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141e année

Six étudiants d’UT3 reproduisent le parfum de la violette

Innovation. En créant un parfum de violette durable, des étudiantes et étudiants toulousains ont remporté le prestigieux concours de biologie synthétique iGEM 2021.

La {viola odorata} est une fleur muette. - Six étudiants reproduisent le parfum de la violette
La viola odorata est une fleur muette.

Six étudiantes et étudiants toulousains de l’université Toulouse III-Paul Sabatier (UT3), Romane Ducloux, Thomas Gaudin, Margaux Haon, Maxence Holtz, Camille Pinet et Manon Theys, viennent de remporter le prestigieux concours de biologie synthétique iGEM 2021 pour la mise au point d’un parfum de violette durable, une innovation qui devrait séduire de nombreux industriels. Lors de cette compétition internationale, organisée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Boston, plus de 350 projets de solutions scientifiques avaient été présentés pour répondre à des besoins sanitaires et environnementaux. Dans ce cadre, l’équipe toulousaine avait travaillé sur le projet intitulé Elixio qui visait à reproduire la fragrance de la violette de la manière la plus écologique possible. En effet, les fleurs telles que la violette, le lys, le lilas, le muguet, la pivoine ou encore le gardénia ont toutes un point commun : il s’agit de fleurs muettes. Très odoriférantes, ces plantes sont dotées d’une odeur qu’il est impossible de capturer naturellement pour en faire un parfum. Les parfumeurs utilisent donc la pétrochimie pour y remédier.

Recréer le parfum de la violette grâce à des microorganismes

Un recours qui peut s’avérer nocif pour la santé et avoir un impact dangereux sur l’environnement. Ces six étudiantes et étudiants ont réussi l’exploit de recréer le parfum de la violette grâce à des microorganismes. Avec le soutien financier du parfumeur Robertet, ils ont créé un système biotechnologique avec deux micro-organismes : une levure qu’ils ont travaillée de manière à ce qu’elle produise l’odeur principale de la violette et une cyanobactérie capable de nourrir la levure grâce à la lumière et du CO2. Ils ont déployé leurs efforts pendant de longs mois afin d’obtenir ce système biologique, durable et non polluant à temps pour le concours.

L’équipe était composée de six étudiantes et étudiants en microbiologie moléculaire ou génie biologique (UT3 - master biotechnologie/Faculté sciences et ingénierie et Insa Toulouse, département génie biochimique). Elle était encadrée par des chercheurs, des enseignants-chercheurs et des doctorants du Toulouse BiotechnologyInstitute (TBI et TWB–CNRS/Inrae/Insa Toulouse), du Centre de biologie intégrative (CBI –CNRS/UT3) à Toulouse, et du Laboratoire de recherche en science végétale (université de Toulouse, CNRS, UT3, Toulouse INP). À terme, la mise au point de ce procédé biotechnologique devrait intéresser les industriels et parfumeurs qui souhaiteraient développer une production plus écologique de la fragrance de violette.

Rédaction GdM