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En investissant 30 M€, Médipôle Garonne muscle son outil de soins et conforte sa position régionale

Santé. La clinique privée toulousaine Médipôle Garonne investit 30 M€ dans un nouveau bâtiment de 6 000 m2 et renforce son virage vers la chirurgie ambulatoire, avec l’ambition d’adapter son offre de soins à un système de santé en pleine mutation et à des hôpitaux publics sous forte tension.

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(De gauche à droite) Étaient présents à l’inauguration : Marie Laurent, architecte pour l’agence Kardham, Vincent Lacombe, directeur général de Médipôle Garonne, Dr Jean-François Potel, président du directoire de Médipôle Garonne, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, Dr Olivier Rontes, président de la CME de Médipôle Garonne, Brigitte Micouleau, sénatrice de la Haute-Garonne, Émilie Dalix, conseillère régionale et enfin, Christophe Alves, élu municipal. (©Médipôle Garonne)

Face à la montée des besoins de santé, Médipôle Garonne change d’échelle. Implantée rue de Gironis, à Toulouse, la clinique a inauguré le 12 janvier un nouveau bâtiment de 6 000 m², opérationnel depuis le 5 janvier. Un investissement de 30 M€ qui marque une nouvelle étape dans le développement de cet établissement privé indépendant, créé en 2010.

Élus locaux, responsables institutionnels et représentants du monde médical étaient présents pour cette inauguration, signe de l’importance stratégique du projet pour l’offre de soins du territoire. Car au-delà du symbole, le nouveau bâtiment Ouest répond à une réalité sanitaire très concrète. « Cela va nous permettre d’augmenter le nombre de patients pris en charge et, en parallèle, de libérer de la place au niveau de l’ancien bâtiment et l’ancien bloc pour récupérer d’autres activités chirurgicales et répondre ainsi aux besoins de la population », explique le Dr Olivier Rontes, médecin anesthésiste-réanimateur et président de la Commission médicale d’établissement (CME).

Le « Fast Track », vitrine d’une médecine en mutation

Cœur du projet, le nouveau service de chirurgie ambulatoire courte, baptisé « Fast Track », illustre l’évolution des pratiques médicales. Le principe : concentrer l’ensemble du parcours patient sur un même lieu afin de réduire les temps de prise en charge et permettre un retour rapide à domicile. Un modèle particulièrement adapté à la chirurgie orthopédique, qui représente déjà 60 % de l’activité de la clinique, dont plus de 70 % réalisée en ambulatoire.

Un choix organisationnel qui suscite parfois des critiques ou des craintes, certains y voyant une médecine “au rabais”. Un procès d’intention que réfute fermement le Dr Olivier Rontes. « La médecine a évolué depuis 15 à 20 ans vers ce que l’on appelle la réhabilitation améliorée après chirurgie. Les pratiques n’ont cessé de progresser, avec une amélioration continue de la prise en charge dans toutes les spécialités. C’est une évolution naturelle. »

À Médipôle Garonne, le Fast Track en est l’illustration concrète. « Au lieu d’intégrer un service d’hospitalisation classique, où le patient subit la lourdeur de la structure, ici tout est pensé autour de lui et de sa pathologie. Pas de brancardage, pas de longues distances à parcourir, des espaces plus adaptés, plus “cosy”. L’idée est de reconstruire un circuit autour du patient, et non l’inverse. » En orthopédie notamment, les progrès techniques et chirurgicaux permettent aujourd’hui de garantir une autonomie rapide en post-opératoire. « L’ambulatoire n’est donc pas une médecine dégradée », insiste-t-il.

Un outil calibré pour absorber la demande

Relié au bâtiment existant par des passerelles, le bâtiment Ouest se développe sur quatre niveaux pour une surface totale de 6 000 m2. (©Médipôle Garonne)

Sur le plan capacitaire, l’impact du nouveau bâtiment est immédiat. Neuf blocs opératoires supplémentaires sont intégrés au dispositif, portant à terme le nombre total de salles d’intervention de 21 à 30. Trois blocs entreront en service dès début 2026. Une montée en puissance nécessaire pour accompagner une activité soutenue : en 2025, Médipôle Garonne a en effet réalisé 30 000 interventions, dont 20 % relèvent de soins non programmés, autrement dit réalisés dans le cadre d’une prise en charge urgente.

« Cela démontre bien le rôle essentiel que nous jouons dans la prise en charge des patients sur notre territoire. D’où la nécessité de continuer à nous agrandir et à investir dans notre outil de travail pour absorber une patientèle toujours plus importante  », souligne le président de la CME.

Architecturalement, le bâtiment s’étend sur quatre niveaux, reliés au site existant. Outre le Fast Track, il accueille un plateau de consultations élargi, une vingtaine de nouveaux bureaux médicaux et deux salles de conférence. À plus long terme, le dernier étage pourra héberger une trentaine de lits supplémentaires, faisant passer la capacité d’hospitalisation de 180 à 210 lits.

Indépendance médicale et stratégie assumée

Au-delà des chiffres, ce nouveau bâtiment s’inscrit dans une philosophie revendiquée. « L’idée est aussi de confirmer notre modèle d’indépendance. Bon nombre de médecins sont actionnaires de l’établissement, nous sommes de fait pleinement partie prenante de son évolution. Le projet médical est la base de tout », rappelle le Dr Rontes. « Toute stratégie de développement est donc conditionnée à l’adhésion aux valeurs de la clinique que sont l’innovation, la qualité des soins - Médipôle Garonne étant certifiée Haute Qualité des Soins par la Haute Autorité de Santé - et la bienveillance. »

Avec un plateau technique complet, une activité en forte croissance et des investissements lourds mais assumés, Médipôle Garonne poursuit ainsi sa trajectoire : celle d’un acteur privé qui entend peser durablement dans le paysage sanitaire régional.