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141e année

Cellulopack prépare l’emballage du futur

Logistique. L’entreprise Cellulopack, installée à Castelsarrasin et bientôt (fin 2022) également à Campsas, en Tarn-et-Garonne, est positionnée sur un marché en mouvement, celui de l’emballage. Spécialiste de la cellulose moulée, l’entreprise joue la carte de l’innovation en France et à l’international : le chiffre d’affaires a doublé ces deux dernières années.

Le porte-gobelet de Cellulopack représente 35 % du chiffre d’affaires à l’export. DR

« Quand on a lancé l’activité en 2013, on pressentait que nous étions dans la tendance, qu’il allait falloir remplacer le plastique par des solutions plus écologiques », explique Olivier Mas, le dirigeant de Cellulopack. En effet, la loi Agec (loi antigaspillage pour une économie circulaire) prévoit la fin du plastique à usage unique d’ici à 2040. Le porte-gobelet est le produit phare de Cellulopack. Il représente 35 % du chiffre d’affaires à l’export.

« Notre gros concurrent sur ce produit, c’est la Chine mais depuis le Covid, on est avantagé par le contexte, explique Olivier Mas. Produire des emballages écologiques en France a du sens, leur faire traverser la planète, beaucoup moins. » Cellulopack est une entreprise familiale : Olivier Mas, ancien auditeur financier passé chez KPMG et Airbus, est accompagné par son beau-père, Jean-Paul Mari, fondateur de l’Univers de l’Emballage à Moissac.

Des emplois à venir à Campsas, sur le second site

Avoir une conscience écologique fait partie de l’ADN de l’entreprise. « C’est un atout majeur pour le recrutement, ajoute le dirigeant, fabriquer des produits écologiques attire des candidats qui ont la fibre verte ». Le dirigeant reconnaît toutefois qu’il est difficile de recruter dans les métiers liés à l’industrie. L’entreprise recherche des conducteurs de lignes. Cela ne nécessite pas de grosses capacités physiques, mais le travail posté peut parfois être un frein pour certains collaborateurs. Dès cet été, l’entreprise va recruter une dizaine de salariés à Castelsarrasin et les former sur les machines. Ils devront être opérationnels pour le second site de Campsas qui ouvrira en fin d’année. « Les deux entités vont fabriquer de la cellulose moulée, le site actuel va se concentrer sur le papier recyclé et le nouveau sur la pâte vierge, une pâte issue directement du bois », explique Olivier Mas.

« Notre objectif est de nous diversifier pour avoir un panel de clients très varié. Nous avons toutes les raisons d’être optimistes, la demande est forte, il y a des besoins partout »

Cellulopack utilise du papier pour fabriquer ses produits, soit du recyclé provenant du Sud-Ouest de la France, soit du bois issu de forêts durablement gérées. Le site de Campsas orientera sa production vers les emballages en contact avec les aliments. Les normes sont très strictes sur le papier recyclé : il ne doit pas toucher la nourriture. Les produits finis sont compostables et biodégradables. Les barquettes ont reçu le label écologique OK Compost. L’entreprise est bien implantée sur le marché des cantines scolaires où, au 1er janvier 2025, les barquettes alimentaires en plastique seront interdites.

Pas besoin de démarcher

« Commercialement, on doit suivre, ajoute Olivier Mas. Depuis trois ans, on ne fait que réceptionner les appels entrants. » L’entreprise affiche un chiffre d‘affaires de 2,5 M€ pour 2021. Le nouveau site de Campsas va permettre de doubler la capacité de production. La force de l’entreprise est de pouvoir mouler toutes les formes, de faire du surmesure. Elle va notamment développer des capsules enfermant des billes de trichogrammes, des insectes utilisés en agriculture biologique pour protéger les cultures. La conserverie Daucy lui confie, pour sa part, ses « cocotines », une gamme de contenants recevant des oeufs précuits destinés aux collectivités.

Cellulopack a également lancé une barquette pour les nectarines, les avocats vont suivre… L’entreprise tarn-et-garonnaise aimerait se développer sur le marché des cosmétiques et des spiritueux, ce qui semble bien parti. Olivier Mas a ainsi conçu un packaging pour le champagne Bollinger, des cales pour les calendriers de l’Avent de la marque L’Occitane. « Notre objectif est de nous diversifier pour avoir un panel de clients très varié. Nous avons toutes les raisons d’être optimistes, la demande est forte, il y a des besoins partout », ajoute Olivier Mas.

Dorisse Pradal