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Toulouse Métropole Habitat vise les 20 000 logements en service d’ici 2026

Logement. L’Office public de l’Habitat de la métropole toulousaine va investir plus de 90 M€ dans la construction et la réhabilitation de logements en 2025. Il propose également un nouveau dispositif d’accession à la propriété à coût réduit pour les ménages les plus modestes.

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Pour lutter contre le ralentissement du taux de rotation, Bertand Serp, président de Toulouse Métropole Habitat et Luc Laventure, son directeur ont mis en place le bail réel solidaire (BRS) pour garantir un accès à la propriété à moindre coût. (© La Gazette du Midi)

Défendre l’accès au logement pour tous. Telle est la raison d’être de Toulouse Métropole Habitat (TMH). Créé en 1921, le bailleur de la métropole gère actuellement 19 128 logements, soit 30 % du parc locatif social de la Ville rose et des 37 communes de son agglomération. En dehors de son activité de location et de vente, la structure - qui emploie 394 personnes - assure la gérance, la réhabilitation, la construction et l’aménagement de logements.

À l’occasion d’un point presse organisé le 19 mars dernier au siège de TMH, situé dans le quartier de Compans Caffarelli, son président Bertrand Serp et son directeur général Luc Laventure ont dressé le bilan de l’année écoulée et annoncé les perspectives à court et moyen terme.

Un exercice 2024 en demi-teinte, plombé notamment par un taux de rotation historiquement faible (5,9 %) qui impacte aussi bien les attributions que les mutations. Dans le détail, l’Office public de l’Habitat a effectué 1 428 attributions dont 115 concernaient des mutations. Il a également enregistré 3 000 demandes de mutations, dont 200 étaient prioritaires. Mais l’heure n’était pas au pessimiste du côté de Bertrand Serp qui a rappelé la nécessité de rester résilient, d’autant plus en périodes de crise et d’incertitude.

Dernière tension en date du côté des bailleurs sociaux, la menace d’une remise en cause par Juliette Méadel, la ministre déléguée à la la Ville, de l’abattement de 30 % de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) dont bénéficient les organismes, en cas de manquement. Une déclaration que dénonce le président de TMH : « Cette exonération est un outil important puisqu’il nous permet d’accompagner les habitants des quartiers prioritaires. »

90,6 M€ pour la construction et la réhabilitation

Malgré ce contexte économique, politique et budgétaire tendu, Toulouse Métropole Habitat se montre combatif. Pour accompagner l’attractivité grandissante de la Ville rose qui est en passe de devenir la troisième ville de France, le bailleur a annoncé poursuivre ses investissements. En 2025, il va investir 54,1 M€ pour produire des logements sociaux neufs à destination de « tout type de ménage ». D’ici 2026, TMH ambitionne de livrer 500 logements et d’en réhabiliter 750 par an. Objectif ? Atteindre les 20 000 logements en service et disposer d’un parc à 80 % neuf ou réhabilité depuis moins de 15 ans.

TMH va par ailleurs investir 36,5 M€ dans la réhabilitation en 2025, année au cours de laquelle 1 482 logements seront rénovés. Les principaux travaux de remise aux normes concernent la performance énergétique, le confort thermique ou encore l’allongement de la durée de vie. Des ambitions que TMH englobe dans son projet d’entreprise : « DEFI2026 ».

Ces investissements sont notamment rendus possibles par deux engagements financiers délivrés par la Banque des Territoires en 2024. Le premier concerne 30 M€ de titres participatifs émis par le premier bailleur social de la métropole. Ces titres permettent à TMH de poursuivre son développement, répondant ainsi à la tension locative sociale et aux enjeux climatiques en procédant à des réhabilitations de seconde vie, en particulier dans les quartiers prioritaires de la ville où le besoin est important. « Nous avons également signé une nouvelle convention de financement avec la Banque des Territoires de 170 M€ sur deux ans, ce qui nous permet de mener à bien nos projets », a indiqué Bertrand Serp.

Deux projets majeurs

Parmi les projets d’envergure d’ores et déjà engagés, à noter celui de la Résidence Garonne, bâtiment emblématique du quartier Empalot et communément appelée « La Banane ». Les travaux de réhabilitation de cet immeuble de 10 étages, décrits par Luc Laventure comme « les plus ambitieux que la ville n’ait jamais connus », devraient lui permettre d’être classé A sur sa performance énergétique. Une rénovation chiffrée à 23,6 M€, soit 119 900 € par logement.

Autre projet phare, cette fois-ci de construction du côté de Bordelongue où sortira de terre d’ici 2026 une résidence de 80 appartements du T3 au T5, dont 60 logements locatifs sociaux et 20 en accession sociale répartis dans cinq bâtiments. Éco-conçu, ce complexe XXL « répondra aux défis climatiques futurs en intégrant des paramètres tels que la densité, la circulation de l’air, les matériaux durables, les énergies renouvelables et la végétalisation ». Les travaux, chiffrés à plus de 15 M€, devraient s’achever d’ici fin 2026.

Un nouveau moyen d’ accès à la propriété

Autre levier activé par Toulouse Métropole Habitat pour combattre la problématique du manque de rotation au sein du parc social : le lancement d’un bail réel solidaire (BRS). Son principe ? Dissocier le foncier du bâti, ce qui permet de faire baisser le prix des logements. « En effet », détaille Bertrand Serp, « en signant ce type de bail, l’acquéreur devient uniquement propriétaire du bâti et loue le foncier à un organisme foncier solidaire. » Une nouvelle alternative qui s’ajoute aux autres dispositifs proposés par le bailleur toulousain depuis 2015, à savoir « la vente dans l’ancien, la location-accession et la vente en état futur d’achèvement ».

Avec ce bail réel solidaire, TMH entend donc diversifier les modes d’accès au logement social. Un enjeu crucial au vu du nombre croissant de demandeurs de logements sociaux. En 2024, ils étaient un peu plus de 45 000 à Toulouse. Il doit aussi aider à garantir la pérennité du caractère social des logements en veillant à ce que les conditions d’accession à la propriété demeurent accessibles aux ménages modestes. « Les premiers BRS seront signés d’ici la fin de l’année. Si nous réussissons à en signer entre cinq et dix, ce sera déjà bien », conclut Luc Laventure, en rappelant que 80 % de la population peuvent accéder à ce type de bail.