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141e année

La Métropole mise sur ses campus d’excellence

Économie. La collectivité se dote d’une nouvelle feuille de route en faveur d’une « économie innovante et durable ».

Au Meett, un pôle dédié à l’événementiel et au tourisme a été créé. Lydie Lecarpentier

La Métropole toulousaine se dote d’une nouvelle feuille de route pour les quatre prochaines années, dénommée Ambition 2026. Elle a été dévoilée par son président, Jean-Luc Moudenc, le 4avril dernier au Meett en présence du PDG d’Airbus, Guillaume Faury. Objectif : doter le territoire de la Métropole de nouvelles ambitions « sur le plan de l’innovation, de l’économie, de l’emploi, du rayonnement international, et de l’Europe », précise Dominique Faure, vice-présidente de Toulouse Métropole, chargée de l’économie, de l’innovation et de l’emploi.

Fruit de plusieurs mois de concertation entre les différents acteurs économiques (la Région, le Medef, la CPME, la French Tech, Aerospace Valley, Eurobiomed, Totem, Ambition Toulouse Métropole, la Chambre de commerce et d’industrie, la Chambre d’agriculture et la Chambre de métiers et de l’artisanat de Haute-Garonne), cette feuille de route entend « capitaliser sur nos forces, ajoute la maire de Saint-Orens : nos laboratoires de recherche, notre industrie, notre patrimoine culturel et touristique mais également notre économie de proximité ». Pour l’élue, au terme de deux années de crise sanitaire, cette dernière constitue même « un marqueur » du nouveau document présenté le 4 avril.

Après une première feuille de route, lors du précédent mandat, très axée sur l’innovation, les filières économiques, les campus, l’aménagement du territoire, « nous avons considéré, à la sortie de cette crise, qu’il fallait y mettre une composante importante autour de ce qu’on a appelé l’économie de proximité, c’est-à-dire, les bars, les restaurants, les artisans, etc. » La nouvelle feuille de route consacre un chapitre entier à ce pan d’activité ainsi qu’au tourisme, « filière à part entière ». L’autre marqueur de cette note de cadrage est la place faite à l’environnement. « Nous considérons qu’économie et écologie doivent fonctionner ensemble », assure Dominique Faure. Le document dédie ainsi un autre chapitre à la promotion de l’économie circulaire.

Des actions concrètes

Énumérant sept ambitions déclinées en 23 actions, la nouvelle feuille de route de Toulouse Métropole se veut « concrète ». D’autant plus qu’elle est assortie « d’indicateurs de mesure de l’efficacité des politiques publiques et des actions que nous portons, pointe la vice-présidente. Et la barre est haute pour certains de ces indicateurs ». La première de ces ambitions concerne l’aménagement et l’accueil de nouvelles entreprises sur le territoire. La recherche de fonciers est désormais « au coeur de notre projet, détaille Dominique Faure, car il s’agit de préparer pour les trois, cinq, dix ans qui viennent l’implantation de nouvelles activités. »

La collectivité qui planche, en parallèle, sur le nouveau PLUIH, après l’invalidation du précédent par le tribunal administratif, veut ainsi développer ses réserves foncières économiques et industrielles. Elle souhaite « atteindre entre 80 et 100 ha de foncier disponible à cinq ans », sachant que la loi Climat et Résilience vise une réduction par deux de la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF) à l’horizon 2030. Toulouse Métropole entend, en parallèle, lancer un plan de modernisation du parc immobilier d’accueil d’entreprises innovantes qui comprend aujourd’hui cinq pépinières et sept hôtels d’entreprise. Près de 7 M€ seront investis à cette fin d’ici cinq ans.

Des campus d’excellence

Pour faciliter l’accueil et le développement d’entreprises innovantes à fort potentiel sur son territoire, la collectivité ambitionne de créer des « campus d’excellence », au tour de ses « filières phares » : l’aéronautique et le spatial, au sein du campus Toulouse Aerospace à Montaudran, le numérique et la cybersécurité au sein du campus Grand Matabiau, la santé du futur au sein du campus Oncopole, les mobilités décarbonées au sein du campus Francazal. Autour du Meett, un pôle a également été initié, dédié à l’événementiel et au tourisme. Pour chacun, des objectifs chiffrés ont été énoncés. Sur le campus Toulouse Aerospace, il s’agit d’accueillir des entreprises des filières cibles, à hauteur de 12 000 m2 par an, d’ici 5 ans, contre 4500 m2 actuellement.

Sur le campus de l’Oncopole, l’ambition est d’aménager 70 000 m2 de fonciers publics et privés d’ici cinq ans sur les 150 000 m2 disponibles et d’atteindre, dans ce même laps de temps, 8000 collaborateurs sur le campus, soit 1700 emplois de plus qu’aujourd’hui. À Francazal, l’objectif est d’aménager six hectares de terrain en vue d’accompagner l’implantation du futur Technocampus, centre d’expérimentation de l’hydrogène et de la pile à combustible, en complément du banc à hydrogène Hyport de la zone aéroportuaire. À Matabiau, ce sont 50 000 m2 qui seront dédiés au numérique et à la cybersécurité, d’ici cinq ans, sur les 300 000 m2 de bureaux et locaux d’activités tertiaires prévus.

Autour du Meett, l’objectif est de commercialiser 40 000 m2 de surface de plancher (locaux d’activités, bureaux, hôtels) d’ici 2026, en complément des 35 000 m2 déjà commercialisés (village d’entreprises et hôtels). En marge, pour faciliter la desserte des activités aéronautiques et aéroportuaires du nord-ouest de l’agglomération, près de 18 M. seront investis dans les aménagements routiers et près de 16 M. dans le réseau vélo et les liaisons cyclables de ces zones d’ici cinq ans.

Agnès Bergon