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141e année

Bio-UV rachète le toulousain Corelec

Entreprises. L’Héraultais ambitionne de bâtir le leader français du traitement de l’eau de piscine sans chimie.

Plus de 200000 piscines ont été construites en France en 2020.

Spécialiste des systèmes de traitement et de désinfection de l’eau et des surfaces par ultraviolets, ozone et procédés d’oxydation avancée (AOP), le groupe Bio-UV, basé à Lunel, dans l’Hérault, vient d’annoncer l’acquisition effective de 100 % du capital de la société toulousaine Corelec. Forte de 25 collaborateurs, celle-ci est, depuis plus de 20 ans, l’un des principaux constructeurs français de solutions électroniques de traitement des eaux de piscines, avec une gamme complète d’électrolyseurs de sel et de systèmes de régulation de pH sous la marque Akeron. La société a ainsi commercialisé 15 000 électrolyseurs au sel en 2021. Corelec propose également des pompes à chaleur haut de gamme sous la même marque.

En intégrant l’un des leaders sur son secteur, reconnu pour son expertise et ses produits, et en faisant l’acquisition d’une technologie (l’électrolyse de sel) sans chimie ajoutée pour le traitement de l’eau, complémentaire des technologies ultraviolet et ozone qu’il utilise déjà, le groupe Bio-UV se renforce significativement en prenant une position clé sur le marché de la piscine privée en France et très rapidement à l’export. De fait, suite à cette acquisition, Bio-UV, société cotée sur le marché Euronext Growth à Paris, voit son chiffre d’affaires bondir pour atteindre 44 M€ en 2021 tandis que sa marge d’Ebitda s’élève à plus de 15%.

Combiner le meilleur des technologies UV, Ozone & Électrolyse

À travers cette opération, l’ambition de l’Héraultais est clairement de créer le premier acteur français pour le traitement de l’eau de piscine sans chimie ajoutée. De fait, avec près de trois millions de bassins aménagés, la France constitue le premier marché européen et le second marché mondial après les États-Unis. Plus de 200 000 piscines ont été construites en France en 2020, soit une progression de plus de 20 %, et la tendance ne semble pas s’infléchir puisque le secteur enregistre à nouveau une forte croissance en 2021. Coeur de métier de Corelec, les solutions à base d’électrolyse de sel équipent aujourd’hui une majorité des nouveaux bassins construits.

Les synergies commerciales attendues pour la division Terrestre (1) de Bio-UV, qui a réalisé une année 2021 particulièrement dynamique, enregistrant plus de 26 % de croissance organique au premier semestre grâce à un marché de la piscine privée en forte croissance, sont importantes tant les technologies, les positions sur le marché, les réseaux de distribution et les couvertures géographiques des deux sociétés sont parfaitement complémentaires. Ce rapprochement va permettre également d’accélérer le développement d’O’Clear, solution innovante haut de gamme de Bio-UV qui combine les technologies d’ultraviolets et d’électrolyse de sel à très basse salinité. Enfin, à travers cette acquisition, le groupe pénètre également le marché des pompes à chaleur, une activité complémentaire qui représente déjà près de 20% de l’activité de Corelec moins de deux ans après son lancement et qui sera commercialisée dès 2022 auprès du réseau de distribution de Bio-UV en France et en Europe.

De son côté, Corelec connaît une forte croissance, exclusivement organique, de 50% en moyenne par an sur ses trois derniers exercices. À l’issue de son exercice 2020/21 (clos le 31 mars 2021), la société a enregistré un chiffre d’affaires de 7,7 M€ en progression annuelle de 85%. Ce fort développement s’accompagne d’une rentabilité élevée, matérialisée par une marge d’Ebitda de 21 % en 2019/2020, portée à 32 % en 2020/21 sous l’effet de la forte croissance de l’activité et d’une gestion maîtrisée. Sur les neuf premiers mois de l’année 2021, Corelec a d’ores et déjà réalisé un chiffre d’affaires de 10 M€, en croissance de 93% par rapport à la même période en 2020, et une rentabilité très significative avec une marge d’Ebitda supérieure à 30 %. L’acquisition a été financée pour l’essentiel en numéraire, à partir de la trésorerie disponible de Bio-UV et par recours à de la dette bancaire.

(1) Les gammes d’équipements développées par Bio-UV visent plusieurs marchés : le terrestre, le maritime et les surfaces.

Agnès Bergon