Collectivités

Tourisme : la canicule freine le démarrage de la saison en Occitanie

Conjoncture. La vague de chaleur exceptionnelle de juin a pesé sur la fréquentation touristique en Occitanie. Plus d’un professionnel sur deux fait état d’une dégradation de l’activité selon Ad’Occ. Un ralentissement qui s’explique aussi par un calendrier moins favorable et des arbitrages budgétaires des vacanciers.

Lecture 6 min
En raison de la canicule, les stations du littoral occitan, habituellement très prisées, ont elles aussi eu du mal à faire le plein en juin avec un taux d’occupation en retrait par rapport à l’an passé, de l’ordre de 44,5 % (-1,3 point). Ici, la plage de l’Espiguette, au Grau du Roi. (©CRTL Occitanie)

La vague de chaleur exceptionnellement précoce qui a touché la France, et plus particulièrement l’Occitanie, en juin dernier a pesé sur le démarrage de la saison touristique. C’est le principal enseignement de la dernière enquête de conjoncture menée auprès des professionnels du secteur par les agences de développement touristique (ADT) et les comités départementaux du tourisme (CDT), sous le pilotage de l’agence régionale de développement économique Ad’Occ.

Chaque mois, près de 3 000 hébergeurs et prestataires d’activités touristiques sont interrogés sur leur perception de la fréquentation. En juin, 55 % d’entre eux estiment que l’activité s’est dégradée, contre 40 % un an plus tôt. Seuls 45 % jugent la fréquentation satisfaisante, soit un recul de 16 points par rapport à juin 2025, l’un des plus faibles niveaux observés depuis deux ans. Près d’un professionnel sur cinq se déclare même « pas du tout satisfait ».

61 % des exploitants de campings insatisfaits

Cette dégradation est ressentie dans l’ensemble des secteurs et des territoires, mais l’hôtellerie de plein air apparaît particulièrement affectée. Ainsi, 61 % des exploitants de campings se disent insatisfaits de ce début de saison, soit 25 points de plus qu’en juin 2025. Les hôteliers affichent un bilan plus contrasté : 43 % jugent leur activité insatisfaisante.

La canicule n’explique toutefois pas à elle seule ce repli. Le calendrier a également joué un rôle. Après un mois de mai marqué par plusieurs week-ends prolongés, la fréquentation de juin apparaît mécaniquement en retrait. Sur les deux mois cumulés, le volume de nuitées touristiques demeure néanmoins stable.

Des arbitrages budgétaires chez les vacanciers

Les tensions géopolitiques et le contexte économique ont également pesé sur les comportements des touristes. De nombreux ménages ont revu leur budget vacances à la baisse, privilégiant des séjours plus courts, des réservations de dernière minute, voire des reports ou des annulations. Les dépenses consacrées aux activités et aux visites s’en trouvent également réduites.

Cette prudence contraste avec les intentions relevées au printemps. Selon une étude Ipsos BVA publiée en avril, l’Occitanie figurait au deuxième rang des destinations envisagées par les Français pour leurs vacances d’été, derrière Provence-Alpes-Côte d’Azur et à égalité avec la Bretagne. L’enquête soulignait toutefois un recul global des départs en vacances, avec 76 % des Français prévoyant de partir cet été, soit six points de moins qu’en 2025.

Les données de fréquentation confirment le ralentissement

Au-delà du ressenti des professionnels, Ad’Occ s’appuie également sur les données de Flux Vision Tourisme d’Orange Business, qui mesure les déplacements à partir des données de téléphonie mobile. Elles confirment une baisse des nuitées touristiques en juin, tous modes d’hébergement confondus, par rapport à la même période de 2025.

Cette évolution doit cependant être nuancée. En 2026, le week-end de la Pentecôte est tombé fin mai, alors qu’il avait eu lieu début juin en 2025, ce qui modifie la comparaison. La clientèle française reste largement majoritaire en Occitanie, les habitants de la région représentant à eux seuls un quart des nuitées françaises enregistrées en juin. La fréquentation internationale recule également légèrement, en raison notamment d’un calendrier de vacances scolaires moins favorable en Allemagne.

Des réservations en retrait pour l’été

Les fortes chaleurs de juin semblent également avoir pesé sur les perspectives pour le reste de la saison. Fin juin, seuls 44 % des professionnels jugeaient encourageant le niveau des réservations pour juillet (-11 points sur un an), 48 % pour août (-12 points) et 36 % pour septembre (-10 points).

Même constat du côté des plateformes de réservation en ligne. Après une hausse de 6 % en mai, les réservations d’hébergement ont reculé de 10 % en juin. Au 9 juillet, les volumes de nuitées réservées restaient inférieurs à ceux de l’an dernier : -7 % pour juillet et -6 % pour août. Ce ralentissement concerne l’ensemble des destinations régionales, du littoral aux métropoles de Toulouse et Montpellier, en passant par la campagne, les Pyrénées et le Massif central.

Le littoral également en retrait

Les stations balnéaires d’Occitanie n’échappent pas à cette tendance. En juin, leur taux d’occupation s’établit à 44,5 %, soit 1,3 point de moins qu’un an auparavant. Les prévisions établies au 26 juin faisaient également apparaître un recul pour juillet (58,9 %, -2,1 points) et août (68,4 %, -1,2 point). Septembre suit la même trajectoire avec un taux d’occupation prévisionnel de 26 %, en baisse de 0,3 point.

Des indicateurs qu’Ad’Occ continuera de suivre au fil de l’été afin de mesurer l’évolution de la saison touristique.