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Après Airbus, Latécoère rejoint le programme du futur bombardier d’eau français d’Hynaero

Aéronautique. Le groupe toulousain vient de signer un partenariat stratégique avec Hynaero pour développer le Fregate-F100, un bombardier d’eau amphibie de nouvelle génération. Cette alliance renforce la crédibilité industrielle d’un programme qui vise un marché mondial de plus de 300 appareils et pourrait générer 2 500 emplois.

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Les industriels toulousains sont décidément très en pointe dans le développement de nouveaux bombardiers d’eau pour succéder aux Canadairs. Après Airbus, c’est Latécoère qui embarque dans le programme Fregate-F100 porté par la start-up Hynaero basée à Istres (13).

Ces alliances interviennent alors que les besoins en nouveaux moyens de lutte contre les feux de forêt n’ont jamais été aussi importants. Avec 117 000 hectares détruits depuis le début de l’année, les incendies atteignent un niveau inédit en France. Leur coût humain, environnemental et économique ne cesse de croître. L’agence de notation Morningstar DBRS estime déjà entre 10 et 15 Md€ les conséquences de ces sinistres pour l’économie française.

Ces événements dramatiques mettent en lumière les limites des moyens actuels de lutte contre les feux de forêt. La disponibilité des douze Canadair de la Sécurité civile a été plusieurs fois remise en cause en raison de problèmes de maintenance, tandis que le renouvellement de cette flotte vieillissante s’annonce long et coûteux. Après plus de dix ans d’interruption de la production, les quatre nouveaux appareils commandés récemment par la France au constructeur canadien De Havilland ne devraient pas être livrés avant 2028.

Un enjeu de souveraineté industrielle

Dans ce contexte et face à cet enjeu de souveraineté industrielle, plusieurs projets de nouveaux bombardiers d’eau ont émergé dans l’Hexagone pour répondre à un marché mondial évolué, entre 2030 et 2050, à plus de 300 appareils. C’est le cas à Toulouse avec ceux de Kepplair Evolution et de Positive Aviation dont les modèles sont tout deux inspirés de l’ATR 72-600. Dans les Bouches-du-Rhône, la start-up Hynaero parie, elle, sur un hydravion entièrement nouveau.

Pour développer l’appareil, l’entreprise s’appuie sur des partenaires industriels majeurs comme Thales, Safran, ou encore Airbus Defense & Space. Signé en février 2025, l’accord de coopération couvre toutes les phases de développement (support à la conception, la certification et la maintenabilité de l’aéronef).

Des partenaires industriels de poids

De quoi apporter « beaucoup de crédibilité au programme Fregate-F100 », reconnaît David Pincet, cofondateur d’Hynaero et ancien responsable des capacités aériennes de lutte contre les feux de forêt de la Sécurité civile. Airbus pourrait également contribuer à la production d’assemblages complets d’aérostructures dans ses usines en Espagne.

Autre partenariat majeur, celui signé le 26 juillet dernier avec Latecoere lors du salon de Farnborough. Le fournisseur de rang 1 des grands constructeurs aéronautiques mondiaux apporte, pour sa part, son expertise dans les domaines des aérostructures et des systèmes d’interconnexion. Outre ce soutien technique durant les phases de conception et de certification, le Toulousain devrait lui aussi faire la promotion de l’appareil auprès de clients potentiels à travers le monde.

Le programme Fregate-F100 constitue pour les industriels toulousains une nouvelle opportunité de marché particulièrement importante. Fondée en novembre 2023, Hynaero dispose en effet de moyens financiers et de soutiens solides. L’entreprise a levé 1,4 M€ en fonds d’amorçage en 2024 avant, en mars 2025, de lever près de 117 M€ pour financer le développement de ce nouveau bombardier d’eau amphibie. Elle bénéficie en outre du soutien de l’État, via Bpifrance, et de la Région Sud dans le cadre de France 2030 pour 7 M€.

Des lettres d’intention pour 27 appareils

Capable d’embarquer 10 tonnes d’eau, soit 70 % de plus qu’un Canadair, ce Fregate-F100, sera doté de commandes de vol électriques. Plus rapide, il devrait également être équipé d’un système de mission air-terre assisté par l’IA. De quoi offrir « une meilleure prévisibilité ainsi qu’une meilleure coordination avec les pompiers au sol et les autres moyens de lutte terrestres et aériens », promet l’entreprise dans un communiqué daté du 12 juin dernier.

Hynaero indique avoir reçu plusieurs lettres d’intention émanant d’opérateurs privés et publics portant sur 27 appareils dont 16 pour la Sécurité Civile. L’entreprise qui emploie une soixantaine d’ingénieurs et vise les 140 d’ici fin 2027, espère procéder aux premiers essais en vol début 2031.

Les premières livraisons sont, elles, attendues pour la fin 2032. Avec un prix unitaire fixé à 60 M€, les cofondateurs d’Hynaero tablent sur un chiffre d’affaires de 13 Md€ sur la période 2030-2045. Le programme pourrait selon eux générer également la création de plus de 2 500 emplois, répartis entre le site d’assemblage final et l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.