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140e année

Immobilier : les prix flambent en région

Immobilier. Le marché est toujours aussi dynamique en Occitanie. Les notaires anticipent pour 2021 un nombre record de transactions.

À Toulouse, les quartiers Saint-Étienne et Saint-Georges s’affichent à plus de 5000 €/m2. DR

Avec plus d’un million de transactions immobilières enregistrées sur 12 mois, 2019 apparaissait déjà comme une année exceptionnelle. Mais 2021 pourrait bien lui voler la vedette, car selon les notaires, ce nombre pourrait grimper à 1 150 000 cette année. De fait, après un effondrement l’an dernier, en raison des mesures sanitaires liées à la crise Covid, le marché immobilier reste très dynamique, aussi bien à l’échelon national qu’en Occitanie. « Le goût des Français pour la pierre se confirme et même se renforce : l’achat immobilier reste une valeur refuge et le placement préféré de nos concitoyens », assure Frédéric Giral, notaire à Caraman, qui, avec Philippe Pailhes, notaire à Toulouse, a fait un point sur le marché en région à quelques jours d’une nouvelle édition du salon de l’immobilier qui s’est déroulé du 1er au 3 octobre au Meett.

« Nous sommes aux prémices d’un marché spéculatif, avec un risque de bulle immobilière »

Au cours du premier semestre 2021, « les volumes de ventes dans l’ancien ont progressé de 15 à 20 % et la rentrée se présente également sous de bons auspices », ajoute ainsi Philippe Pailhes. Ce dynamisme est la conséquence d’un effet de rattrapage par rapport aux mois de confinement qui ont perturbé le marché l’an dernier, mais aussi d’un changement des comportements avec cette volonté de beaucoup de Français de posséder « une résidence semi-principale », détaille le notaire toulousain. Une notion qui remplace celle de résidence secondaire qui avait disparu, et dans laquelle on peut faire du télétravail.

Flambée des prix en Tarn-et-Garonne

Cette nouvelle tendance dope les marchés périphériques. Pour preuve, l’envolée des prix constatée dans le Tarn-et-Garonne, notamment « qui a vraiment profité de ces changements de comportement », pointe Frédéric Giral. À Montauban, le prix au m2 des appartements anciens a bondi de 14% entre juin 2020 et juin 2021. Sur la même période, les prix des maisons anciennes ont progressé de 6,5 % dans ce département, celui des terrains à bâtir de 11,1%. Même constat dans le Tarn et le Gers : les prix des appartements anciens ont grimpé de 8,9 % à Albi et de 10,7 % à Auch. Les prix des maisons ont grimpé de 5 % dans le Tarn et de 6,2 % dans le Gers. Cette flambée des étiquettes est tout aussi perceptible en Haute-Garonne.

Dans le dé partement le prix du m2 des appartements anciens a progressé de 6 % en moyenne. Mais dans certaines communes, la facture s’alourdit un peu plus encore. En un an, les prix ont augmenté de 8,4% à Toulouse, de 8,6% à Castanet, de 10,1 % à Ramonville, de 10,3% à Cugnaux, de 10,9% à Colomiers, de 13,4 % à Fonsorbes… Dans la Ville rose, où le prix médian du m2 s’établit désormais à 3 130 € (contre 2 730 €/m2 en Haute-Garonne), cinq quartiers désormais ont franchi la barre des 5 000 €/m2 au lieu de quatre précédemment : Saint-Étienne, les Carmes, le Capitole, Saint-Georges et désormais Saint-Aubin-place Du puy. Les prix ne semblent pas près de se stabiliser. En attestent les prix de vente mentionnés dans les avant-contrats signés en juillet chez les notaires du département : le prix au m2 atteint désormais 2 930€, soit 200€ de plus qu’en janvier.

En Haute-Garonne, les prix des maisons connaissent une progression tout aussi forte : +4,4 % pour un prix médian de l’ordre de 258 800 €. Un montant qui masque de fortes disparités, les étiquettes valsant plus près de 430 000 € à Balma, voire 363 000€ à Pibrac et 355 000 € à Toulouse, le top 3 départemental. Les terrains à bâtir ont vu leur prix de vente médian progressé de même façon : + 9,3% sur 12 mois. Cette flambée des prix nourrit les appétits de certains et déclenche des mises sur le marché. « Nous sommes aux prémices d’un marché spéculatif, avec un risque de bulle immobilière si cela venait à durer un ou deux ans de plus », prévient Philippe Pailhes.

Agnès Bergon