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À Toulouse, la Cinémathèque vise les 120 000 spectateurs après sa réouverture

Culture. Deuxième plus grande de France après celle de Paris, la Cinémathèque de Toulouse a rouvert ses portes vendredi 10 avril après 18 mois de travaux et 4,1 M€ d’investissement. Dotée d’une nouvelle salle de projection, l’institution espère une nette augmentation de la fréquentation et annonce le retour de ses festivals historiques.

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Depuis 1997, la Cinémathèque de Toulouse, créée dans les années 60, est installée sur les lieux du collège de l’Esquille fermé en 1792. (©Gazette du Midi)

La cour du 69 rue du Taur baigne dans la lumière d’un soleil presque estival, bien prématuré pour ce début de mois d’avril. La façade de la Cinémathèque de Toulouse, ornée de ses lettres métalliques, surplombe quatre platanes taillés de près. Derrière ce calme apparent, le haut lieu de la vie culturelle, intellectuelle et artistique de la Ville rose a repris du service depuis le 10 avril 2026. Dans ses murs, s’affaire une équipe de 30 salariés, des opérateurs techniques, des projectionnistes, des musiciens, des hôtes d’accueil, des programmateurs, tout un corpus de métiers essentiels à son fonctionnement.

Dix-huit mois après le début des travaux de rénovation qui ont contraint la direction à proposer une saison hors-les-murs avec des projections organisées au Musée des Abattoirs et au Pathé Wilson (150 spectateurs par séance en moyenne), la Cinémathèque a rouvert ses portes au public le week-end dernier à l’occasion d’un véritable marathon cinématographique. L’opportunité de découvrir en avant première les nouvelles installations et de se réapproprier ce site mythique. Aboutissement de dix ans de concertation entre les quatre autorités de tutelles et financeurs que sont le Centre National du Cinéma, la Mairie, le Département et la Région, ces travaux d’ampleur ont représenté un investissement global de 4,1 M€.

Objectif ? 120 000 visiteurs en 2027

Pierre angulaire de ce chantier XXL, la création d’une nouvelle salle de projection de 98 sièges en lieu et place de l’ancienne bibliothèque qui se trouvait dans la chapelle historique du bâtiment. Désormais, le complexe dispose de trois salles pour une capacité totale de 332 places. « Il faut rappeler qu’il s’agissait à l’origine du collège de l’Esquille fermé en 1792, c’est pourquoi les travaux ont nécessité une mise aux normes assez importante », explique Franck Loiret, le directeur délégué de la Cinémathèque créée en 1964 et installée rue du Taur depuis bientôt 30 ans. « Cette nouvelle salle nous donne beaucoup plus de souplesse en termes de fonctionnement et de programmation. »

Changement majeur, la Cinémathèque inaugure une troisième salle de 98 sièges en lieu et place de l’ancienne bibliothèque. (©Gazette du Midi)

Une bonne nouvelle aussi pour tous les cinéphiles toulousains qui ont vu l’offre cinématographique diminuer drastiquement en centre ville avec la fermeture de l’emblématique cinéma UGC, place Wilson. Le directeur prévoit ainsi de passer dans les semaines qui viennent 15 à 20 séances par semaine, soit une augmentation de 1 000 séances sur l’année. « Avant les travaux, nous atteignons les 90 000 spectateurs annuellement, scolaires compris. Nous espérons dépasser la barre des 100 000, voire des 120 000 visiteurs et spectateurs en 2027. »

Sur les 1 600 m2 du bâtiment d’origine, 1 200 m2 ont été rénovées, donnant lieu à un habile jeu de chaises musicales. Les équipes de la Cinémathèque ont en effet déménagé au niveau du porche, dans les bureaux jusqu’ici occupés par les agents de la direction générale de la Culture de la Ville de Toulouse. Ces derniers ayant été rapatriés ailleurs. La bibliothèque a elle aussi changé de décor. Elle est désormais installée au rez-de-chaussée et en accès libre, à l’instar du nouvel espace café donnant sur l’arrière-cour. À noter que l’espace d’accueil et le lieu d’exposition ont été repensés pour améliorer l’accueil du public.

Le retour du Cinéma en plein air

Outre les travaux de rénovation, la Cinémathèque a également investi dans du matériel de haute qualité pour équiper les salles : « Nous avons fait l’acquisition d’un nouveau projecteur laser 4K pour réaliser des projections de très haute qualité dans la grande salle. »

Autre ambition de ce chantier, attirer un public plus large, et surtout fidéliser les jeunes générations. « Nous réussissons à capter les 20 à 30 ans avec le cinéma de patrimoine, car nous leur offrons la possibilité de voir ou revoir de grands classiques en salle mais aussi de découvrir le cinéma argentique, en 35 mm par exemple », détaille Franck Loiret.

Dans le cadre de son week-end de réouverture, l’institution culturelle toulousaine organise un marathon du cinéma avec plus d’une trentaine de projections. (©Gazette du Midi)

Le directeur annonce également le retour du festival Cinéma en plein air qui a lieu chaque année depuis 1999. Pour marquer cette nouvelle ère qui s’ouvre à la Cinémathèque, les équipes ont imaginé les choses en grand : « Dans la dynamique de la réouverture, nous avons prévu une manifestation qui s’étale sur deux mois, du 8 juillet au 29 août. »

La fresque, qui se trouvait sur l’un des murs de l’ancienne bibliothèque, a été restauré et trône désormais dans l’escalier qui relie le rez-de-chaussée à la nouvelle salle de projection. (©Gazette du Midi)

L’intéressé a aussi confirmé la tenu de la 31e édition du festival Cinespaña en octobre prochain et le retour, en février 2027, du festival Extrême Cinéma qui avait été mis en pause pendant les travaux. Sans oublier, l’organisation de la 38e édition du Cinélatino en octobre 2027.

Alors que la vie a repris son cours rue du Taur, une nouvelle phase de travaux s’annonce à l’automne prochain à Balma où se trouve le centre de conservation et de recherche de la Cinémathèque. Inauguré en 2004, le site doit lui aussi bénéficier de travaux de rénovation et d’extension pour un montant de 4,5 M€.

Moins connu du grand public, ce bâtiment renferme pourtant un nombre impressionnant d’objets et d’archives inestimables du 7e art : 55 000 copies de films, 100 000 affiches, des milliers de photos, des costumes… Il abrite d’ailleurs l’un des plus grands fonds d’Europe.

« Là-bas aussi, nous souhaitons continuer les expositions en adaptant la programmation à l’espace pendant toute la durée du chantier qui prévoit la construction deux nouveaux bâtiments qui vont encadrer celui existant », conclut Franck Loiret, qui prévoit une livraison en 2028 avec un début d’exploitation l’année suivante.