Chaleur décarbonée : Eco-Tech Ceram renforce son outil industriel avec l’acquisition de Divina
Acquisition. La PME toulousaine spécialisée dans la récupération et la production de chaleur décarbonée prend le contrôle de la chaudronnerie industrielle Divina, basée dans le Tarn. Cette opération doit lui permettre de sécuriser sa production, de réduire ses délais de fabrication et d’accompagner son ambition de franchir les 80 M€ de chiffre d’affaires d’ici 2032.
Expert en efficacité énergétique et en valorisation de la chaleur fatale, Eco-Tech Ceram (ETC) concrétise une nouvelle phase de son développement. Un an après sa levée de fonds de 16 M€ et le lancement d’un plan d’accélération commercial et opérationnel ambitieux, la deeptech toulousaine annonce l’acquisition de la chaudronnerie Divina, son partenaire historique basé à Albi. Cette opération stratégique lui permet de maîtriser l’ensemble de sa chaîne de valeur, de la recherche et développement à la fabrication, et de renforcer son positionnement d’acteur industriel de la chaleur décarbonée.
Au cœur de son activité, ETC (une vingtaine de salariés) déploie, en complément de ses audits énergétiques, deux solutions innovantes : Eco-Stock, un système breveté de stockage thermique haute température permettant de capter et de réinjecter la chaleur perdue dans les procédés industriels, et le Power-to-Heat, une technologie d’électrification intelligente qui convertit l’électricité en chaleur haute température à partir des surplus disponibles sur le réseau, notamment en heures creuses.
Sécuriser sa chaîne d’approvisionnement
Spécialisée dans la fabrication de pièces chaudronnées et mécano-soudées, Divina dispose d’un savoir-faire spécifique, ainsi que de machines et d’outillages dédiés. Son offre couvre la conception, la fabrication et la mise en place de tuyauteries et d’équipements de chaudronnerie industrielle, aussi bien pour des pièces unitaires que pour des petites et moyennes séries.
Fondée par Tulio Divina dans les années 30, l’entreprise a évolué sous la direction de Claude Divina à partir de 1969, avant d’être reprise par Charles Dottridge, devenu actionnaire majoritaire en 2015. Entre 2019 et 2021, la société a mené un important plan d’investissement, modernisant ses infrastructures et adoptant une organisation alignée sur les principes de « l’Industrie du futur 4.0 », en partenariat avec la CCI et la société Toptech.
En internalisant cette expertise, Eco-Tech Ceram sécurise sa capacité de production et accélère le déploiement de ses technologies, tout en réduisant les délais de fabrication. Pour les Eco-Stock, ceux-ci passent ainsi « de trois mois à un mois et demi », un gain significatif pour les industriels qui cherchent à optimiser leur retour sur investissement.
« Produire plus vite, à meilleur coût »
Cette acquisition prolonge la dynamique engagée après le tour de table clôturé en juin 2025. Elle renforce également l’ancrage d’ETC en Occitanie, avec la préservation des 12 emplois de Divina et de son savoir-faire centenaire.
Fabienne Di Santo, directrice générale d’ETC, souligne l’importance de cette étape : « Avec Divina, nous ne sommes plus seulement un bureau d’études. Nous devenons un industriel complet, maître de toute notre chaîne de valeur, ce qui nous permet de produire plus vite, à meilleur coût, tout en protégeant notre technologie. » Pour Charles Dottridge, dirigeant de la chaudronnerie, cette intégration représente une opportunité naturelle :
Rejoindre ETC, c’est prolonger notre partenariat historique et offrir à nos équipes une nouvelle ambition industrielle, tout en continuant à servir nos clients traditionnels avec des moyens renforcés. »
Objectif : 80 M€ de CA d’ici 2032
Les résultats d’Eco-Tech Ceram parlent déjà d’eux-mêmes avec huit installations en service, plus de 100 000 heures de fonctionnement cumulées et 1,5 M€ d’économies générées pour des clients de référence tels qu’ArcelorMittal, Thyssen Group ou Wienerberger. Avec cette opération de croissance externe, la PME franchit une nouvelle étape dans son ambition de s’imposer comme un acteur majeur de la décarbonation industrielle en Europe.
Au-delà du rapprochement entre deux expertises complémentaires, l’enjeu est aussi national. À savoir, contribuer à faire émerger une filière française intégrée, capable de proposer aux industriels une chaleur décarbonée clé en main, tout en réduisant leur exposition à la volatilité des prix de l’énergie. Une trajectoire qui doit notamment permettre à Eco-Tech Ceram de poursuivre son développement et de viser 80 M€ de chiffre d’affaires à l’horizon 2032.
Un positionnement qui prend une résonance particulière dans un contexte de tensions persistantes sur les grandes routes d’approvisionnement mondiales, notamment autour des détroits d’Ormuz en Iran et de Bab el-Mandeb au Yémen. Pour les entreprises, l’enjeu n’est plus seulement de réduire leurs émissions : il s’agit aussi de sécuriser durablement leur accès à une énergie compétitive et de renforcer leur indépendance énergétique.