Après son t-shirt anti-noyade, Floatee innove avec un gilet de sauvetage pour le nautisme
Innovation. Spécialisée dans le matériel anti-noyade pour enfants et adultes, la marque toulousaine Floatee poursuit sa croissance à vitesse grand V. En cinq ans, elle a réussi sa stratégie de développement à l’international et continue d’étoffer sa gamme de produits. Dernier en date, un gilet de sauvetage pour le bateau sans sangle sous-cutale.
Entre le 1er mai et le 15 juillet 2026, la cellule de surveillance de Santé publique France a recensé 274 décès par noyade en France, sur un total de 925 incidents. Un bilan humain dramatique qui malheureusement se répète année après année.
C’est justement pour lutter contre ce fléau que Philippe Rouvier et Thibaut Choulet ont créé, en 2021, le premier t-shirt anti-noyade pour les enfants. Les deux Toulousains, qui se destinaient initialement à une carrière d’ingénieur aéronautique, sont fiers du chemin parcouru cinq ans après la création de leur entreprise Floatee. « Si dès le début, on avait su où on en est aujourd’hui, on aurait directement signé », s’enthousiasme Philippe Rouvier. Aujourd’hui, la marque emploie 16 personnes dans ses locaux de 500 m² situés à Labège.
Après deux ans de recherche et développement, les entrepreneurs ont commercialisé en 2023 leur premier produit destiné aux plus jeunes. Initialement, leur t-shirt anti-noyade et anti-UV avait la particularité de se déclencher automatiquement lorsque l’enfant se retrouvait immergé dans l’eau, et de le repositionner sur le dos, avec les voies respiratoires à l’air libre. Aujourd’hui, la gamme s’est largement étendue pour protéger l’ensemble de la population.
Un gilet de sauvetage innovant
En effet, un modèle pour adulte a vu le jour en 2025, puis un modèle intermédiaire pour les 25-40 kg cette année. « Cela nous a beaucoup été demandé par les collectivités, soit pour les adolescents qui n’ont pas encore appris à nager, soit pour des enfants à besoins particuliers, comme ceux atteints d’autisme », détaille le dirigeant.
Autre innovation, « nous avons sorti et breveté cette année un gilet de sauvetage gonflable sans sangle sous-cutale pour le bateau, qui convient aux enfants dès 9 kg et jusqu’à 30 kg. Une grande première. » Cette sangle, qui doit être serrée entre les jambes, « est très désagréable et peut même causer des accidents au niveau des parties génitales chez les garçons », poursuit l’intéressé. « Nous avons donc développé un système pour éviter que le gilet ne remonte au-dessus de la tête de l’enfant, sans avoir cette sangle accidentogène. » Un gilet pour adulte devrait bientôt voir le jour.
Plus de 20 % de croissance par an
Grâce à cette gamme étoffée, Floatee a réussi à élargir sa clientèle cible. En plus des collectivités, les produits sont vendus à des particuliers via son site internet, à des distributeurs spécialisés en piscine, puériculture et nautisme, ainsi qu’à des entreprises comme des campings ou des hôtels qui mettent à disposition le matériel de sécurité.
Au-delà des innovations produits, les deux Toulousains ont surtout réussi le tour de force de séduire le marché international. Depuis 2024, la marque est présente sur le Vieux continent. « Aujourd’hui, nous sommes distribués dans huit pays européens dont l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, la Suisse et les Pays-Bas. »
En septembre 2025, Floatee a également mis un pied aux États-Unis, un territoire pourtant difficilement accessible, puisque nécessitant des certifications et autorisations spécifiques. « Nous avons déjà fait plus de 100 K€ de chiffre d’affaires là-bas, et nous sommes sur le point de signer un nouveau contrat important de l’ordre de 200 K€ supplémentaires », se félicite Philippe Rouvier.
Une stratégie de développement qui porte ses fruits. Après avoir franchi la barre symbolique du million de chiffre d’affaires en 2024, Floatee vise les 1,5 M€ en 2026. « Nous avons fait un peu plus de 20 % de croissance chaque année », se réjouit le chef d’entreprise.
Le choix du made in France
Alors que la réindustrialisation est devenue un enjeu de souveraineté majeur, le duo de dirigeants a fait le choix fort de fabriquer ses produits en France. « Cela découle d’une volonté, celle de pouvoir contrôler la qualité de nos dispositifs anti-noyade. D’en garantir l’efficacité à 100 %, sans dysfonctionnements. » Un engagement assumé, mais qui peut parfois freiner les ventes.
« Au vu des coûts de fabrication plus élevés que si nous produisions à l’autre bout du monde, les marges des distributeurs sont forcément plus faibles ». Pas de quoi refroidir l’enthousiasme des deux entrepreneurs qui y voient avant tout un « véritable challenge », convaincus de l’utilité de leurs produits qui aujourd’hui n’ont pas d’équivalent sur le marché.