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140e année

Bouyer Montauban, quand sonorisation rime avec sécurité

Industrie. En gare, dans les aéroports, les supermarchés, sur le porte-avion Charles de Gaulle... Vous ne verrez pas Bouyer Systèmes et Industrie, vous l’entendrez. L’entreprise montalbanaise transporte du son depuis 1933. Elle a retrouvé ses couleurs et son plan de développement lui permet de voir l’avenir sereinement. Elle recrute des électroniciens.

L'entreprise développe la miniaturisation des équipements.
L’entreprise développe la miniaturisation des équipements. dr

L’entreprise est spécialisée dans la diffusion de son sur de grands espaces, grâce aux lignes 100 volts. « Nous n’avons rien inventé de mieux depuis 1933, date de création de la technologie et de l’entreprise par Paul Bouyer », se réjouit Pierre-Michel Ghilardi, le directeur de Bouyer Systèmes. L’entreprise regroupe deux entités : systèmes et industrie. L’une conçoit des systèmes de diffusion de messages à caractère publicitaire, la sonorisation de grands magasins par exemple – ce qui sert à appeler les parents du petit Léo. L’autre entité est spécialisée dans la détection d’incendie couplée à l’annonce vocale de messages d’alerte. « Nous sommes multi compétences, ajoute David Loustaunau, directeur de Bouyer Industrie. La partie liée à la sécurité est régie par des normes très strictes, allant bien au-delà des contraintes européennes ou internationales ». L’entreprise appartient au groupe DEF, leader de la sécurité incendie. En difficulté dans les années 2010, après plusieurs rachats successifs émanant de fonds de pension, Philippe Lécuyer a acheté l’entreprise et injecté 10 M€.

« On va garantir l’intelligibilité d’un message et non son audibilité », explique Pierre-Michel Ghilardi, directeur de Bouyer Systèmes. « Nos haut-parleurs sont fabriqués à 85 % sur le territoire national. On travaille avec l’Esim au Mans, seule école d’acoustique en France. Nous sommes aussi les seuls à disposer d’une chambre anéchoïque dans l’Hexagone, à savoir une pièce sourde d’expérimentation sonore ».

La puissance ne fait pas le son : il ne s’agit pas de faire du bruit

« On va garantir l’intelligibilité d’un message et non son audibilité », explique Pierre-Michel Ghilardi. Tous les systèmes électroniques sont conçus et développés à Montauban. « Nos haut-parleurs sont fabriqués à 85 % sur le territoire national. On travaille avec l’Esim au Mans, seule école d’acoustique en France. Nous sommes aussi les seuls à disposer d’une chambre anéchoïque dans l’Hexagone, à savoir une pièce sourde d’expérimentation sonore ».
Grande tendance ces dernières années, la miniaturisation des équipements. L’entreprise travaille sur des modèles de petite dimension mais costauds. « Nous développons un amplificateur de 2000 watts de seulement trois centimètres qui permet de gagner de la place dans les armoires électroniques.  »
L’entreprise souhaite développer ce marché de la miniature vers les hôtels, les musées et les chaînes thermales. Ils pourront choisir leur ambiance musicale en fonction de leur environnement, tout est pilotable à distance. « On travaille avec des architectes pour développer des haut-parleurs dans les murs, les portes, etc. », ajoute, de son côté, David Loustaunau.

Une puissance à l’international

« Nous avons cette chance d’être franco-français, sourit Pierre-Michel. Nous sommes très compétitifs et agiles, capables de nous positionner rapidement sur un marché. » Ce savoir-faire français est aussi largement apprécié à l’international : des bases militaires sont équipées en Bouyer au Koweït, de même que le métro de Manille, de Singapour…
« En France, il y a un gros réveil des collectivités cette année pour équiper les bases militaires, les centrales nucléaires, etc. », précise Pierre-Michel Ghilardi. Un des prochains gros chantier sera toulousain, avec la réfection du système de sonorisation du centre commercial de Toulouse Gramont.
L’entreprise affiche un CA de10 M€, le plan de développement prévu jusqu’en 2024 est sur les rails. L’objectif est d’atteindre la centaine de salariés et de recruter une quarantaine de collaborateurs du niveau BEP à ingénieur en électronique.

Dorisse Pradal