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Banque Populaire Occitane : croissance record en 2025 et ambitions maintenues en 2026 malgré les incertitudes

Finance. 2,9 Md€ de crédits distribués, 45 700 projets financés, 410 M€ de PNB et un résultat net qui bondit à 92,5 M€ : en 2025, la Banque Populaire Occitane aligne les records et signe un millésime historique, porté par une nette reprise du financement et une solide performance financière.

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Catherine Mallet, présidente du conseil d’administration de la Banque Populaire Occitane et Christophe Bosson, directeur général de la Banque Populaire Occitane. (©Gazette du Midi)

La Banque Populaire Occitane boucle un exercice 2025 exceptionnel, à la croisée d’un redémarrage massif du crédit, d’une collecte record et d’une performance financière historique. Une année que son directeur général, Christophe Bosson, n’hésite pas à qualifier de « millésime historique », portée par un modèle revendiqué : celui d’une banque régionale de proximité, solidement ancrée dans son territoire [1] mais aussi résolument tournée vers le digital.

Une machine commerciale relancée à plein régime

Le signal le plus fort de 2025 reste la reprise du financement. Avec 2,9 Md€ de crédits distribués contre 2,3 Md€ un an plus tôt, la banque enregistre une accélération spectaculaire. « Notre production de crédits est repartie très fortement. C’est même la plus forte progression du réseau des Banques Populaires », insiste Christophe Bosson.

Au total, 45 700 projets ont été financés, soit un rythme soutenu : près d’un projet toutes les deux minutes et 10 secondes. Dans le détail, la dynamique est globale :

  • Crédit d’équipement (1,4 Md€, +21,4 %) : principal moteur de croissance, tiré par les entreprises.
  • Crédit immobilier (1,2 Md€, +35,9 %) : rebond marqué, notamment dans l’ancien.
  • Crédit à la consommation (272 M€, +8,9 %) : progression régulière.

Le dirigeant souligne la résilience du tissu économique local : « Ce qui nous a marqués, c’est la capacité des dirigeants à continuer d’investir malgré les incertitudes. Il y a une vraie logique de projection dans le temps long. » Une analyse partagée par la présidente du conseil d’administration Catherine Mallet :

Pour un chef d’entreprise, il y a une obligation permanente d’investir. La question, ce n’est pas de savoir si l’on investit, mais quand. »

Autre point structurant : l’équilibre des marchés. « Notre performance commerciale n’est pas tirée par une seule clientèle. Toutes nous ont portés. C’est ça qui fait la solidité de notre modèle », insiste Christophe Bosson. Un modèle qui repose sur des positions fortes : leader sur la promotion immobilière toulousaine, première banque de la fonction publique, deuxième pour l’agriculture. « Un artisan commerçant sur trois du territoire est client chez nous. »

L’autre pilier de cette performance réside dans la collecte, qui atteint 15,5 Md€ d’encours. Une progression modérée (+0,7 %), mais stratégique. « 2025 est une année record en matière de collecte. Et surtout, ce sont des ressources collectées localement que nous transformons directement en crédits pour le territoire », explique Christophe Bosson. Cette logique de circuit court constitue un marqueur fort : « Nous n’avons pas besoin d’aller chercher des financements sur les marchés. On reste fidèle à notre modèle : collecter ici pour financer ici. »

Des résultats financiers historiques

Dans ce contexte, les indicateurs financiers s’envolent. Le Produit Net Bancaire (PNB) atteint 410 M€ (+10,8 %). « C’est du jamais vu dans la banque », se félicite le directeur général. Le résultat net grimpe à 92,5 M€ (+25 %), deuxième meilleure performance historique. Le résultat brut d’exploitation dépasse, lui, les 150 M€ (+26,5 %). Au-delà des chiffres, « ce qui me plaît le plus, c’est que ces résultats sont la conséquence directe d’une vraie dynamique commerciale ».

Le coût du risque, en progression à 49,3 M€, reste maîtrisé. « La hausse est significative en valeur absolue, mais elle n’est pas alarmante », insiste l’intéressé. Le ratio, à 0,27 % des encours, demeure inférieur à la moyenne du réseau (0,29 %). « Cette augmentation est principalement due aux nouvelles règles de provisionnement statistique imposées par la Banque centrale européenne (BCE) pour chaque nouveau crédit, et non à une dégradation fondamentale du fonds de commerce de la banque », poursuit-il.

