Haute-Garonne : en juillet, le tourisme accuse le coup sous l’effet de la canicule
Bilan. Alors que la canicule a pesé sur la fréquentation touristique en Occitanie en juin, le ralentissement se confirme en juillet en Haute-Garonne. Les réservations reculent de 10,7 % sur un an, dans un contexte marqué par les très fortes chaleurs et un pouvoir d’achat sous pression. La montagne et les destinations plus fraîches tirent leur épingle du jeu.
En Haute-Garonne, le tourisme encaisse un mois de juillet en retrait. Selon les chiffres publiés par Haute-Garonne Tourisme dans un communiqué de presse daté du 11 août dernier, la Centrale de réservation enregistre une baisse de 10,7 % du nombre de réservations par rapport à juillet 2025 et de 1,7 % de son chiffre d’affaires. Un coup de frein qui intervient après une excellente saison 2025 et dans un contexte particulièrement contraint, entre épisodes de canicule à répétition, incendies dans le sud de la France, pouvoir d’achat sous pression et hausse du prix des carburants.
Le tableau est moins sombre lorsqu’on élargit la focale. Par rapport à 2024, l’activité progresse encore de 6,3 % en nombre de réservations et de 17,8 % en chiffre d’affaires. Le panier moyen s’apprécie lui aussi, passant de 1 007 € à 1 109 €. Autrement dit, 2026 marque un ralentissement, pas un décrochage.
Depuis le début de l’année, la Centrale accuse ainsi un recul de 7,5 % des réservations et de 5,5 % du chiffre d’affaires sur un an. Mais là encore, la comparaison avec 2024 reste favorable : +12 % de réservations et +19 % de chiffre d’affaires. « Dans un contexte estival difficile, la Haute-Garonne montre sa capacité de résistance et d’adaptation », souligne Loïc Gojard, président de l’organisme en charge de la mise en œuvre de la politique touristique du département.
Le thermomètre dicte les choix
Cette « résistance » n’est pas anodine pour un département où le tourisme pèse lourd dans l’économie. L’activité génère environ 1 Md€ de chiffre d’affaires annuel et 40 000 emplois directs, selon les chiffres de l’Urssaf. À l’échelle régionale, l’Occitanie figure au 4e rang des régions touristiques françaises, avec 15,9 Mds€ de retombées économiques et 125 000 emplois. Dans le 31, l’attractivité de la métropole toulousaine comme celle des Pyrénées constitue un socle particulièrement solide.
Mais l’été 2026 fait émerger un nouvel arbitre : le thermomètre. La recherche de fraîcheur s’impose désormais comme un véritable critère de réservation. Les vacanciers plébiscitent les gîtes indépendants pour quatre à six personnes, les hébergements à la campagne, les extérieurs ombragés et les piscines. La montagne et les destinations proches d’un lac tirent également leur épingle du jeu, grâce à des températures jugées plus clémentes.
Les chiffres de fréquentation du site de Haute-Garonne Tourisme traduisent cette bascule. Les pages consacrées à la « montagne » et au « lac » ont cumulé près de 70 000 vues en juillet, soit 14 % de l’ensemble des consultations. À l’inverse, les activités de plein air fortement exposées au soleil, comme les parcs de loisirs et d’attractions, ont subi un net recul. La montagne et les espaces forestiers ont, eux, mieux résisté.
Saint-Bertrand-de-Comminges et Valcabrère offrent un cas d’école. Ces deux communes, reconnues notamment par les labels Grands Sites d’Occitanie, Sites patrimoniaux remarquables et Plus Beaux Villages de France, sont également inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Malgré cet arsenal patrimonial, la fréquentation du site a chuté de 18 % par rapport à 2025.
Une exception confirme la règle : la cathédrale Sainte-Marie conserve une fréquentation comparable à celle de l’an dernier. Sa fraîcheur en fait même un refuge apprécié lorsque le mercure grimpe. Pour le reste du site, la chaleur frappe directement et les professionnels du tourisme en subissent les conséquences sur leur volume d’affaires. Les premiers jours d’août laissent toutefois entrevoir une reprise.
De plus en plus de réservations de dernière minute
Autre constante de cette saison pointée par Haute-Garonne Tourisme, les Français ne renoncent pas aux vacances, mais ajustent leurs choix. Les séjours de sept nuits ou plus représentent toujours 70 % des réservations. Les formats de trois à six nuits pèsent 16,5 %, tandis que les courts séjours d’une à deux nuits atteignent 13,5 %. La demande de souplesse progresse néanmoins, notamment sur les dates d’arrivée et de départ.
La clientèle reste très largement hexagonale, avec 87,7 % des réservations. La Haute-Garonne constitue le premier bassin de provenance, à hauteur de 8 %, mais 92 % des visiteurs viennent d’autres départements. L’Île-de-France arrive en tête des régions françaises avec 18,6 % des réservations, devant l’Occitanie (Haute-Garonne comprise)à 14,8 %, et la Nouvelle-Aquitaine à 12,8 %. À elles seules, la Nouvelle-Aquitaine, les Pays de la Loire et la Bretagne concentrent plus d’un quart de la clientèle française.
À l’international, le marché représente 12,3 % des réservations. La Belgique conserve sa première place, avec 30,4 % des réservations étrangères, devant l’Espagne (17 %), le Royaume-Uni (12,5 %) et les Pays-Bas (8,9 %). Un podium qui ne bouge pas.
Reste désormais à savoir si août permettra de limiter le retard accumulé. Les premières données du mois dépassent déjà le niveau enregistré à la même période en 2024. Pour combler l’écart avec 2025, la Haute-Garonne compte surtout sur une clientèle devenue plus réactive aux conditions météo. « Les décisions plus tardives et une demande accrue de flexibilité sur les dates d’arrivée et les durées de séjour » modifient désormais le fonctionnement du marché, observe Haute-Garonne Tourisme.
La fin de saison pourrait donc se jouer à quelques jours près, voire à quelques degrés. « Plus que jamais, nous restons mobilisés aux côtés des professionnels pour accompagner la saison et valoriser une offre touristique diversifiée et de qualité », affirme Loïc Gojard. Les réservations de dernière minute et l’évolution des températures auront le dernier mot.