Bohr Energie boucle un tour de table de 10 M€ pour accélérer sa croissance en France et à l’international
Énergie. Fort d’un chiffre d’affaires de 7 M€ l’an dernier, la société toulousaine spécialisée dans l’agrégation de la production d’électricité renouvelable change d’échelle. Elle vise 1 GW d’actifs sous gestion à fin 2026 avec dans son viseur également les marchés espagnol et italien.
Engagée à partir de la fin des années 1990 sous l’impulsion des directives européennes, la libéralisation du marché de l’électricité a favorisé l’émergence de nouveaux acteurs dont les agrégateurs. Leur rôle ? Regrouper les capacités de production, de consommation ou de stockage de plusieurs producteurs afin de les valoriser sur les marchés de l’énergie.
Leur développement s’est accéléré ces dernières années avec l’essor des énergies renouvelables (EnR). En effet, selon la Commission de régulation de l’énergie, la grande majorité des producteurs d’EnR ne disposent pas des compétences en interne pour agir directement sur les marchés et font donc appel à des agrégateurs pour commercialiser l’énergie.
C’est dans ce contexte porteur qu’a vu le jour le toulousain Bohr Energie. Fondée en 2022 par Julien Haure, Luis Urday, Julien Chollet et Jean-Pierre Mader, l’entreprise accompagne les exploitants de taille intermédiaire – ceux disposant de puissances installées comprises entre 100 kW et 30 MW – dans l’accès aux marchés de l’électricité et leur permet, grâce à sa plateforme propriétaire, de mieux piloter leurs actifs solaires, éoliens, hydrauliques ou de stockage.
Un business florissant puisque Bohr Energie a doublé son chiffre d’affaires l’an dernier, soit 7 M€ en 2025, et gère aujourd’hui plus de 170 actifs. « Cette dynamique confirme la pertinence de notre modèle dans un marché de l’énergie de plus en plus fragmenté, décentralisé et volatil », précise l’entreprise dans un communiqué daté du 8 juillet.
Une ambition de 1 GW sous gestion fin 2026
Fort de ces bons résultats, la PME a de grandes ambitions : passer de 200 MW sous gestion en début d’année à 1 GW à fin 2026. À cette échéance, elle vise également les 20 M€ de chiffre d’affaires ainsi qu’un doublement de ses effectifs pour atteindre une quarantaine de collaborateurs.
Pour franchir ce nouveau cap et accélérer sa croissance, elle vient de réaliser une levée de fonds de 10 M€. Le tour de table réunit Suma Capital, via son fonds SC Net Zero Ventures, la société toulousaine Irdi Capital Investissement, GSO Innovation (groupe Crédit Agricole) et Crédit Agricole Toulouse 31. Les investisseurs historiques Varsity, Founders Future et AFI Ventures participent également à l’opération.
Ces moyens nouveaux doivent lui permettre d’asseoir sa position en France tout en accélérant son développement à l’international avec deux cibles prioritaires, l’Espagne et l’Italie, deux marchés où les capacités de production renouvelable et de stockage connaissent une forte croissance.
Miser sur l’IA pour enrichir l’offre
Bohr Energie prévoit également d’investir dans le développement de sa plateforme technologique, en renforçant ses capacités en intelligence artificielle, en prévision et en optimisation des actifs.
« La volatilité des prix de l’énergie, l’évolution du cadre réglementaire et la complexité croissante des marchés de l’électricité rendent la coordination et l’optimisation des actifs renouvelables et flexibles distribués de plus en plus nécessaires pour améliorer l’efficacité, la stabilité et la compétitivité du système électrique », confirme Julien Haure, CEO de Bohr Energie.
L’objectif est de proposer de nouveaux services de gestion d’actifs et d’accès aux marchés de l’électricité afin de devenir « un acteur européen de référence », dans un contexte où l’intégration des énergies renouvelables constitue l’un des principaux défis de la transition énergétique.