Choose France 2026 : qui sont ces investisseurs étrangers qui misent sur l’Occitanie ?
Attractivité. À l’occasion du sommet Choose France 2026, l’Occitanie a capté une nouvelle vague de projets structurants, qui dépassent ses filières historiques pour investir la santé, les technologies de défense ou encore l’économie circulaire. Ces investissements représentent plusieurs centaines de millions d’euros et ouvrent des perspectives importantes en matière d’emplois pour le territoire.
La 9e édition du sommet Choose France s’est tenue le 1er juin 2026 à Versailles. Plus de 200 dirigeants d’entreprises, venus d’une cinquantaine de pays, y ont échangé avec le président de la République et les décideurs publics autour de projets d’investissement dans l’Hexagone. L’événement, présenté comme une vitrine de la France qui « innove, réindustrialise ses territoires et accélère sa transition énergétique et numérique », a mis en avant cette année plusieurs secteurs clés : l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, l’énergie décarbonée, l’électronique et semi-conducteurs, ainsi que les technologies de souveraineté industrielle.
Après une édition 2025 qualifiée de « grand cru », avec plus de 40 Md€ d’investissements annoncés et 53 projets, la dynamique s’est-elle confirmée dans un contexte politico-économique international et national toujours incertain ? Oui, elle s’est même intensifiée. Le sommet 2026 atteint en effet un nouveau niveau record, avec 71 projets recensés, 93 Md€ de promesses d’investissements et une perspective de 15 600 emplois créés.
Dans ce cadre, l’Occitanie confirme son statut de territoire clé pour les investisseurs étrangers, avec six projets ou extensions directement liés à son économie. Santé, drones, alimentation animale ou recyclage textile : la région, et particulièrement Toulouse, élargit son champ d’attractivité bien au-delà de ses bastions historiques que sont l’aéronautique et le spatial. L’an dernier déjà, le territoire occitan s’était distinguée avec plusieurs projets majeurs, dont celui de l’estonien Skeleton Technologies. Le spécialiste du stockage d’énergie avait choisi la Ville rose pour son centre de R&D dédié aux batteries de nouvelle génération, avant d’y engager 600 M€ d’investissements sur cinq ans et 300 créations d’emplois.
Le suisse Sandoz muscle ses capacités industrielles
C’est l’une des annonces les plus significatives de cette édition 2026. Le géant pharmaceutique suisse Sandoz, spécialiste mondial des médicaments génériques et biosimilaires, va investir 150 M€ supplémentaires d’ici 2034 pour développer son site toulousain dédié aux médicaments biosimilaires. Cette nouvelle enveloppe porte à 550 M€ le montant total des investissements engagés par le groupe en France depuis décembre 2025 et confirme la place grandissante de Toulouse dans les industries de santé.
Le nouvel investissement vise à renforcer les capacités de Sandoz Biologics France, implanté à proximité immédiate de l’Oncopole. Rachetée à la biotech allemande Evotec, cette usine de 15 000 m² est spécialisée dans le développement et la fabrication de médicaments biosimilaires, ces traitements biologiques conçus pour reproduire l’efficacité de médicaments de référence dont les brevets sont arrivés à expiration.
Aujourd’hui en phase de montée en puissance industrielle, le site toulousain est devenu un maillon stratégique de l’organisation européenne du laboratoire. L’investissement doit permettre d’augmenter les capacités des lignes de production existantes et d’en créer une nouvelle afin d’accompagner l’élargissement du portefeuille de biosimilaires du groupe. Sandoz s’appuie notamment sur « une technologie de fabrication continue entièrement automatisée et à haut débit », dont il détient désormais une licence illimitée.
Le portugais Tekever double son engagement dans le Lot
Basé à Lisbonne, au Portugal, le fabricant de drones Tekever poursuit son offensive française. Après avoir annoncé en 2025 son implantation à Cahors avec un investissement de 100 M€ et la création de 100 emplois, le groupe technologique revoit ses ambitions à la hausse. À l’occasion de Choose France, il a officialisé un nouvel investissement de 100 M€ sur cinq ans, portant son engagement total à 200 M€ et 200 emplois qualifiés.
Spécialisé dans les systèmes autonomes avancés, le groupe entend faire de l’Hexagone « un pilier industriel, d’innovation et d’export pour l’ensemble de ses activités européennes ». Le projet s’appuie sur l’ouverture de son siège français dans la Ville rose et sur la montée en puissance du futur site industriel de Cahors.
