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141e année

Arterris sème de nouvelles graines

Agriculture. Le groupe coopératif audois déploie un programme d’investissement de 14 M€ sur son site de Castelnaudary.

À Castelnaudary, Arterris traite quelque 30000 tonnes de semences certifiées par an. ARTERRIS

Bien implantée dans la filière semences, depuis la recherche et l’obtention de variétés (sorgho et légumes secs) jusqu’à la mise sur le marché, en passant par la multiplication, le tri, le conditionnement et la certification, le groupe coopératif agricole Arterris annonce la refonte de son dispositif de production de semences, dans une optique plus vertueuse. « Renforcer la sécurité des opérateurs sur les machines outils et intégrer l’arrêt de produits phytosanitaires, tout en adaptant son dispositif industriel aux attentes du marché », tels sont en effet les objectifs du projet Opus que le groupe, basé à Castelnaudary, est en train de déployer.

D’un montant global de 14 M€, ce plan d’investissements est soutenu par la Région Occitanie et la Communauté de communes Castelnaudary Lauragais Audois. Une première phase de ce programme d’envergure vient de s’achever et la seconde le sera dans le courant de l’année 2022. Le projet Opus affecte le principal site de production de semences de la coopérative qui en compte trois : celui de Castelnaudary où sont produites chaque année de l’ordre de 30.000 tonnes de semences certifiées, ainsi que ses usines d’Alzone, également situées dans l’Aude et celle d’Arles, dans les Bouches-du-Rhône, qui produisent chacune 10.000 tonnes de semences certifiées par an.

Diminuer l’utilisation des produits chimiques

La première phase qui vient de se terminer con cerne la reconfiguration du site principal de Castelnaudary où un bâtiment a été dédié au traitement et à la conservation des semences bio hybrides. L’investissement phare, dans le cadre du projet Opus, est l’installation d’une nouvelle ma chine d’enrobage de semences plus écoresponsable, qui, outre l’enrobage avec des produits classiques, permet surtout l’utilisation de produits biostimulants et bioprotecteurs, l’utilisation de tels produits étant nécessaire pour que la germination arrive à son terme et ne se produise pas hors sol.

À travers cette nouvelle installation, Arterris souhaite ainsi réduire l’usage des produits chimiques dans les procédés d’enrobage. L’usine de Castelnaudary intègre également une nouvelle chaîne de conditionnement qui vise à réduire la pénibilité des tâches pour ses salariés, ainsi qu’une nouvelle imprimerie pour l’impression de recommandations légales pour les sacs de semences dans le cadre de leur certification, mais aussi un bâtiment de stockage avec quais d’expédition.

Diversification

Grâce à ces investissements, Arterris, qui représente 25.000 agriculteurs, 350.000 hectares de cultures et pèse 1 Md€ de chiffre d’affaires, espère voir progresser sa productivité de 15 à 20 % s’agissant du process de traitement des semences (selon les espèces), et de 20 à 30% sur l’activité de conditionnement et de stockage. Huit personnes ont en outre été recrutées à l’usine de Castelnaudary, sur une dizaine d’embauches projetées. L’usine emploie aujourd’hui 35 personnes et jusqu’à 190 personnes en période de pointe. La seconde phase du projet Opus, qui doit s’achever en juin prochain, prévoit la création, toujours à Castelnaudary, d’une nouvelle ligne dédiée au traitement de la production bio hybride.

Le groupe coopératif entend par ailleurs diversifier ses activités dans le traitement des graines fragiles pour le colza, le tournesol et le soja semences et pour les légumes secs (lentilles, haricots et pois chiche) avec la mise en place sur le même site d’une nouvelle solution industrielle. Celle-ci « est très attendue par nos clients donneurs d’ordre, détaille Thierry Gestain, directeur de l’activité semences d’Arterris, car elle leur permet de nous confier leur génétique en production sur plusieurs espèces et pas seulement le blé dur, moins demandé actuellement, en ayant qu’un seul interlocuteur et sur un seul et même site. Cela nous permet de travailler au même endroit l’ensemble des espèces de la zone de production tout en diminuant les transferts de marchandises interusines ».

Agnès Bergon