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En Occitanie, les traitements innovants font bondir les remboursements de médicaments

Santé. Avec 2,5 Md€ de médicaments remboursés en 2025, soit une hausse de 5,2 % sur un an, les dépenses pharmaceutiques continuent de progresser en Occitanie. Une dynamique portée par le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et l’arrivée de traitements innovants, dont le coût ne cesse d’augmenter.

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En 2025, le montant remboursé par assuré s’établit à 443 €, soit 38 boîtes de médicaments sur l’année en moyenne. (©Pixabay)

Les dépenses de médicaments continuent de grimper en Occitanie. En 2025, l’Assurance Maladie a remboursé 2,5 Md€ de médicaments délivrés en pharmacies de ville, soit une progression de 5,2 % par rapport à 2024. Une hausse qui s’inscrit dans une tendance continue depuis 2019, portée par le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et l’arrivée de traitements toujours plus innovants.

Concrètement, 5,6 millions d’assurés occitans ont bénéficié d’au moins un remboursement de médicament au cours de l’année. En moyenne, chacun s’est vu rembourser 443 €, correspondant à 38 boîtes de médicaments. Au niveau national, la prise en charge s’est également renforcée. Le taux moyen de remboursement est passé de 80,7 % en 2014 à 87,6 % en juin 2025. Autrement dit, près de 9 € sur 10 dépensés pour les médicaments sont aujourd’hui remboursés par l’Assurance Maladie, l’une des cinq branches de la Sécurité Sociale.

Le virage des traitements lourds

Cette évolution traduit une transformation profonde des dépenses pharmaceutiques. Si les médicaments du quotidien restent massivement prescrits, ce sont désormais les traitements destinés aux pathologies lourdes qui pèsent le plus dans les comptes.

Le paracétamol reste ainsi la molécule la plus remboursée en volume en France, avec plus de 36 millions de boîtes délivrées en 2025 pour 3,6 millions de patients. Son coût unitaire limité en fait toutefois un poste de dépense relativement modeste, avec 33 M€ remboursés. En Haute-Garonne, 7 239 588 boîtes de paracétamol ont été délivrées à 849 625 patients, représentant plus de 6,5 M€ de remboursements. Dans le Tarn-et-Garonne, 153 087 assurés en ont bénéficié, pour 1 588 343 boîtes remises et un montant remboursé de 1,45 M€.

À l’inverse, les traitements contre le cancer connaissent une montée en puissance spectaculaire. En 2025, les médicaments anticancéreux ont représenté 435 M€ de remboursements en ville en Occitanie. Les antinéoplasiques, qui ralentissent ou stoppent le développement des néoplasmes (tumeurs), deviennent même la première classe thérapeutique remboursée, alors qu’ils n’occupaient que la huitième place en 2016. La Haute-Garonne concentre une part importante de ces dépenses. Les remboursements de traitements anticancéreux y atteignent 82 M€, dont plus de 59 M€ pour les seuls antinéoplasiques. Dans le 82, ces prises en charge représentent près de 18,9 M€, dont près de 12 M€ pour les médicaments antitumoraux.

Dans le même temps, plusieurs familles historiques de médicaments voient leur poids diminuer dans les dépenses de l’Assurance Maladie. Les analgésiques courants, les traitements contre l’hypertension ou encore les médicaments destinés à lutter contre le cholestérol reculent, principalement sous l’effet de la diffusion des génériques et des baisses de prix.

En une décennie, les dix principales classes thérapeutiques remboursées enregistrent néanmoins une progression globale de près de 80 % en Occitanie, « signe d’une profonde recomposition des dépenses de santé ».

Des thérapies plus chères

L’innovation thérapeutique explique largement cette évolution. Depuis plus de dix ans, le système de santé doit en effet absorber une hausse inédite du coût des traitements par patient, reflet direct des progrès médicaux explique l’Assurance Maladie.

En 2015, un seul médicament dépassait un coût de traitement annuel de 100 K€ par patient. En 2025, ils sont 21 à franchir ce seuil. Les traitements les plus coûteux dépassent désormais 185 K€ par patient et par an, tandis que deux médicaments, prescrits pour un nombre très limité de malades, atteignent même plus d’un million d’euros par patient chaque année. En Occitanie, le médicament Kalydeco, utilisé dans le traitement de la mucoviscidose (une maladie rare et génétique qui touche principalement les voies respiratoires et le système digestif), illustre cette nouvelle réalité. L’année dernière, il a représenté 19,5 M€ de remboursements pour 411 patients.

Face à ces transformations profondes et, semble-t-il, durables, l’Assurance Maladie doit désormais relever un double défi : accompagner l’accès aux innovations médicales tout en veillant à la soutenabilité du système de santé solidaire. Un enjeu et équilibre qui passe selon elle par « une meilleure pertinence des prescriptions, une vigilance accrue face aux risques liés aux médicaments et une promotion de la sobriété médicamenteuse ».