Le choix du Lot n’est pas anodin. Situé à proximité immédiate de l’écosystème aéronautique toulousain, le parc d’activités Cahors Sud offre au groupe un accès privilégié aux compétences industrielles régionales. Il bénéficie également de la présence de l’aérodrome de Cahors-Lalbenque, un atout stratégique pour les essais et le développement de ses systèmes aériens sans pilote.
Le monégasque Venturi Space accélère dans le spatial
Déjà implantée à Toulouse depuis près de trois ans, Venturi Space change d’échelle. L’entreprise monégasque annonce 150 M€ d’investissements supplémentaires, portant son engagement total à 250 M€ pour la création d’un centre technologique de 16 000 m² dédié à « la conception, la fabrication et l’assemblage de technologies critiques pour les futurs rovers lunaires et martiens ».
Cette accélération intervient dans le sillage de la sélection par la NASA du rover développé par l’américain Venturi Astrolab, partenaire stratégique de Venturi Space et utilisateur de ses technologies de gestion de batteries. Le véhicule doit participer aux futures missions lunaires habitées américaines à partir de 2028, dans le cadre du programme Artemis.
Face à cette montée en charge, le groupe renforce son dispositif industriel toulousain. Le futur site accueillera « le développement et la fabrication de batteries haute performance, de roues hyper-déformables ainsi que l’assemblage des véhicules destinés aux programmes spatiaux américains et européens ». D’ici 2030, près de 200 emplois sont attendus.
« Ce site sera le vaisseau amiral de Venturi Space en Europe. Nos équipes y travailleront sur des technologies critiques, sur l’intégration de systèmes complexes et sur l’assemblage d’astromobiles conçues pour évoluer dans les environnements les plus extrêmes. Il jouera un rôle central dans notre capacité à répondre aux exigences des programmes lunaires américains et européens », explique Antonio Delfino, le directeur des affaires spatiales du groupe.
L’allemand Boehringer Ingelheim monte en puissance
Le leader mondial de la santé animale Boehringer Ingelheim a dévoilé un programme de 500 M€ d’investissements en France d’ici 2030 afin de renforcer durablement ses capacités de recherche, de développement et de production. Quatre usines sont concernées par ce plan industriel d’envergure, dont celle de Toulouse qui bénéficiera d’une enveloppe de plus de 160 M€.
Le projet vise à accroître fortement les capacités de production du site avec « une multiplication par cinq des volumes de solutions orales et un triplement de la production de comprimés vétérinaires ». Le reste du programme prévoit également la création d’un nouveau pôle mondial dédié aux antigènes contre la fièvre aphteuse à Jonage, près de Lyon, ainsi qu’un renforcement des capacités industrielles du site de Saint-Priest et des activités de recherche et développement en région lyonnaise.
L’américain Mars renforce son usine d’Aimargues
Habitué du rendez-vous de Versailles, l’américain Mars Incorporated a annoncé une nouvelle enveloppe de 100 M€ répartie entre plusieurs sites français. Au cours de la dernière décennie, le groupe agroalimentaire revendique près d’un milliard d’euros investis dans l’Hexagone.
En Occitanie, c’est l’usine Royal Canin d’Aimargues, dans le Gard, qui bénéficiera de 30 M€ supplémentaires après les 48 M€ déjà annoncés en 2025. Le site, qui produit des aliments nutritionnels pour chiens et chats distribués dans les réseaux spécialisés, doit notamment renforcer ses capacités industrielles afin d’accompagner la croissance de ses marchés.
À travers ces investissements, Mars affirme vouloir consolider durablement sa présence industrielle en France tout « en accélérant ses efforts en matière d’innovation, de transformation numérique et de décarbonation de ses activités ».
L’espagnol Coleo choisit l’Ariège pour grandir
Dernière annonce régionale, celle du groupe Coleo, spécialiste du recyclage textile. Déjà présent en Espagne, sa terre natale, avec plusieurs unités industrielles intégrées couvrant l’ensemble de la chaîne de valorisation textile, le groupe avait ouvert sa première usine française de surtri près de Toulouse en novembre 2025.
À l’occasion de Choose France 2026, l’entreprise annonce un investissement de 2,1 M€ à Lavelanet, en Ariège, pour créer une nouvelle plateforme de tri de textiles usagés issus de la consommation des ménages. Ce projet, issu de la reprise d’une plateforme régionale Emmaüs, doit permettre à terme de traiter « jusqu’à 5 000 tonnes de textiles par an » et d’employer 60 salariés.
Au-delà des emplois créés, l’investissement vise à renforcer les capacités françaises du groupe et à structurer davantage une filière textile circulaire encore émergente. Les textiles collectés seront orientés vers la réutilisation ou le recyclage afin d’être réintroduits dans de nouveaux cycles de production.