Entreprises

Déjà 31 restaurants et encore des ambitions pour Bertrand Franchise à Toulouse

Consommation. Avec plus de 1 200 restaurants dans l’Hexagone, Bertrand Franchise réunit 11 marques emblématiques, dont Burger King et Hippopotamus, et s’appuie sur la puissance de son réseau pour poursuivre son développement. À Toulouse, le groupe entend encore renforcer son implantation, tout en misant sur la complémentarité de ses enseignes et sur un modèle de franchise fortement structuré.

Lecture 6 min
Directeur général de Bertrand Franchise et du groupe Bertrand, Christophe Gaschin était de passage à Toulouse le 25 août dernier. Ici, dans le restaurant Volfoni, place Wilson. (©Gazette du Midi)

En plein cœur de Toulouse, entre la place Wilson et le boulevard de Strasbourg, les enseignes Burger King, Hippopotamus et Volfoni se côtoient à quelques mètres de distance. Derrière cette diversité apparente se cache un même acteur : Bertrand Franchise, filiale du Groupe Bertrand, détenu par Olivier Bertrand. Avec plus de 1 200 restaurants, 3 Md€ de ventes sous enseigne et un rythme effréné de 150 ouvertures annuelles – soit un nouvel établissement tous les deux jours –, le groupe est un poids lourd français de la restauration en franchise.

Fort aujourd’hui de 11 marques, dont Au Bureau, Jōyō, Léon, Le Paradis du Fruit, Hanoï Cà Phê, Meatpack Steakhouse, Pitaya et Chik’Chill, le groupe s’appuie sur un portefeuille diversifié qui traduit une stratégie claire, à savoir couvrir l’ensemble des attentes des consommateurs et mailler le territoire de manière intelligente. « Nous visons des concepts pérennes, pas des modes passagères », précise son directeur général Christophe Gaschin, de passage dans la métropole fin août.

11 marques pour une couverture complète du marché

Bertrand Franchise mise sur un mix de marques propres, comme Au Bureau et Volfoni, et de master franchises, à l’image de Burger King et du Paradis du Fruit. Cette diversité permet de répondre à différents moments de consommation et d’offrir aux franchisés des modèles éprouvés. L’enseigne américaine constitue néanmoins le principal moteur du développement, avec environ la moitié des nouvelles ouvertures du groupe.

Le réseau franchisé, qui compte près de 45 000 collaborateurs (contre 6 000 en succursale), constitue le moteur de cette expansion. Pour Christophe Gaschin, la réussite repose sur un triptyque immuable : « l’emplacement, la marque et l’humain ». Une équipe dédiée traque les meilleurs sites, tandis que le groupe privilégie des enseignes leaders ou challengers, mais toujours complémentaires. Quant aux franchisés, ils sont soigneusement sélectionnés pour leur profil commercial et gestionnaire, souvent issus de la reconversion professionnelle.

Un accompagnement sur mesure

L’accompagnement des franchisés est complet. Il comprend l’aide au financement, l’élaboration du business plan, la recherche d’emplacement et la formation initiale et continue via Bertrand Franchise Formation. Le groupe propose également un soutien en cas de difficulté. Pour pallier les tensions du marché de l’emploi, des cabinets de recrutement internes ont été mis en place.

Autre innovation, le Fonds Développement Franchise permet aux candidats disposant d’un apport limité de bénéficier d’un prêt subordonné, sans garantie, remboursable après la dette bancaire. Les contrats, d’une durée de sept à 10 ans, sont renouvelables à plus de 99 %. Une particularité existe pour Burger King, dont les franchisés sont locataires-gérants du fonds de commerce. Pour les autres marques, ils en sont propriétaires.

Toulouse, un territoire clé

Avec 31 restaurants (dont 12 Burger King et huit Pitaya), l’agglomération toulousaine génère environ 70 M€ de chiffre d’affaires et 740 emplois directs. Toulouse intra-muros en compte dix, notamment autour de la place Wilson, mais aussi à Purpan, Gramont, la Cartoucherie, Montaudran et le Capitole. En périphérie, Blagnac se distingue avec cinq enseignes différentes, tandis que le Sicoval et le Muretain Agglo accueillent les autres établissements.

Malgré cette densité, le groupe voit encore des opportunités. « La métropole conserve un fort potentiel », estime Christophe Gaschin. Cependant, chaque projet demande du temps. Entre un et deux ans peuvent en effet s’écouler entre les négociations et l’obtention des autorisations administratives. En Occitanie, où le groupe est présent dans la plupart des préfectures, les contraintes d’urbanisme limitent parfois le développement.

Adaptation et innovation face aux défis du marché

Dans un contexte où la consommation hors domicile représente 32 % du marché en France, Bertrand Franchise mise sur des prix accessibles, grâce aux économies d’échelle de sa centrale de référencement. Le groupe recommande également à ses franchisés d’éviter les hausses de tarifs, qui pourraient nuire à la fréquentation.

Face aux critiques sur le « fast-food », Christophe Gaschin défend la qualité des produits, le sourcing français et une expérience client préservée malgré un service rapide. La digitalisation renforce cette approche. Lancée récemment, l’application La Bonne App permet d’accumuler des points de fidélité utilisables dans toutes les enseignes, augmentant la fréquence de visite des clients, de 2 à 2,5-3 passages par an.

À Toulouse, où le réseau est déjà bien implanté, l’enjeu n’est plus tant la conquête que l’optimisation du maillage : « trouver les bons emplacements, au bon moment, pour les bons concepts ».