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À Toulouse, ATR renouvelle sa direction pour écrire son « prochain chapitre »

Nomination. Le constructeur toulousain ATR annonce l’arrivée de Vittorio Lorenzo Della Bella à la présidence exécutive et de Patrick Bergues à la direction financière. Un changement de gouvernance qui intervient alors que l’avionneur, détenu à parts égales par Airbus et Leonardo, doit accélérer sa montée en cadence et préparer la prochaine génération de turbopropulseurs.

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Vittorio Lorenzo Della Bella est le nouveau président exécutif d’ATR, premier constructeur mondial d’avions régionaux. Il succède à Nathalie Tarnaud Laude. (©ATR)

Changement à la tête d’ATR. Le constructeur toulousain d’avions régionaux à turbopropulseurs aura un nouveau président exécutif à compter du 1er novembre 2026. Le conseil d’administration a nommé Vittorio Lorenzo Della Bella pour succéder à Nathalie Tarnaud Laude, qui dirigeait l’entreprise depuis quatre ans. Dans le même temps, Patrick Bergues prendra les fonctions de directeur financier, en remplacement d’Andrea Coccetti.

Un double changement au sommet qui intervient alors qu’ATR entend poursuivre sa montée en cadence industrielle et capitaliser sur une demande mondiale toujours soutenue pour les appareils de moins de 90 places. Le constructeur est une co-entreprise à parts égales entre Airbus et Leonardo, avec une représentation équilibrée de ses deux actionnaires au sein de son équipe de direction.

Un dirigeant issu de Leonardo

Le futur président exécutif connaît déjà bien l’écosystème de son actionnaire italien. Actuellement président de Leonardo Helicopters U.S., Vittorio Lorenzo Della Bella a auparavant occupé le poste de directeur support client, services et formation de Leonardo Helicopters. À ce titre, il pilotait une organisation internationale de quelque 2 500 collaborateurs, au service de plus de 4 500 hélicoptères et 1 300 clients dans le monde.

Son parcours l’a également conduit à exercer des responsabilités dans la gestion de programmes, le développement commercial, le support clients et la coopération industrielle internationale. Il a notamment été directeur général du constructeur européen NHIndustries.

Une expérience particulièrement tournée vers les clients et l’international, que le nouveau patron d’ATR entend mettre au service du constructeur régional. « Je suis honoré de rejoindre une entreprise reconnue dans le monde entier pour l’excellence de ses produits, la force de ses valeurs et sa contribution unique à la connectivité régionale », a ainsi déclaré le principal intéressé.

Le futur dirigeant rend également hommage à sa prédécesseure. « Je tiens à remercier Nathalie pour son engagement et son leadership au cours de ces quatre dernières années », souligne-t-il, estimant que sous sa direction, ATR a « renforcé sa position de leader mondial de l’aviation régionale et posé des bases solides pour l’avenir ».

Un directeur financier venu d’Airbus

Patrick Bergues est le nouveau directeur financier du constructeur toulousain. (©ATR)

Autre nomination, autre parcours au sein de l’écosystème aéronautique toulousain. Patrick Bergues rejoindra lui aussi ATR d’ici quelques semaines comme directeur financier. Il succédera à Andrea Coccetti, appelé à de nouvelles fonctions chez Leonardo.

Le futur CFO arrive d’Airbus, où il occupait récemment les fonctions de directeur financier d’Airbus aux États-Unis ainsi que de Starlab Space, co-entreprise mondiale qui développe une station spatiale commerciale nouvelle génération avec la participation du géant européen et de Voyager Space. Surtout, il revendique plus de 30 ans d’expérience dans la finance aéronautique.

Son parcours couvre un large spectre : finance d’entreprise, financement d’appareils, assurances, gestion des risques, analyse financière et contrôle de gestion. Des responsabilités exercées dans plusieurs activités d’Airbus, de l’aviation commerciale aux hélicoptères, en passant par la défense, l’espace et les services.

Maintenant tenir la cadence

Le nouveau tandem arrive dans une entreprise qui sort d’un exercice 2025 solide commercialement, mais plus compliqué sur le plan industriel. En février dernier, ATR annonçait 60 commandes brutes auprès de neuf clients dans neuf pays, soit 50 commandes nettes. Le carnet de commandes dépassait alors 160 appareils.

Parmi les contrats marquants figuraient notamment 16 ATR 72-600 commandés par Air Algérie et 19 par la compagnie taïwanaise Uni Air. Depuis le lancement du programme, près de 1 900 appareils avaient été vendus.

La production, elle, avait été davantage sous pression. ATR n’avait livré que 32 avions en 2025, en raison notamment de perturbations persistantes dans la chaîne d’approvisionnement. Le constructeur avait alors engagé des actions pour stabiliser son système industriel et annoncé un objectif de hausse de 20 % des livraisons en 2026. « La demande pour nos avions est forte, les opérateurs régionaux veulent plus de capacité », affirmait en début d’année Alexis Vidal, directeur commercial d’ATR.

Un enjeu qui reste central pour le nouveau président exécutif. Dans son premier message, Vittorio Lorenzo Della Bella insiste d’ailleurs sur la compétitivité du constructeur, le soutien aux clients et les ambitions de long terme :

Aux côtés des équipes talentueuses d’ATR, de nos clients, opérateurs et actionnaires, nous nous appuierons sur l’héritage exceptionnel de l’entreprise pour écrire le prochain chapitre de son succès. »

Le turbopropulseur garde des arguments

Pour ATR, le changement de gouvernance intervient enfin dans un marché où le turbopropulseur conserve des arguments économiques et environnementaux. Les ATR 42 et 72 sont les appareils de moins de 90 places les plus vendus au monde. Ils sont exploités par quelque 200 compagnies aériennes dans plus de 100 pays.

Le constructeur met en avant une consommation de carburant et des émissions de CO₂ inférieures à celles des jets régionaux de taille comparable : selon ATR, ses appareils émettent 45 % de CO₂ en moins. En février, le groupe estimait à 2 100 le nombre d’avions passagers turbopropulseurs et à 500 le nombre d’appareils cargo susceptibles d’être nécessaires dans le monde au cours des 20 prochaines années. L’Asie-Pacifique représentait à elle seule une part importante de cette demande, avec 835 appareils prévus pour la région hors Inde, auxquels s’ajoutaient 210 avions pour le marché indien.

Enfin, sur le front technologique, ATR a par ailleurs engagé un nouveau cycle d’innovation avec les programmes « Clean Aviation Heracles » et « Demetra ». Objectif affiché ? Faire voler d’ici fin 2029 un démonstrateur ATR 72-600 hybride-électrique associant propulsion hybride, hélices avancées et systèmes électrifiés.