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140e année

Avec Boxilumix, Asclepios Tech révolutionne la sécurité alimentaire

Innovation. La technologie développée par la start-up toulousaine a été labellisée par la fondation de Bertrand Piccard parmi les 1 000 Solar Impulse Efficient Solutions.

Un an après sa création, la fondatrice d’Asclepios Tech voit ses efforts récompensés. Boxilumix, la solution développée par la start-up installée à Tournefeuille, près de Toulouse, a en effet obtenu en décembre 2020 le label Solar Impulse Efficient Solution, décernée par la fondation de l’environnementaliste suisse Bertrand Piccard. Diplômée de Centrale Supélec, Christine Roynette, 57 ans, et son équipe d’ingénieurs ont travaillé pendant de nombreuses années dans le domaine de l’optoélectronique avant de créer Asclepios Tech. La société développe une solution basée sur l’utilisation des techniques d’éclairage LED spécifiques à différentes longueurs d’onde dont les applications sont révolutionnaires.

Gaspillage alimentaire

« Nous avons fait le constat, explique Christine Roynette, que la planète compterait 10 milliards d’habitants d’ici 2050 , qu’une personne sur trois souffre de malnutrition et une sur dix d’une maladie d’origine alimentaire. Compte tenu de nos expériences passées, nous avons entrevu des solutions possibles. Nous avons réfléchi pendant un an sur la façon de mettre notre technologie au service de ces problématiques. » L’équipe d’ingénieurs se donne ainsi plusieurs défis : réduire le gaspillage alimentaire, prévenir les maladies liées à l’alimentation et mieux nourrir les hommes. « L’idée était d’offrir des aliments qui aient plus de goût, de meilleure qualité nutritionnelle tout en réduisant l’utilisation de produits chimi-ques », ajoute-t-elle. Le fruit de ces travaux qui ont duré un an, est donc Boxilumix,

« une solution durable, photobiologique, dont le but est d’apporter de la nourriture saine, en quantité suffisante et de qualité pour tous en réduisant les déchets et les pertes. »

Farm to fork

Entièrement digitalisée, la solution développée par Asclepios Tech a vocation à s’appliquer du champ à l’assiette. « Elle permet de décontaminer les fruits et légumes – voir les fleurs et les semences, d’augmenter la durée de conservation et la qualité des produits tout en réduisant fortement l’utilisation de produits chimiques et la survenance des maladies d’origine alimentaire.

Les légumes tels que les carottes ont vu leur durée de conservation prolongée de 4 jours dans un réfrigérateur à 28 jours lorsqu’ils sont traités 30 secondes au premier jour de la récolte avec Boxilumix. DR

En améliorant les propriétés nutritives des aliments, nous allons également pouvoir lutter contre des maladies non transmissibles comme le diabète, les maladies cardiovasculaires ou Alzheimer », détaille la dirigeante. La quinqua, qui a plusieurs créations d’entreprise à son actif, a réussi deux levées de fonds en fin d’année dernière et début 2021 pour un montant global de 230 K€. Elle peut désormais s’appuyer sur sept associés très actifs.
À partir de la solution générique qu’elle a développée, la start-up a mis sur le marché un premier produit, Boxilabix, dédié principalement aux laboratoires, qui peuvent avoir besoin d’effectuer des tests pour « adapter la solution à certaines problématiques telles que la décontamination de semen-ces » et aux petits volumes. 

Le Boxilabix est le premier produit commercialisé par Asclepios Tech à partir de la solution Boxilumix. DR

En parallèle, Asclepios Tech a conçu un deuxième produit capable de traiter de plus grandes quantités sous la forme d’un convoyeur doté d’un tunnel. « Ce deuxième produit est conçu et adapté en fonction des besoins des agriculteurs ou des producteurs. » Plusieurs tests sont en cours. Une fois terminés, un producteur, basé en Occitanie, devrait passer commande.
Asclepios Tech adresse à travers ses produits un très vaste marché. « Cela commence par les semenciers, puis les agriculteurs, les coopératives, les stations de traitement des fruits et des légumes, les entreprises de l’agroalimentaire pour le volet transformation où les problèmes de contamination sont nombreux, jusqu’aux centrales d’achat qui approvisionnent les supermarchés. » La solution d’Asclepios Tech intéresse aussi vivement certaines filières qui ne disposent pas de traitement pour telle espèce ou tel pathogène.
La start-up, qui emploie trois salariés, table sur un chiffre d’affaires de 6 à 20 M€ d’ici trois à cinq ans. « Une fourchette assez large, compte tenu de la taille du marché. Sur celui des fruits et légumes, on compte en effet en milliards de tonnes. C’est colossal », admet-elle. La dirigeante a déjà été sollicitée pour vendre sa solution à l’étranger, mais pour l’heure assure-t-elle, « c’est trop tôt. Mettons déjà la solution au point en France avant de partir à l’international. »

Agnès Bergon