L’aéronautique et l’énergie, nouveaux moteurs de croissance d’Actia
Électronique. Quarante ans après sa création à Toulouse, Actia poursuit sa transformation industrielle. Si la mobilité, qui reste son premier marché, traverse une période difficile, le groupe peut désormais compter sur l’accélération de ses divisions aéronautique et énergie. De nouveaux relais de croissance qui doivent lui permettre d’atteindre 700 M€ de chiffre d’affaires en 2028.
269 M€. C’est le chiffre d’affaires réalisé par le groupe Actia au premier semestre 2026. Soit une progression de 1 % par rapport aux 266,4 M€ enregistrés sur la même période l’an dernier. Un rythme encore modeste, mais conforme aux attentes du groupe, qui maintient son objectif de 3 % de croissance sur l’ensemble de l’exercice.
Au deuxième trimestre, Actia a réalisé 140,7 M€ de CA, un montant quasiment stable sur 12 mois. Derrière cette stabilité, les trajectoires sont en revanche très différentes selon les activités. La division aérospatiale progresse de 15,1 %, l’énergie bondit de 44,8 % et l’ingénierie gagne 7 %. De quoi absorber le recul de 5,7 % de sa division mobilité. La France porte son activité avec une progression de 6,5 % au premier semestre. Elle représente 44 % des ventes du groupe. À l’international, le CA recule de 2,4 %, sous l’effet notamment de la baisse de certains segments de la mobilité.
Ces résultats interviennent alors qu’Actia fête cette année ses 40 ans. Quatre décennies après sa création à Toulouse, le groupe s’est imposé comme l’un des acteurs industriels majeurs de la Haute-Garonne. Il emploie aujourd’hui près de 800 salariés dans le département, entre son siège de Pouvourville, son usine de Colomiers et son unité de Martres-Tolosane. À l’échelle mondiale, le groupe compte plus de 3 800 collaborateurs, dont environ 1 500 ingénieurs et techniciens en R&D, répartis dans 17 pays et 30 filiales. Volvo, Iveco, CNH, Alstom ou encore Airbus figurent parmi ses clients, dans des secteurs aussi variés que les transports, l’agriculture, le ferroviaire et l’aéronautique.
La mobilité dans le creux, avant le rebond ?
Avec 105,7 M€ de chiffre d’affaires au deuxième trimestre, la division mobilité reste le pilier d’Actia. Mais sa part dans les ventes du groupe se réduit progressivement : 69 % au deuxième trimestre, contre 74 % un an auparavant.
Le recul de 5,7 % s’explique principalement par la contre-performance des poids Lourds (-15,5 %) et des engins spéciaux (-22,4 %). Sur les premiers, la comparaison avec le deuxième trimestre 2025 est particulièrement défavorable. Les anticipations de commandes liées à l’entrée en vigueur des nouvelles exigences RED II en matière de cybersécurité avaient alors « soutenu ponctuellement les ventes de certaines générations de produits », explique la société dans un communiqué. Ces nouvelles règles imposent notamment aux fabricants de renforcer la sécurité des équipements radioélectriques connectés dès leur conception.
Du côté des engins spéciaux, le marché agricole européen reste dégradé, même si la construction commence à retrouver progressivement des couleurs. Le segment bus & car consolide pour sa part son activité, avec un recul limité à 2,1 % après une progression de 12,1 % au premier trimestre. D’autres segments offrent un visage nettement plus favorable. Les véhicules légers progressent de 6 % et le ferroviaire accélère de 31,6 %. Cette dernière performance traduit la montée en production de contrats remportés après la crise sanitaire, longtemps restés en phase d’ingénierie.
Actia s’attend ainsi à ce que le département mobilité atteigne son point bas en 2026, avant de renouer avec la croissance en 2027. Plusieurs contrats pluriannuels sont déjà enregistrés pour alimenter les lignes de production l’an prochain, notamment autour « de nouvelles architectures électroniques » et l’essor des véhicules conçus autour du logiciel (“software-defined vehicle”).
La division vient également de renforcer son offre dans la télématique embarquée pour poids lourds avec une nouvelle solution intégrant la 5G. Un marché sur lequel le groupe veut renforcer son positionnement dans les véhicules connectés de nouvelle génération.
Aérospatial, énergie et ingénierie changent de braquet
L’aérospatial tire désormais la croissance du groupe. La division a réalisé 23,8 M€ de chiffre d’affaires au deuxième trimestre, soit 15,1 % sur un an. Sur six mois, elle atteint 43,1 M€, en progression de 18,2 %. Son poids dans le CA trimestriel d’Actia atteint désormais 15,5 %, contre 13,6 % en 2025. La montée en puissance de contrats conclus avec de grands donneurs d’ordre porte notamment l’activité en France, en hausse de 16,1 % sur le trimestre. À l’international, les ventes progressent de 13,5 %, avec une contribution en hausse de l’Amérique du Nord.
Le groupe investit déjà pour accompagner cette dynamique avec notamment l’ouverture d’un nouveau site industriel dédié à Toulouse-La Ramée. D’ici la fin de l’année, les équipes toulousaines de la division doivent y être regroupées. Le site doit permettre « d’augmenter les capacités de production et de test ainsi que de gagner en flexibilité. De quoi accompagner les montées en cadence des programmes clients, notamment sur les petites et moyennes séries à forte valeur ajoutée », détaille la société.
Autre accélérateur : l’énergie. Avec 10,8 M€ de chiffre d’affaires au deuxième trimestre, la division progresse de 44,8 %. Sur le semestre, elle atteint 20,4 M€, soit une hausse de 29,8 %. Cette forte croissance s’appuie notamment sur un programme de 10 ans consacré au déploiement d’une nouvelle génération d’équipements pour les réseaux électriques. Elle profite plus largement de la forte demande pour « les solutions de supervision, de protection et de gestion intelligente » des infrastructures électriques.
Avec 10,4 M€ de chiffre d’affaires au deuxième trimestre, le département d’ingénierie progresse, lui, de 7 %. Sur six mois, la division atteint 19,8 M€, soit une hausse de 5,3 %. Ses équipes interviennent dans la conception et le développement de produits et systèmes embarqués, mais aussi dans les logiciels destinés aux secteurs de la mobilité et de l’industrie.
Ces bons résultats s’expliquent notamment par le démarrage d’un nouveau partenariat en France dans les applications de mobilité intelligente. Elle est aussi tirée par l’intensification des prestations réalisées pour les autres divisions du groupe, avec des travaux d’ingénierie dédiés au développement de nouvelles générations de produits. Ces projets préparent leur industrialisation et leur entrée en production progressive. Les investissements en R&D, représentant 14 à 18 % du chiffre d’affaires annuel, alimentent cette dynamique.
Un cap maintenu à 700 M€ malgré les tensions
Ces bonnes performances à mi-année interviennent toutefois dans un environnement industriel toujours sous pression. Les tensions persistent sur plusieurs composants essentiels, notamment les mémoires, les PCB et les semi-conducteurs, avec des effets potentiels sur les stocks, les délais et les marges. Actia poursuit donc son programme « de rationalisation industrielle » afin d’adapter ses capacités aux volumes actuels tout en conservant la possibilité de remonter rapidement en cadence. Le groupe travaille également à réduire ses stocks et à préserver sa trésorerie.
Malgré les incertitudes persistantes, le Toulousain vise toujours les 700 M€ de chiffre d’affaires en 2028 (contre 535,4 M€ en 2025), porté par les volumes de ses principaux clients et « la montée en production de nouvelles familles de produits ».