Été 2026 à Toulouse : un bilan touristique plombé par la chaleur ?
Attractivité. Alors que le thermomètre dépasse encore les 30° dans la Ville rose à la mi-septembre, Toulouse Team, l’agence d’attractivité de la métropole, a fait un bilan de la saison touristique. Les fortes chaleurs ont impacté le comportement des visiteurs qui ont privilégié les lieux climatisés. Pour autant, les festivals ont fait le plein, tractant l’activité économique du territoire.
En Haute-Garonne et plus largement en Occitanie, l’agriculture n’est pas le seul secteur d’activité à souffrir des conséquences des fortes chaleurs et des épisodes de canicule qui se succèdent depuis le mois de mai. Alors qu’il génère 22,4 Md€ de retombées économiques annuelles et plus de 130 000 emplois en moyenne, le tourisme a lui aussi marqué pas au cours des mois de juillet et août. Fer de lance du tourisme en région, avec plusieurs sites culturels majeurs, la Haute-Garonne affiche elle aussi des résultats contrastés après plusieurs saisons particulièrement dynamiques. En 2025, l’éditeur de guides de voyage Lonely Planet avait d’ailleurs placé Toulouse en tête du Top 10 des villes à visiter.
Dans un communiqué de presse daté du 10 septembre dernier, l’agence d’attractivité de la métropole Toulouse Team a dressé un bilan chiffré de la période estivale. Avec des baisses de fréquentation jusqu’à 40 % dès le printemps.
Jusqu’à -20 % de visites guidées
Première structure de la métropole impactée par cette baisse, l’Office du tourisme accuse un recul de 19 % des visites à son accueil physique en juillet et de 16 % en août. Pour la première fois, l’organisme rapporte un recul de son activité dans le digital de l’ordre de 12 % sur l’été, une évolution qui pourrait également résulter du changement des usages numériques, avec l’essor de l’intelligence artificielle dans la préparation des séjours et la recherche d’activités.
Malgré un bilan mitigé, l’agence d’attractivité souligne une certaine résilience au mois d’août. En effet, la baisse du chiffre d’affaires de l’Office du tourisme est passée de -17 % en juillet à -5 % le mois suivant. Ou encore dans les visites guidées dont l’activité a repris neuf points entre ces deux périodes, signe d’« une adaptation progressive » des visiteurs aux conditions climatiques, selon Toulouse Team.
Dans le détail, les activités touristiques en plein air subissent cet impact direct, avec une perte de fréquentation de 15 à 30 % pour certains prestataires tels que les Caboteurs, le service de location de bateaux sans permis sur la Garonne, le Petit train, le service de bus Citytour Toulouse ou encore les Tuk Tuk de la Ville rose.
La climatisation : nouvel atout charme ?
Concernant les lieux, en temps normal à forte attraction touristique, le bilan est plus contrasté. La collection Bemberg, à l’Hôtel Assézat, enregistre ainsi une forte progression, portée notamment par l’exposition consacrée au maître espagnol de la lumière Joaquín Sorolla. C’est également le cas du Château d’Eau, de la Chapelle de La Grave ainsi que des Abattoirs portée par une rétrospective sur l’artiste protéiforme Jean-Charles de Castelbajac. La Cité de l’espace résiste, tandis que la Halle de la Machine affiche une très légère baisse du nombre de visiteurs. Le musée Aeroscopia termine, quant à lui, le mois d’août avec une fréquentation record, dans le contexte de l’arrivée du Beluga sur son tarmac.
A contrario, la basilique Saint-Sernin, pourtant premier monument touristique de la ville avec 974 000 visiteurs en 2025, accuse cet été un recul de sa fréquentation. L’agence d’attractivité met celui-ci sur le compte de « l’inversion thermique » que subissent certains bâtiments patrimoniaux non climatisés, avec une température intérieure supérieure à celle de l’extérieur le matin. Autre cause mais même conséquence sur le visitorat. Fermé du 20 juin au 20 juillet, à la suite d’une panne de son système de climatisation, le Muséum d’Histoire naturelle n’a pas fait le plein de touristes comme il en a l’habitude.
Record d’affluence sur certains festivals
Dans le top 3 français avec quelque 900 festivals organisés sur son territoire, l’Occitanie est plus que jamais une terre de culture. La Haute-Garonne n’est pas en reste avec une dizaine d’événements majeurs. À commencer par Rio Loco qui, du 10 au 14 juin à la Prairie des Filtres, a réuni plus 100 000 visiteurs, un record. Même exploit du côté du Poney Club qui à l’aéroport de Blagnac a déplacé 150 000 visiteurs sur 52 dates.
Organisée du 30 juin au 11 juillet, la cinquième édition du Festival de Toulouse a quant à lui accueilli 8 500 personnes, en progression de 30 % par rapport à l’année précédente. Porté par le duo de rappeurs toulousains Bigflo et Oli aux millions d’albums vendus, le cinquième opus du Rose Festival, qui s’est tenu fin août sur trois jours au MEETT de Toulouse, a, cette année, franchi la barre des 120 000 festivaliers. Avec près de 42 000 personnes par soir.
Si ces festivals ont contribué à remplir les hôtels et structures d’hébergement du département, avec un mois de juillet plus que satisfaisant, les professionnels du secteur ont surtout vu leur saison sauvée grâce à grands événements professionnels. Ainsi, le taux d’occupation se stabilise à 64 %, contre 65 % en 2025, année pendant laquelle la ville avait accueilli le Tour de France, boostant ainsi le nombre de nuitées. Cet été, l’hôtellerie a bénéficié des retombées de la 17e Conférence mondiale sur la recherche dans le domaine des transports s’est tenue à l’école d’économie de Toulouse du 6 au 10 juillet avec 1 600 participants. Autres pourvoyeurs l’Urban Sketchers et le Sommet Europe-Corée, qui ont respectivement accueilli 900 personnes.
En août, le taux d’occupation des chambres d’hôtels a cependant perdu 7 points, selon le cabinet de conseil spécialisé MKG. Seuls les hôtels de l’hyper-centre, dont ceux situés à proximité de la place du Capitole, ont atteint les 90 % de taux d’occupation et plus.
Un futur plan d’adaptation du tourisme au climat ?
Ainsi, cet été 2026 a de nouveau montré la nécessité de mettre en place une politique d’adaptation climatique pour le secteur touristique en Haute-Garonne et dans la métropole toulousaine qui a enregistré pas moins de cinq épisodes caniculaires entre mai et août. Une réflexion a d’ailleurs été engagée par Toulouse Team avec les professionnels du territoire, notamment sur les horaires d’ouverture et sur la programmation pendant la période estivale. L’agence entend également pousser à la multiplication des îlots de fraîcheur accessibles aux visiteurs comme aux habitants. Autres leviers : le développement des activités liées à l’eau, l’idée étant de s’appuyer sur deux atouts majeurs du territoire que sont la Garonne et le canal du Midi.
« L’objectif n’est pas de renoncer à l’été, mais de réinventer progressivement la manière de vivre et de visiter Toulouse pendant cette période. Cela doit passer par des horaires adaptés, davantage de fraîcheur dans l’espace urbain et les sites touristiques, mais aussi par une meilleure valorisation de ses voies navigables. Toulouse doit continuer à être une destination attractive en été, tout en intégrant pleinement les nouvelles réalités climatiques », assure Patrice Vidal, directeur général de Toulouse Team.