l’ensemble des dossiers. Il devrait être compris entre 1 000 et 4 500 € par exploitation, avec une majoration possible pour les jeunes agriculteurs installés depuis moins de cinq ans, dans la limite du plafond fixé. Les exploitations détenant un très faible nombre de jeunes bovins pourraient, en revanche, ne pas percevoir d’aide si le calcul aboutit à un montant inférieur à 1 000 €.
À noter que ce dispositif s’ajoute aux indemnisations déjà prévues en cas d’abattage sanitaire (indemnisation au prix du marché, désinfection des exploitations, compensation des pertes d’exploitation, accompagnement psychologique), désormais défiscalisées et désocialisées afin de restaurer rapidement la trésorerie des exploitations.
Une réponse renforcée face à une crise sanitaire persistante
Apparue en Savoie à l’été 2025, la dermatose nodulaire contagieuse, maladie virale affectant exclusivement les bovins, a entraîné l’instauration de zones réglementées et l’élargissement progressif des obligations vaccinales dans plusieurs départements du Sud-Ouest. Si la maladie n’est pas transmissible à l’homme, ses conséquences sur les élevages sont lourdes : pertes de production, impossibilité de commercialiser les animaux, tensions sur les trésoreries...
Dans ce contexte, la campagne de vaccination constitue un levier central de la stratégie sanitaire. Le 27 décembre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard indiquait sur X que « plus de 50 % des 750 000 bovins concernés avaient déjà été vaccinés dans le Sud-Ouest », saluant la mobilisation des vétérinaires, des éleveurs et des services de l’État.
Trois jours plus tard, le Premier ministre Sébastien Lecornu annonçait, lui - toujours sur X - que « 98,5 % du cheptel ariégeois était vacciné, avec un objectif de couverture totale avant la fin de l’année 2025 ». Il précisait également que les vétérinaires militaires poursuivaient la campagne dans le Gers et en Haute-Garonne. Et de préciser, qu’à l’échelle régionale, « près de 62 % des bovins étaient désormais vaccinés ».
À la date du 1er janvier 2026, selon un bilan actualisé sur le site du ministère de l’Agriculture, ce pourcentage montait à 68,6 %, soit 495 602 bovins vaccinés.
Les agriculteurs maintiennent la pression
Si la montée en puissance de la vaccination marque une étape décisive, le climat reste tendu dans les zones d’élevage. Les restrictions sanitaires prolongées et l’impact économique de la crise continuent de susciter des inquiétudes parmi les professionnels, qui attendent des réponses « rapides et adaptées » à la diversité des situations rencontrées sur le terrain.
D’autant qu’un nouveau cas de dermatose nodulaire contagieuse a été détecté en fin de semaine dernière au sein d’un troupeau de l’est de l’Ariège, qui était vacciné depuis une quinzaine de jours, et qui va être abattu.
Vendredi 2 janvier, l’autoroute A64 demeurait ainsi fermée au sud de Toulouse, entre Laffite-Vigordane et Carbonne, tandis que d’autres barrages étaient maintenus sur des axes stratégiques du Sud-Ouest. Une stratégie assumée par les agriculteurs pour entretenir la pression, sur fond de crise de confiance persistante entre l’État et une partie du monde agricole.
[1] Modalités de dépôt des demandes par par voie postale, à l’adresse suivante : Direction départementale des territoires (DDT) de la Haute-Garonne Service Économie Agricole Cité Administrative - 1 Place Émile Blouin 31952 Toulouse cedex 9.