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En Occitanie, Arterris veut relancer la filière porcine avec 8 000 bêtes supplémentaires d’ici trois ans

Agriculture. Face à une forte demande locale en viande porcine et charcuterie qui dépasse l’offre régionale, le groupe audois mise sur la complémentarité entre cultures céréalières et élevage pour sécuriser l’approvisionnement, soutenir les éleveurs et attirer de nouvelles générations dans ce secteur rentable et stratégique.

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La coopérative agricole Arterris, installée Castelnaudary, mise sur la complémentarité des cultures céréalières avec celle de l’élevage porcin, pour limiter les dépenses en intrants et utiliser du lisier de cochon à la place. (© Mark Stebnicki - Pexels)

Après avoir investi dans les légumes frais, les semences, les légumineuses et le blé tendre, Arterris (1,16 Md€ de CA et 2 782 salariés) franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de souveraineté alimentaire. Il y a quelques mois, elle a annoncé son intention de relancer la filière ovine afin de réduire les importations, et aujourd’hui, son engagement se tourne vers la filière porcine en Occitanie. Implantée à Castelnaudary, la coopérative, qui regroupe 15 000 agriculteurs adhérents, entend répondre à la demande croissante de viande porcine locale.

Un marché porcin en plein essor

En Occitanie, seul un porc sur quatre consommés est élevé localement. Or, malgré la commercialisation annuelle de plus de 45 000 animaux, Arterris constate une demande toujours soutenue, notamment pour la viande et la charcuterie régionales. Pour y répondre, la coopérative prévoit de produire 8 000 porcs supplémentaires dans les trois prochaines années, afin d’alimenter le marché et de sécuriser l’approvisionnement.

Aujourd’hui, la filière porcine d’Arterris compte 40 exploitations régionales et joue un rôle stratégique pour les producteurs artisanaux tels que les salaisonniers et les grossistes. À défaut de relance locale, le groupe dirigé par Jean-François Naudi redoute une dépendance accrue au porc breton, qui représente 57 % de la production nationale, ou aux importations venues d’Espagne et d’autres pays voisins.

Pyrénéus : une marque pour valoriser le porc local

Pour soutenir ses éleveurs et répondre à la demande de qualité, Arterris s’appuie sur sa marque Pyrénéus, distribuée par le groupe perpignanais Guasch. Maxime Guasch, son président, constate une transformation notable du marché : les consommateurs privilégient désormais viande locale et traçabilité. La marque commercialise des produits frais en circuit court et collabore avec 30 éleveurs des Pyrénées-Orientales, tous membres de la coopérative.

Si la viande porcine a perdu des parts de marché au niveau national, devancée par le poulet dont les Français consomment 25 kg par an, l’Occitanie se distingue avec une consommation élevée de 32 kg de porc par habitant. Par ailleurs, l’élevage porcin reste l’activité agricole la plus rentable, générant un revenu moyen de plus de 100 K€ par an, soit 50 % de plus que la moyenne des exploitations, selon la Fondation pour la nature et l’homme.

Porc et céréales : un duo complémentaire

Pour Arterris, l’élevage porcin constitue donc une opportunité d’autant qu’elle constitue une activité complémentaire idéale aux cultures céréalières, souvent soumises à la volatilité des prix. Les céréales servent en effet d’alimentation aux porcs, tandis que le lisier et le fumier, dans le cas des animaux élevés sur paille, deviennent un fertilisant naturel et économique, réduisant les coûts pour l’agriculteur.

La coopérative développe également des ateliers d’élevage modulables, qu’il s’agisse d’engraissement, de naisseur-engraisseur ou de post-sevrage. Les unités, allant de 450 à 4 000 places, permettent à chaque exploitant de définir son projet, qu’il s’agisse d’un complément de revenu ou d’une activité principale.

En témoigne Sylvain Dufau, exploitant en polyculture-élevage dans le sud de l’Aveyron qui a repris le cheptel familial en 2022. « Aujourd’hui, avec un atelier d’engraissement d’environ 850 porcs, je m’inscris dans cette continuité. Le lisier me permet de réduire l’usage d’engrais, et la production apporte un revenu régulier toute l’année », explique-t-il.

Attirer les nouvelles générations

Un cercle vertueux sur lequel Arterris mise dans le but d’attirer de nouvelles générations d’éleveurs. Pour faciliter l’installation de ces derniers, la coopérative les accompagne sur le montage des dossiers de financements, d’aides à l’investissement et sur le suivi technique. Elle propose également des primes d’incorporation pour les céréaliers qui valorisent leurs cultures via les usines d’aliments Arterris, ainsi qu’une plus-value pour les porcs produits localement.

À terme, le groupe audois recherche des exploitants capables de gérer 1 200 à 4 000 porcs par an, particulièrement dans l’Aude et le Tarn, où la densité des exploitations céréalières offre un fort potentiel de développement.