Entreprises

À Toulouse, le consortium HydroVenture, premier centre d’excellence en hydrologie spatiale

Innovation. CS Group, Magellium et vorteX-io sont les têtes de file du consortium HydroVenture lancé à Toulouse le 28 mars 2024. Il a pour ambition de développer de nouveaux produits et services combinant données spatiales, modèles numériques et informations hydrologiques de terrain en vue d’assurer une meilleure gestion des stocks d’eau planétaires.

Lecture 5 min
Photo de Guillaume Valladeau, Gwenaël Souillé, Selma Cherchali, Frédéric Huynh et Joël Dorandeu
De gauche à droite avec les membres fondateurs : Guillaume Valladeau co-fondateur de vorteX-io, Gwenaël Souillé, directeur du business development BU Space de CS Group, Selma Cherchali, responsable du programme Observation de la Terre du Cnes, co-présidente du Comité de pilotage de Data Terra, Frédéric Huynh, Directeur de Data Terra, Joël Dorandeu, responsable de l’unité Observation de la Terre de Magellium (©HydroVenture).

Conséquence du changement climatique, alors que les besoins en eau vont croissants, la conscience que cette ressource est limitée fait peu à peu son chemin à l’échelle de la planète. En France, le gouvernement a fait de la préservation de nos précieuses réserves un enjeu majeur. En mars 2023, un plan Eau contenant 53 mesures a été dévoilé, qui promeut « une gestion sobre, résiliente et concertée » de la ressource en eau.

Dans la continuité de ce plan, Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, a lancé en juillet 2023 l’appel à projets « Innov Eau ». Doté, dans le cadre de France 2030, d’une enveloppe de 100 M€, il a pour ambition de soutenir les innovations en matière de gestion de l’eau.

Observation, modélisation et gestion en temps réel

C’est dans ce contexte qu’est né à Toulouse le 28 mars dernier HydroVenture. Le consortium a été créé sous l’impulsion de CS Group, filiale de Sopra Steria, Magellium, société d’ingénierie spécialisée, et vorteX-io, start-up toulousaine qui développe des micro-stations hydrologiques. Il réunit également :

  • le bureau d’études BRL Ingénierie ;
  • le centre de recherche fondamentale Cerfacs ;
  • CLS, filiale du Cnes spécialisée dans la fourniture de solutions d’observation et de surveillance de la Terre ;
  • HydroMatters, jeune pousse spécialiste de l’hydrologie spatiale ;
  • Meoss, start-up spécialisée dans la création de services à partir d’imagerie satellite et données cartographiques ;
  • le service de cartographie Sertit ;
  • l’infrastructure de recherche Data Terra, dédiée aux données d’observation de la Terre (issue du Cnes, du CNRS, de l’Inrae et de l’IRD).

L’ambition des fondateurs d’HydroVenture est d’installer à Toulouse le premier centre d’hydrologie spatiale opérationnelle. Il s’agit, expliquent ses promoteurs, de « fusionner les données spatiales, les modèles numériques et les informations hydrologiques de terrain » en vue d’une « gestion en temps réel des systèmes hydrologiques continentaux. »

Prévenir les inondations et les sécheresses

Cette approche innovante doit permettre de surmonter plusieurs écueils : ceux liés à l’hétérogénéité des données sur l’eau, au manque de données transfrontalières partagées et aux limitations matérielles des réseaux de capteurs existants au sol. Pour ce faire, les partenaires d’HydroVenture s’appuieront sur les données déjà disponibles et celles qui seront collectées lors des missions spatiales à venir. Dans un communiqué paru le 28 mars 2024, les membres du consortium estiment que ce faisant :

HydroVenture ouvre la voie à des analyses et à des prévisions approfondies qui permettront de surveiller les stocks d’eau, prévenir les risques d’inondations et de sécheresse, et améliorer la qualité de l’eau.. »

Composé pour une grande part de structures membres d’Aerospace Valley, le nouveau consortium ambitionne de satisfaire les besoins tant des entreprises privées que des services étatiques et des ONG impliquées dans la gestion des ressources en eau. Les nouveaux produits et services qui seront développés en son sein ont en effet pour vocation de répondre aux enjeux liés à l’eau dans de très nombreux domaines dont les transports, l’agriculture, la santé ou encore la sécurité civile.

Des projets européens

Fruit d’une collaboration public-privé inédite, HydroVenture amorce donc, depuis Toulouse, le développement d’une filière d’excellence en hydrologie spatiale, qui obéit tant aux objectifs du plan Eau que du programme France 2030. Mais au-delà de l’Hexagone, HydroVenture entend bien également souscrire aux ambitions des programmes européens que sont DestinE, projet de jumeau numérique de la Terre, et Copenicus, programme d’observation de notre planète, portés par l’Union européenne. Il pourrait également contribuer aux services d’alertes précoces dont l’ONU espère la mise en place d’ici 2027.