Immobilier en Tarn-et-Garonne : une année de stabilisation avant une reprise en 2026 ?
Conjoncture. Après deux années plus que difficiles, la situation du marché de l’immobilier dans le département semble s’améliorer. Si la tendance baissière s’est poursuivie en 2024, le début d’année 2025 laisse espérer une stabilisation dans les prochains mois avant pourquoi pas un rebond dès 2026.

Alors que le marché immobilier haut-garonnais présente des signes encourageants de reprise avec une progression du nombre d’avant-contrats au mois de janvier 2025, aussi bien pour les appartements anciens que pour les maisons anciennes, qu’en est-il en Tarn-et-Garonne ? La baisse des taux d’intérêt (-25 % en un an pour atteindre un taux moyen de 3,24 % sur 20 ans en avril 2025) couplée à la maîtrise de l’inflation, sans oublier l’assouplissement des conditions d’octroi de prêt, ont-t-ils permis de relancer la machine ?
Si, comme pour le reste de la France la situation reste « précaire » de l’aveu même de Me Julien Lacombe, délégué en charge de l’immobilier pour le 82 au sein de la Chambre des notaires de la Cour d’appel de Toulouse, bonne nouvelle : « Après deux années de véritables montagnes russes, on note une tendance à l’amélioration », a indiqué l’intéressé lors d’un point presse organisé le 26 mars dernier à Montauban.
Une baisse des prix qui se poursuit
En 2024, 3 720 ventes (tous biens confondus) ont ainsi été enregistrées, représentant une baisse de 15 % sur 12 mois. Elle fait suite à une chute spectaculaire du volume des ventes de l’ordre de 26 % en 2023. Dans le détail, les ventes d’appartements anciens tendent à se stabiliser après une période de forte baisse : -5,2 % en 2024 contre -24 % en 2023, soit 660 sur l’année écoulée. Les cessions des maisons anciennes, qui constituent le cœur du marché tarn-et-garonnais, ont diminué de 14 %, contre -22 % en 2023, soit 2 570 ventes. À noter que sans grande surprise la ville de Montauban a concentré à elle seule 29 % des transactions réalisées.
« Ces chiffres démontrent que cette baisse généralisée des ventes ralentit véritablement et que nous pouvons donc espérer une stabilisation dans les prochains mois », s’est réjouit Me Julien Lacombe avant d’émettre un bémol sur les terrains à bâtir. Largement affecté par les épisodes de crises, ce marché autrefois porteur a quasiment été divisé par 2,5 en seulement deux ans. Après -40 % en 2022 et -33 % en 2023, les ventes de terrains à bâtir ont enregistré un nouveau recul de 38 % :
Ce marché fait face à une véritable problématique liée au pouvoir d’achat. Depuis la hausse des coûts des matériaux, les primo accédants n’ont plus les enveloppes de budget en adéquation avec un projet de construction. À cela s’ajoute la mise en place de normes qui rendent la construction encore plus couteuse, réservant de fait ces projets aux seuls acheteurs dotés de budgets plus conséquents. »
Et ce malgré une nouvelle nette baisse du prix médian de l’ordre de - 4,1 %, soit 47 000 €. En revanche, du côté des appartements anciens et des maisons anciennes, les prix ont stagné sur un an avec respectivement -1,5 % (1 790 € du m2) et -1,2 % (177 900 €).
Acquéreurs : les 60 ans et plus de plus en plus actifs
Du côté du profil des acquéreurs, les années passent et se ressemblent. Ce sont toujours les 30-39 ans qui sont les plus actifs sur le marché immobilier tarn-et-garonnais (+ de 25 %). À noter cependant la remontada des 60 ans et plus. Amorcée en 2023, celle-ci s’est confirmée l’année dernière. Plus indépendante financièrement, cette catégorie de population dépasse désormais celle des 40 à 49 ans. « En effet les 60 ans et plus sont de plus en plus représentés dans les acheteurs du Tarn-et-Garonne. Une partie correspond à de nouveaux arrivants sur notre département, mais pour l’autre il s’agit juste du vieillissement naturel de notre population, un phénomène que l’on retrouve partout en France », précise Me Julien Lacombe.
À quoi faut-il s’attendre dans les prochains mois ? Pour le notaire, les premiers signes d’une reprise sont bien là et laissent espérer une reprise d’activité. Les signaux en question, le nombre encourageant de compromis de vente signé en ce début d’année. Mais le chemin est encore long prévient-il en pointant notamment du doigt la frilosité d’un certain nombre d’acheteurs.
« Pour sortir de cette crise de l’immobilier qui est couplée à une crise du logement, nous devons sortir de cet attentisme et de cette psychologie sociale qui pousse à retarder les projets immobiliers. Les taux bancaires sont accessibles et les populations sont en recherche de logement, nous avons espoir que l’offre et la demande se retrouvent prochainement. »