La solidité financière est confirmée par un ratio de solvabilité de 20,4 %. « Plus de 90 % de nos résultats sont réinvestis. C’est un choix stratégique qui renforce notre capacité à accompagner durablement l’économie régionale », se félicite Catherine Mallet.

Un maillage territorial dense… et en mutation

Avec 195 agences, la Banque Populaire Occitane revendique une présence exceptionnelle : une agence pour 17 000 habitants, contre 23 000 en moyenne dans le reste du groupe. « Nous sommes convaincus que la banque de réseau a encore de beaux jours devant elle », a d’ailleurs réaffirmé Christophe Bosson.

Mais cette proximité se réinvente. La banque engage une transformation fine de son réseau : regroupements, relocalisations, modernisation. « L’idée, ce n’est pas de réduire la voilure, mais d’être mieux positionnés, dans des zones plus dynamiques, avec plus de flux. » Un exemple concret : le regroupement de plusieurs agences à Tournefeuille pour créer un point de vente plus accessible. Et le dirigeant de rassurer : « Cela ne se traduit par aucune suppression d’emploi. » À terme, cette organisation doit permettre des équipes plus étoffées et des horaires élargis : « On veut pouvoir ouvrir plus longtemps, du lundi au samedi, avec plus de souplesse. »

Si la BPOC défend son ancrage physique, elle accélère sur le digital. Aujourd’hui, 80 % des services sont digitalisés. « Notre philosophie est simple : physique ou digital, c’est le client qui choisit. Nous n’imposons rien », résume Christophe Bosson. L’innovation passe aussi par l’apport de l’intelligence artificielle. « L’IA n’est pas là pour remplacer nos collaborateurs. Elle fait plutôt office de conseillé augmenté. Elle apporte plus d’efficacité, plus de fiabilité et de rapidité pour mieux servir le client. »

Ressources humaines : attirer, former, fidéliser

La dynamique passe aussi par les équipes. En 2025, la banque compte 1 940 collaborateurs et a réalisé 237 recrutements, dont 140 CDI. Pour attirer de nouveaux talents dans un secteur bancaire qui perd en moyenne 1 % de ses effectifs chaque année, la BPOC a fait évoluer ses pratiques RH ces dernières années avec un accent mis sur les "soft skills" :

Nous allons chercher des profils pour leurs qualités humaines, leur capacité relationnelle, leur potentiel commercial, plus que pour leurs compétences techniques pures. »

L’alternance s’impose également comme un levier stratégique, avec un taux de transformation de 30 %, illustrant la capacité de la banque à intégrer durablement ses jeunes talents. En parallèle, la fidélisation des équipes passe par un investissement soutenu dans la formation avec plusieurs millions d’euros qui y sont consacrés. « Il y a un vrai travail de fond pour accompagner les collaborateurs tout au long de leur carrière », déclare la direction, qui met en avant un modèle fondé sur la promotion interne et une culture d’entreprise solidement ancrée.

Autre fierté : la progression du sociétariat, avec le cap des 200 000 sociétaires franchi. C’est un recrutement de près de 2 800 personnes sur un an. « C’est notre meilleure performance de tous les temps », s’est réjouit Catherine Mallet : « Le sociétariat, c’est avant tout une adhésion à notre modèle. Il a fallu d’abord convaincre en interne, puis repartir à la conquête sur le terrain. Près de 30 événements dédiés ont ainsi été organisés sur nos huit départements. »

2026 : cap maintenu malgré les incertitudes

Pour 2026, la Banque Populaire Occitane affiche des objectifs ambitieux : 430 M€ de PNB et 100 M€ de résultat net. Mais le contexte se tend. « L’environnement géopolitique introduit de fortes incertitudes, notamment sur les taux », reconnaît la direction. Un ralentissement du crédit d’équipement est d’ailleurs déjà perceptible. Pour autant, la banque reste confiante. « Nous sommes en avance sur notre plan de marche. »

La stratégie reste inchangée : financement de l’économie régionale, accompagnement des transitions, renforcement du modèle coopératif. « Notre ambition reste claire : consolider notre position de banque régionale de proximité tout en renforçant notre modèle différenciant. Notre capacité à accompagner les transitions économiques, numériques et environnementales de nos clients sera au cœur de notre développement dans les années à venir », conclut Christophe Bosson.

[1La Banque Populaire Occitane est implantée dans huit départements : Aveyron, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne.