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141e année

La Haute-Garonne expérimente le revenu de base jeune

Collectivités. Un millier de jeunes tirés au sort percevront un revenu de 500 € par mois.

Georges Méric, président du Conseil départemental de la Haute-Garonne. DR

Le Conseil départemental de la Haute-Garonne, qui plaide depuis plusieurs années pour la mise en place d’un revenu de base, annonce le lancement de l’expérimentation sur son territoire à partir du 1er mars 2022. Le 14 décembre, les élus départementaux ont en effet adopté en assemblée la mise en place d’un revenu de 500 € maximum pour un millier de jeunes haut-garonnais âgés de 18 à 24 ans pour une durée de 18 mois. Cumulable avec les différentes aides existantes, ce revenu sera dégressif en fonction des autres revenus sur le critère du foyer fiscal de référence du jeune.

Le revenu ne sera pas conditionné à la recherche active d’un emploi ou d’une formation. Pour financer cette mesure expérimentale, le Conseil départemental prévoit d’inscrire au budget 2022 une enveloppe de 9 M€. Ce « revenu de base jeune » a pour vocation de « pallier les défaillances du système de protection sociale actuel », alors que les moins de 25 ans ne peuvent pas bénéficier du RSA, et partant, de « redonner aux jeunes confiance en l’avenir en leur donnant les moyens de se projeter, de se réaliser », indique la collectivité.

Évaluation du dispositif

Le projet est le fruit d’un travail collaboratif avec le Laboratoire interdisciplinaire solidarités, sociétés, territoires (Lisst) de l’université Toulouse Jean Jaurès, collaboration qui a permis d’en préciser les contours et d’affiner la démarche scientifique de l’expérimentation. Un groupe de chercheurs universitaires pluridisciplinaires est du reste chargé du suivi du panel, l’objectif étant d’évaluer scientifiquement l’impact de ce revenu de base sur la trajectoire de vie des participants. Les dimensions suivantes seront notamment analysées : l’insertion dans le logement, dans l’emploi, la participation sociale et citoyenne, le bien être, la santé, le rapport à l’entourage, le rapport aux institutions.

« Le monde a changé et nous ne pouvons plus penser la précarité de la jeunesse uniquement sous le prisme de l’incitation au travail. Depuis 30 ans, nous ne vivons plus dans une société de plein-emploi, où les parcours professionnels sont linéaires. Nous devons nous adapter en changeant de paradigme. Le revenu de base jeune que nous souhaitons expérimenter est un revenu de solidarité et d’autonomie. Loin de s’opposer à la valeur travail, ce dispositif part de l’hypothèse que sécuriser les parcours de vie est le meilleur moyen d’ouvrir les possibles et d’assurer une insertion sociale, citoyenne et professionnelle réussie », assure Georges Méric, président du Conseil départementale de la Haute-Garonne.

La collectivité milite depuis trois ans avec 18 autres Conseils départementaux pour l’instauration d’un tel dispositif et le vote par le Parlement d’une loi d’expérimentation, un projet rejeté par l’Assemblée nationale en janvier 2019.

Agnès Bergon