Entreprises

Bilan 2024-2025 : Gersycoop stabilise ses résultats et déroule une feuille de route ambitieuse

Agriculture. Malgré une agriculture française sous forte pression, la coopérative céréalière Gersycoop clôt un exercice 2024-2025 solide et se projette vers l’avenir avec un cap assumé : consolider la croissance et accélérer sa transformation.

Lecture 5 min
Jean-Jacques Peyret, président de Gersycoop (à gauche) aux côtés de David Poques, directeur général. (©Gersycoop)

Née en 2008, la coopérative céréalière Gersycoop a grandi avec son territoire. Dix-sept ans plus tard, elle revendique 1 000 adhérents, 120 salariés et une place à part dans le paysage agricole gersois. À l’occasion de son assemblée générale du 9 décembre 2025, la coopérative a rendu public son bilan 2024-2025, marqué par un mot-clé : le rebond.

Car l’exercice écoulé n’avait rien d’évident. « Instabilité des marchés, aléas climatiques, tensions autour de la PAC, volatilité des prix » : le décor est posé. Dans un environnement sous haute tension, Gersycoop a opté pour une stratégie offensive plutôt que l’attentisme. Objectif : ne pas subir. Réorganisation interne, clarification des missions, travail sur les coûts, montée en compétences et rajeunissement de la gouvernance (l’âge moyen des administrateurs est désormais de 42 ans) ont constitué l’ossature d’un redéploiement assumé, expliquent Jean-Jacques Peyret et David Poques, respectivement président et directeur général de la coopérative.

Un bilan solide et des filiales en mouvement

Résultat : les trois sociétés du groupe dégagent un résultat positif. Le chiffre d’affaires consolidé atteint 64,9 M€, pour un résultat net de 256 K€. L’excédent brut d’exploitation s’élève à 721 K€ et la capacité d’autofinancement grimpe à 1,5 M€. Le bilan reste solide, avec 23,3 M€ de capitaux propres et un endettement à long terme en baisse de 1,2 M€. Des chiffres qui traduisent une stabilisation après une période chahutée.

Cette dynamique s’appuie sur un groupe structuré autour de plusieurs activités complémentaires. Aux côtés de la coopérative, Gasco s’affirme comme un acteur majeur de l’élaboration et de la commercialisation d’aliments pour animaux de compagnie et volailles. La filiale Gasco Nature développe un réseau de jardineries et de points de vente de proximité - à Auch, Mirande, Fleurance et en milieu rural - mêlant alimentation animale et produits de terroir. Enfin, Gersyfret, basée à Mirande, assure le volet transport et logistique, spécialisé dans les céréales, semences, engrais et produits phytosanitaires, au service de la coopérative, de ses adhérents et de ses filiales.

Sur le terrain, l’activité économique confirme cette dynamique. Le chiffre d’affaires approvisionnement progresse à 14,7 M€. Malgré une météo compliquée et des rendements hétérogènes, la coopérative a accompagné ses adhérents face à la tension des marchés mondiaux, en mettant à disposition des outils d’aide à la décision pour « détecter les opportunités et sécuriser les marges ».

Innovation et agroécologie : les piliers de l’avenir

Mais c’est sans doute sur le volet agronomique que Gersycoop entend continuer à faire la différence. Forte d’une équipe technique structurée, la coopérative a conduit près de 2 000 micro-parcelles d’expérimentation, testé de nouvelles variétés et lancé ses premiers essais systèmes pluriannuels autour des couverts végétaux. Plus de 4 500 hectares ont bénéficié d’outils de pilotage (azote, météo spatialisée, optimisation des itinéraires techniques), illustrant la montée en puissance des démarches agroécologiques sur le territoire.

Pour Jean-Jacques Peyret, ce bilan valide les choix opérés : « L’année 2024-2025 démontre notre capacité à faire face collectivement aux chocs et aux incertitudes. La coopérative a su rebondir, retrouver de la stabilité et affirmer son rôle de pilier dans le Gers. » Et d’insister sur la finalité : « Sécuriser l’avenir des exploitations et préserver le tissu agricole local face aux aléas climatiques et économiques. »

L’exercice à venir s’inscrit dans cette continuité, mais sans « triomphalisme ». Gersycoop affiche quatre priorités : consolider son organisation économique, accélérer la transition agroécologique, renforcer les filières locales (Gasco, soja toasté, céréales sans insecticides, bio) et maintenir une forte proximité terrain. Un équilibre entre innovation et ancrage local, dans un contexte qui reste incertain.

David Poques résume l’état d’esprit : « Nous avons engagé une transformation profonde qui porte déjà ses premiers effets. » Avant d’ajouter, lucide : « Les récoltes 2025 ont été diminuées par la sécheresse et la grêle, ce qui nous impose de rester particulièrement vigilants. » Un message de prudence, mais aussi de méthode, pour une coopérative qui avance sans bruit, mais sans renoncer à ses ambitions.