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Simulation de vol : AviaSim fait de Toulouse une vitrine technologique de pointe

Aéronautique. Spécialiste des simulateurs de vol pour passionnés, professionnels et entreprises, le lyonnais AviaSim poursuit son développement à Toulouse avec un investissement de 250 K€ sur son site de Beauzelle. Cette opération confirme l’importance stratégique de la Ville rose dans le développement du groupe qui vise les 7 M€ de chiffre d’affaires.

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Situé à Beauzelle, le centre toulousain s’enrichit d’un simulateur Boeing 737 ainsi que de deux sièges de simulation dynamique sur vérins, une expérience unique et ultra réaliste. (©AviaSim)

À Toulouse, capitale européenne de l’aéronautique, le ciel n’a jamais été aussi accessible… sans quitter le sol. Le réseau AviaSim, spécialiste de la simulation de vol basé à Lyon, franchit un nouveau cap dans la Ville rose avec un investissement de 250 K€ sur son site de Beauzelle. Objectif affiché ? Renforcer son ancrage local et accompagner une demande mondiale en forte croissance.

Toulouse, cœur de la montée en puissance

Pour célébrer ses 15 ans de présence dans l’agglomération toulousaine, AviaSim vient en effet de muscler son offre avec l’arrivée en exclusivité d’un simulateur Boeing 737 et de deux sièges de simulation dynamique sur vérins couplés à la réalité virtuelle. De quoi reproduire au plus près les sensations de vol : turbulences, accélérations, procédures d’urgence.

« Avec cet investissement, nous affirmons notre volonté de faire de notre centre toulousain une vitrine technologique pour AviaSim », a déclaré Thomas Gasser, fondateur et PDG, dans un communiqué daté du 8 avril dernier. Et de poursuivre :

Notre ambition reste double : rendre le pilotage accessible au grand public à des tarifs abordables, tout en mettant à disposition des répliques conformes utilisées aussi bien pour la recherche que l’entraînement des professionnels. »

Installé sur plus de 500 m², le site toulousain s’impose déjà comme le plus grand centre mondial du réseau. Il propose « quatre cabines de simulation haute-fidélité offrant une vision à 180° en qualité photo réaliste » et l’accès à 24 000 aéroports mondiaux. Les néophytes comme les pilotes les plus chevronnés peuvent désormais prendre les commandes de trois Airbus A320, du nouveau Boeing 737, d’avions de chasse emblématiques comme le F-35 ou encore le Mirage 2000.

Une offre enrichie et plus immersive

Au-delà de l’aspect technologique, l’expérience repose sur un accompagnement personnalisé. Chaque session est encadrée par un instructeur pilote, capable d’adapter les scénarios (météo dégradée, pannes simulées, etc.) au niveau de l’utilisateur. Une approche qui séduit aussi les professionnels, notamment via des programmes de recherche et des dispositifs de formation avancée.

Le centre développe également une offre événementielle à destination des entreprises : simulateurs mobiles, sessions sur site et « serious games », inspirés d’outils conçus pour les forces publiques. Au programme : gestion de crise en conditions extrêmes, coordination d’équipes sous pression, prise de décision rapide, avec mobilisation d’hélicoptères, de Canadairs et d’un poste de commandement. En parallèle, le site diversifie ses expériences, du simulateur de sous-marin aux stages dédiés à la gestion du stress aérien, élargissant ainsi son terrain d’innovation bien au-delà du seul cockpit.

Derrière cette montée en gamme, une tendance de fond : l’explosion du marché mondial de la simulation aéronautique. Valorisé à 5,8 Md$ en 2024, il devrait enregistrer une croissance annuelle moyenne de 5,1 % jusqu’en 2034, selon Global Market Insights. Une dynamique portée d’abord par « la reprise et l’intensification du trafic aérien mondial », qui pousse les compagnies à accélérer leurs recrutements, mais aussi par le renouvellement des flottes, de plus en plus technologiques, nécessitant des formations toujours plus “pointues”.

Surtout, le secteur fait face à une tension structurelle, à savoir une pénurie de pilotes qualifiés à l’échelle internationale. L’industrie devra en former des centaines de milliers dans les 20 prochaines années pour répondre à la demande estiment les experts. Dans ce contexte, les simulateurs s’imposent comme des outils stratégiques. Et pour cause, ils permettent de réduire drastiquement les heures de vol réelles, coûteuses, tout en offrant un environnement sécurisé pour « l’apprentissage des procédures complexes et des situations d’urgence ».

À ces facteurs s’ajoutent des mutations technologiques majeures. L’intégration de la réalité virtuelle et augmentée, l’essor des formations hybrides et à distance, ainsi que « l’augmentation des budgets de défense dédiés à l’entraînement des pilotes militaires » viennent renforcer l’attractivité du secteur.

Un déploiement à l’international

Dans ce paysage, Toulouse joue un rôle clé. En s’y implantant durablement, AviaSim entend pleinement s’appuyer sur un écosystème particulièrement dynamique, où se mêlent grands industriels, centres de recherche et jeunes pousses innovantes de la filière aéronautique, et en tirer pleinement parti.

Choisie comme deuxième implantation après Lyon, la Ville rose est devenue le fleuron d’AviaSim. Le groupe y vise d’ailleurs les 700 K€ de chiffre d’affaires en 2026, sur un objectif global de 7 M€. À noter que pour accompagner l’essor du site et l’arrivée de nouveaux équipements, une phase de recrutement est engagée, avec un focus particulier sur des pilotes indépendants.

Ce développement au sein de la métropole toulousaine s’inscrit dans une dynamique bien plus large. Avec 50 simulateurs et 30 sites répartis entre la France et l’Amérique du Nord, la PME a en effet enchaîné les ouvertures à un rythme soutenu. Après un déploiement express dans les principales métropoles canadiennes, elle a amorcé son offensive sur le marché américain avec déjà six centres opérationnels. Une stratégie d’internationalisation maîtrisée qui lui permet de revendiquer aujourd’hui une croissance à deux chiffres.