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Avec Géoscopia, le toulousain Sogefi met l’information foncière à portée de tous grâce à l’IA

Innovation. L’éditeur de logiciels Sogefi lance Géoscopia, une plateforme qui combine cartographie et intelligence artificielle pour centraliser les données foncières et urbanistiques et en simplifier l’accès. Déjà présente auprès de 900 collectivités et de 7 000 utilisateurs, la PME mise sur le privé pour diversifier ses revenus, dans un contexte de ralentissement des investissements publics.

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À la tête de Sogefi, quatre dirigeants associés : Mathilde de Sulzer Wart, Vincent Robbe, Pierre Touzard, et Fabien Goblet. (©Sylvain Hennebel)

Créée à Toulouse en 1989, Sogefi conçoit des logiciels qui facilitent l’accès aux informations foncières et permettent d’évaluer le potentiel d’un terrain. Constructibilité, règles d’urbanisme, risques naturels, réseaux, transactions immobilières... l’entreprise rassemble des données géographiques souvent éparpillées entre plusieurs sources publiques pour les rendre directement exploitables. Son métier, la « géomatique » (à la croisée de la géographie et de l’informatique) consiste à transformer ces informations en outils d’aide à la décision. Ses clients historiques sont les collectivités territoriales et les géomètres-experts, mais aussi les bureaux d’études, les promoteurs immobiliers et les acteurs des énergies renouvelables.

L’éditeur toulousain, qui emploie 20 collaborateurs et dispose de trois agences à Moissac (Tarn-et-Garonne), Sarzeau (Morbihan) et bien sûr dans la Ville rose, a réalisé 1,7 M€ de chiffre d’affaires en 2025. Il revendique aujourd’hui « plus de 900 collectivités équipées et 7 000 utilisateurs » à travers ses différentes solutions. Parmi ses clients figurent notamment Géofoncier, la plateforme d’information foncière créée par l’Ordre des géomètres-experts, l’Établissement public foncier de Nouvelle-Aquitaine ou encore SMEG Énergie, opérateur historique de la Principauté de Monaco.

Historiquement, son activité repose sur deux gammes. « Mon Territoire » fournit aux collectivités des outils cartographiques pour gérer leur cadastre, suivre les permis de construire, référencer la voirie ou piloter leurs infrastructures. « Lumia », de son côté, s’adresse aux professionnels du privé en quête de foncier. La plateforme permet de rechercher des terrains selon des critères géographiques et thématiques, en croisant différentes couches d’information.

Géoscopia, le foncier en un clic

Accessibles directement sur le web via un identifiant et un mot de passe, ces deux solutions ne nécessitent aucune installation logicielle sur les postes des utilisateurs.« Depuis 2020, nous avons ouvert nos solutions à des usagers du privé pour faire profiter à tous de la puissance de l’open data », explique Mathilde de Sulzer Wart, directrice générale associée de Sogefi.

La société passe aujourd’hui à la vitesse supérieure avec « Géoscopia », une troisième gamme lancée il y a quelques semaines. Son ambition ? Rendre les données foncières accessibles sans imposer aux utilisateurs de maîtriser les outils cartographiques ni de naviguer entre une multitude de portails publics. Cadastre, documents d’urbanisme, transactions immobilières, risques naturels, données environnementales ou diagnostics de performance énergétique (DPE)... sont réunis dans une interface unique. L’objectif est de transformer une recherche parfois fastidieuse en un service à la demande, utilisable aussi bien par un professionnel aguerri que par un utilisateur occasionnel.

« Cette nouvelle solution s’adresse à tous ceux qui ont besoin de gérer de l’actif foncier ou qui ont la nécessité d’avoir de l’information sur un terrain avec précision », précise Mathilde de Sulzer Wart. Les utilisateurs visés vont des prospecteurs fonciers aux promoteurs immobiliers, en passant par les assureurs, les bailleurs sociaux, les agents immobiliers et les bureaux d’études. Un particulier souhaitant se renseigner sur une parcelle avant un achat peut également y trouver son compte.

Le premier changement est économique. Contrairement à Mon Territoire et Lumia, commercialisés principalement par abonnement, Géoscopia adopte « un modèle freemium fondé sur des crédits ». La création d’un compte est gratuite et donne accès à des crédits offerts quotidiennement pour découvrir les services. Pour aller plus loin, l’utilisateur achète des packs de crédits, sans abonnement ni engagement. Il paie ainsi en fonction de ses besoins.

L’IA au service de la parcelle

Sur le plan fonctionnel, Géoscopia s’appuie sur une carte interactive permettant de visualiser les parcelles cadastrales, les zonages des plans locaux d’urbanisme (PLU) ainsi que les contraintes réglementaires et environnementales. Mais la plateforme ne veut pas se limiter à une carte sur laquelle l’utilisateur superpose des couches de données. Elle intègre également un assistant conversationnel capable de répondre aux questions d’urbanisme « en langage naturel ». Une interrogation sur la constructibilité d’un terrain ou les servitudes qui s’y appliquent peut ainsi être formulée directement, sans devoir décrypter seul un règlement souvent très technique.

« L’intelligence artificielle intervient ici comme un outil d’analyse documentaire. L’assistant s’appuie sur les règlements d’urbanisme et tient compte du contexte de la parcelle, notamment de son emplacement et de sa superficie. Surtout, il restitue les références des documents utilisés, jusqu’aux pages concernées, afin que l’utilisateur puisse contrôler les éléments avancés  », détaille la dirigeante. Un garde-fou essentiel sur un sujet où une interprétation erronée peut avoir des conséquences financières importantes.

À noter que Géoscopia doit encore s’enrichir dans les prochains mois. Sogefi prévoit notamment d’ajouter un générateur de rapports fonciers exportables en PDF, un assistant capable de rechercher des parcelles à partir de plusieurs critères et des fonctionnalités de notification. Ces alertes pourront informer les utilisateurs de changement ou d’évolution sur un territoire donné, comme de nouveaux permis de construire, des diagnostics énergétiques ou des transactions immobilières recensées dans les demandes de valeurs foncières (DVF).

De nouveaux relais de croissance

Sogefi conserve par ailleurs une autre corde à son arc : les API géographiques. Ces interfaces permettent à des logiciels tiers d’intégrer directement ses données cartographiques et foncières. Un éditeur de logiciels immobiliers peut, par exemple, afficher des informations cadastrales dans sa propre application sans devoir construire lui-même toute l’infrastructure nécessaire. « À ces revenus s’ajoutent des prestations sur mesure, notamment pour les collectivités, autour de sujets comme l’adressage ou l’urbanisme », souligne Mathilde de Sulzer Wart.

L’enjeu, pour Sogefi, est désormais de transformer cette expertise en relais de croissance dans un contexte économique moins porteur. Les collectivités, qui constituent le socle historique de son activité, subissent en effet la baisse des dotations et reportent leurs décisions en raison des échéances électorales. Conséquence, elles freinent les prises de décision et les nouveaux projets. Dans ces conditions, la PME toulousaine vise avant tout à stabiliser son chiffre d’affaires en 2026.

Pour relancer la dynamique à partir de 2027, elle compte sur le développement de Lumia et de Géoscopia, avec l’ambition pour cette dernière de conquérir 5 % de son marché cible. La direction prévoit également de recruter deux chargés d’affaires afin d’accélérer la commercialisation de ces nouvelles offres.