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141e année

Le "Grand Projet du Sud Ouest" sur les rails

Infrastructures. Signature d’un accord en vue de l’aménagement du diffuseur de Lacourt-Saint-Pierre (82), sur l’autoroute A62.

Les travaux de la première phase du GPSO doivent commencer en 2024. Agnès Bergon

À l’occasion du déplacement du Premier ministre, Jean Castex, le 14 mars dans le Tarn-et-Garonne, le préfet de la région Occitanie, Étienne Guyot, a signé aux côtés de la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, du président du Conseil départemental de Tarn-et-Garonne, Michel Weill, du premier vice-président du Grand Montauban Thierry Deville et de Pierre Coppey, PDG de Vinci Autoroutes, un protocole d’intention relatif à l’aménagement du diffuseur de Lacourt-Saint-Pierre, sur l’autoroute A62, dans le Tarn-et-Garonne. Cet aménagement s’inscrit dans un projet de territoire permettant de renforcer l’accessibilité d’un secteur en fort développement, en favorisant la desserte du Tarn-et-Garonne et en fluidifiant les déplacements structurants au sud de l’agglomération de Montauban.

Ce diffuseur améliorera l’accès à la future gare LGV de Bressols et aux équipements du territoire accompagnant la réalisation de cette future gare. La maîtrise d’ouvrage des études et des travaux de réalisation du diffuseur a été confiée à Vinci Autoroutes, concessionnaire de l’autoroute A62. Le montant d’investissement nécessaire à la réalisation de l’échangeur est estimé à ce jour à 22 M€ HT (valeur mai 2020), hors coûts d’entretien et d’exploitation. Il est établi sur la base des études d’opportunité et de faisabilité réalisées par Vinci Autoroute.

Une ambition fort et constante de l’État

Les études à venir permettront d’affiner le montant prévisionnel de cet équipement. Le financement sera assuré à hauteur de 30% par l’État au travers de son concessionnaire Vinci Autoroutes (soit 6,60 M€ HT), 15% par la Région Occitanie (soit 3,30 M€ HT), 31,45% par le département de Tarn-et-Garonne (soit 6,92 M€ HT) et 23,55 % par la communauté d’agglomération du Grand Montauban (soit 5,18 M€ HT).

L’opération pourra mobiliser des contributions d’autres collectivités territoriales. Selon le préfet de région, la signature de cet accord est « l’expression concrète d’une ambition forte et constante de l’État, de la Région Occitanie, du Département de Tarn-et-Garonne et du Grand Montauban Communauté d’agglomération en faveur du développement et de l’attractivité du territoire ; la reconnaissance du caractère structurant du projet, qui concerne de nombreux partenaires publics et privés (...), tout particulièrement dans la perspective de l’arrivée de la LGV Toulouse- Bordeaux dans le cadre du Grand Projet du Sud-Ouest (GPSO). »

Le GPSO sur les rails

De fait, ce 14mars, à l’occasion du déplacement du Premier ministre en Occitanie, 25 collectivités territoriales ont signé aux côtés de l’État et de SNCF-Réseau, le plan de financement qui accompagne la création de la « Société du Grand Projet du Sud-Ouest ». Le Premier ministre a en effet signé, le 2mars dernier, l’ordonnance créant cet établissement public local chargé de porter collectivement le financement des nouvelles infrastructures, marquant ainsi une étape majeure vers la réalisation du GPSO et de la ligne à grande vitesse Toulouse-Bordeaux notamment. Le plan de financement, formalisé en début de semaine, mobilise 5,6 Mds€ (courants) pour un coût total de projet de 14 Mds€ (courants).

Pour financer les coûts d’investissement du projet, dans le respect de la LOM, le gouvernement s’est engagé à apporter une contribution budgétaire de 40 %, à parité avec les collectivités territoriales. Pour le financement des aménagements ferroviaires du nord de Toulouse (AFNT) et du sud de Bordeaux (AFSB) et de la ligne Toulouse-Bordeaux cet engagement de l’État représente 4,1 Mds€. Un financement complémentaire de 20% du coût du projet est attendu de l’Union européenne. Le financement de la part État de la partie Sud Gironde-Dax sera assuré dans la prochaine loi d’orientation de mobilités.

« L’arrivée de la LGV sur le territoire du Grand Montauban, avec une gare à Montauban-Bressols est une nécessité et une opportunité »

« Le Tarn-et-Garonne est un département en pleine mutation qui comptera certainement 325 000 habitants en 2050. La croissance démographique y est régulière et soutenue. De grands bouleversements sont à anticiper avec l’arrivée de la LGV, de l’échangeur de Lacourt Saint-Pierre sur l’A62 et la reconstruction du centre hospitalier de Montauban. Je défends, de longue date, la nécessité pour notre territoire et son positionnement stratégique dans le Sud- Ouest européen, d’une accélération de la mise en service de cet équipement structurant, que constitue la LGV. Notre engagement financier à hauteur de 100 M€ nous engage et nous oblige. L’intégration d’une gare LGV à Bressols, au sud de Montauban, constituera un levier de développement et un gage d’attractivité, atouts décisifs pour le développement futur », a déclaré à cette occasion Michel Weill, président du Conseil départemental du Tarn-et-Garonne.

« L’arrivée de la LGV sur le territoire du Grand Montauban, avec une gare à Montauban-Bressols est une nécessité et une opportunité. Une nécessité car elle va permettre enfin de relier les capitales régionales de Bordeaux et Toulouse, via Montauban, à Paris par un mode de transport régulier, écologique et sécurisé. Une opportunité car l’agglomération de Montauban, une des plus dynamiques de la Région (+1000 habitants par an), se doit d’offrir à ses habitants et à ses entreprises toutes les opportunités de mobilité et de développement. Cette ligne va continuer à accroître notre développement économique, via une ZAC, et humain en mettant Montauban à 2h50 de Paris, une heure de Bordeaux et 10 minutes de Toulouse. Il va de soi quelle rend d’autant plus nécessaire la création d’un nouvel échangeur sur l’A62 (Bordeaux) pour en améliorer l’accessibilité », a précisé de son côté Brigitte Barèges, présidente de la communauté d’agglomération du Grand Montauban.

Rédaction GdM