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Ceveop, « le Bon Coin » de l’inventaire signe un partenariat avec les hôpitaux de Paris

Logiciel. Depuis 2024, la start-up toulousaine Ceveop a créé un outil boosté à l’intelligence artificielle pour gérer et inventorier le matériel, notamment dans les hôpitaux. Elle vient de marquer un grand coup en signant un contrat avec le groupe hospitalier AP-HP Sorbonne Université. L’entreprise vise 1,3 M€ de chiffre d’affaires pour 2028.

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Ce nouveau partenariat avec le groupe hospitalier AP-HP Sorbonne Université vient s’ajouter à la douzaine de CHU dans lesquels Ceveop a déployé sa solution d’inventaire numérique. (©Ceveop)

« Pourquoi investir dans des équipements neufs alors que du matériel attend déjà en réserve ? » C’est sur cette question qu’Audrey Bellan et Adrien Lefèvre se sont appuyés pour fonder Ceveop en 2024, depuis Montrabé dans la banlieue toulousaine. Lauréate des Trophées de la e-santé 2025 et soutenue par Bpifrance et le fonds d’amorçage Crealia Occitanie, la start-up a développé un logiciel SaaS (accessible depuis une page web) capable de piloter le cycle de vie du matériel hospitalier. Ce dernier entend ainsi remplacer les systèmes d’inventaire sur Excel. L’objectif ? Aider les établissements à mieux utiliser leurs ressources plutôt que de consommer davantage.

Les deux fondateurs, anciens salariés du service support du CHU de Toulouse, ont d’abord déployé leur outil dans l’établissement de la Ville rose, avant de l’exporter dans une douzaine d’autres hôpitaux, comme le Centre hospitalier régional Metz-Thionville. La plateforme a permis à la structure de réaliser une économie estimée à 100 000 €, affirme Ceveop dans un communiqué de presse publié le 31 mars dernier.

La jeune pousse y annonce la signature d’un nouveau contrat avec le groupe hospitalier AP-HP Sorbonne Université, qui comprend notamment le plus grand CHU de France, l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (2 229 lits, 367 places de jour et 73 services répartis sur 11 pôles). Le groupe inclut également l’hôpital universitaire Saint-Antoine.

« Le Bon Coin du CHU »

Accessible à tous les collaborateurs des deux hôpitaux, la plateforme permettra d’identifier le matériel mobilier dormant, de faciliter sa redistribution entre services et d’améliorer la planification logistique. En détail, l’outil, qui se veut être « le Bon Coin du CHU », repose sur un QR Code boosté à l’intelligence artificielle permettant d’identifier le matériel de l’hôpital. En plus de l’économie financière, Ceveop promet une réduction de l’impact environnemental de 60 tonnes de CO₂ par an, soit l’empreinte annuelle moyenne de neuf Français.

Inscrite dans le cadre de la loi « Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire » (Agec), cette logistique optimisée a largement séduit la direction du groupe hospitalier parisien. « Intuitif et simple, cet outil permet aux services de soins d’être acteurs, à leur échelle, d’une économie circulaire vertueuse », souligne ainsi Canelle Legallais, directrice adjointe des achats, de la logistique et du développement durable du groupe hospitalier.

600 000 € d’économie

« Être choisis par le groupe hospitalier Sorbonne Université de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris est un vrai gage de confiance, une reconnaissance qui nous motive à accélérer notre développement et à nous ouvrir vers de nouveaux marchés, car les besoins dépassent largement le milieu médical », se félicite Audrey Bellan, directrice générale de Ceveop qui annonce viser les 1,3 M€ de chiffre d’affaires pour 2028.

Interrogée par nos confrères de La Dépêche, la cheffe d’entreprise a aussi estimé qu’« en deux ans, 600 000 € d’achats ont été évités, avec une réduction de l’empreinte carbone équivalente à 350 tonnes ». Un résultat qui a valu à la start-up un prix de la Fédération hospitalière de France.

Fort de ce nouveau partenariat stratégique, le Haut-Garonnais vise désormais de nouveaux marchés, tels que les administrations publiques (mairies, universités, régions), mais aussi les acteurs du privé et les métiers de l’inventaire. Globalement, la société pourrait agir comme un levier de performance économique, opérationnelle et environnementale. Elle table ainsi la signature d’une soixantaine de nouveaux contrats dans les deux prochaines années et ambitionne de devenir un acteur incontournable de la performance durable.

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