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Compléments alimentaires : Novoma accélère et vise 22 M€ de chiffre d’affaires en 2026

Bien-être. Fondé à Toulouse en 2012 par deux jeunes entrepreneurs, Novoma compte aujourd’hui 46 salariés et distribue ses compléments alimentaires dans 1 500 pharmacies en France. Après l’entrée du Groupe Kresk à son capital, la société veut désormais accélérer dans la nutrition sportive et partir à la conquête de nouveaux marchés à l’international.

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(De gauche à droite), Alexandre Garnier et Lucas Pinos ont fondé Novoma en 2012, alors âgés respectivement de 18 et 17 ans. (©Novoma)

Trois Français sur cinq consomment des compléments alimentaires. Il y a deux ans, le chiffre d’affaires du marché a dépassé la barre des 3 Mds€, en forte croissance par rapport à l’année précédente (2,7 Mds€). Un secteur porteur au sein duquel les acteurs misent sur les tendances pour lancer de nouveaux produits.

C’est le cas du toulousain Novoma, implanté dans le quartier de Montaudran, qui se développe à grande vitesse depuis son lancement en 2012. La marque a clôturé 2025 avec un chiffre d’affaires de 16 M€. Pour assurer sa croissance, elle favorise la vente en ligne, notamment via Amazon, mais également en pharmacie, dans tout l’Hexagone, dans les départements d’outre-mer et à Barcelone.

Après une levée de fonds de 3 M€ clôturée en 2023, Novoma a franchi une nouvelle étape il y a un an avec l’entrée au capital du Groupe Kresk, notamment propriétaire des Laboratoires SVR. La société entend désormais accélérer sa croissance avec une nouvelle stratégie. Accompagnée en 2020 par le Réseau Entreprendre Occitanie Garonne en tant que lauréate, elle mise notamment sur le développement de sa gamme sportive, les partenariats commerciaux et l’internationalisation.

80 % de la production autour de Toulouse

Lucas Pinos, 17 ans, et Alexandre Garnier, 18 ans, sont encore en école de commerce lorsqu’ils fondent Novoma, il y a 14 ans. Ils misent rapidement sur l’essor de la vente en ligne et de l’automédication pour lancer leur première gamme de compléments alimentaires, avec une conception faite maison. Aujourd’hui, la société a grandi et emploie 46 salariés.

« Faire un complément alimentaire, c’est un peu comme une recette de cuisine », explique Lucas Pinos. « Nous avons à disposition des matières premières fabriquées en laboratoire que nous choisissons nous-mêmes. Nous allons ensuite voir un laboratoire, qu’on appelle façonnier, qui va assembler la recette. »

Pour se fournir en matières premières, Novoma fait notamment appel au français Weishardt International, implanté dans le Tarn depuis 1911, ainsi qu’à des biotechs françaises, espagnoles et finlandaises, qui vont lui fournir des actifs de qualité, en complément de ceux importés d’Asie, adaptés à la fabrication industrielle. La marque fait également appel à une dizaine de façonniers certifiés sur le territoire métropolitain, tels que les Laboratoires Lebeau, situés à Grisolles, dans le Tarn-et-Garonne, ainsi que Bewell, situé à Nantes. « 80 % de la production est réalisée autour de Toulouse », assure le dirigeant.

Des compléments alimentaires sous contrôle

Le trentenaire explique que, derrière la formule qui compose un complément alimentaire, il existe de nombreux principes actifs qui font l’objet d’études, de labellisation et de dépôts de brevets, à la charge du laboratoire qui les commercialise. Les suppléments nutritionnels que Novoma développe étant classés dans la catégorie des produits alimentaires, la marque n’est cependant pas dans l’obligation de réaliser des tests cliniques. Elle doit simplement respecter les normes imposées par les agences réglementaires afin de vérifier leur traçabilité et d’assurer la sécurité des consommateurs.

« Pour l’ensemble des produits de nos gammes, nous incluons toujours un ingrédient breveté. Dès lors que nous pouvons apporter de la science et des preuves d’efficacité dans le choix des actifs, nous le faisons », ajoute-t-il. Lucas Pinos cite ainsi les molécules de magnésium mieux assimilées par le système digestif, l’oméga-3 labellisé Epax (référence mondiale en matière de qualité et de pureté pour ce type de concentré), le collagène pour les produits de beauté, ou encore des électrolytes contenant davantage de micronutriments et moins de sucre. La marque a d’ailleurs dévoilé au mois d’août son nouveau produit, Électrolytes Hydratation+.

Déjà 1 500 pharmacies partenaires

Pour toucher un public toujours plus large, la société toulousaine mise sur deux gammes de produits. Composées de plus de 30 références, les Essentials sont uniquement commercialisées sur Internet et suivent une stratégie de vente que son fondateur qualifie d’opportuniste. « Nous lançons un produit en fonction des tendances du marché, avec un suivi au jour le jour des mots-clés les plus recherchés sur les plateformes de vente comme Amazon », explique Lucas Pinos. « Novoma se positionne comme le premier acteur du secteur sur cette dernière, avec des produits plus compacts et une approche tarifaire plus basse. »

Si la digital native vertical brand favorise la vente en ligne depuis sa création, elle mise également sur un réseau de 1 500 pharmacies partenaires dans toute la France, qu’elle a largement enrichi depuis la prise de participation du groupe Kresk, afin de commercialiser une seconde gamme de plus de 50 références. La clientèle cible de cette gamme est principalement féminine, âgée de 30 à 40 ans, et se déplace souvent en point de vente physique.

L’entreprise a par ailleurs choisi d’investir dans une logistique interne afin de faciliter l’approvisionnement des points de vente physiques comme celui de la vente en ligne. « Quand nos produits quittent l’usine, ils sont envoyés dans notre entrepôt implanté à Muret, à 15 minutes de notre siège, d’où ils sont emballés et dispatchés. »

Sport et international, nouveaux relais de croissance

L’ouverture du capital au Groupe Kresk lui permet ainsi de s’imposer comme un acteur clé du conseil en pharmacie et lui ouvre la voie à des investissements massifs dans le recrutement de délégués pharmaceutiques spécialisés dans la présentation des produits. « Notre deuxième priorité après celle-ci est de développer notre gamme de produits destinés aux sportifs occasionnels. Actuellement, on observe une très forte influence de la nutrition sportive sur la nutrition classique, ce qui fait que les marques hybrides fonctionnent très bien », souligne-t-il.

Lucas Pinos et Alexandre Garnier entendent ainsi ouvrir le marché des compléments alimentaires sportifs à une clientèle qui ne pratique pas de sport à haute intensité. « C’est pourquoi nous visons des partenariats avec des personnes influentes, comme celui que nous avons signé avec le rugbyman du Stade toulousain, Ange Capuozzo. » Cette stratégie se construit autour du déploiement d’une image de marque qui veut s’imposer sur le marché.

« Aujourd’hui, le marché français est très porteur, mais à long terme, nous souhaitons nous internationaliser en tablant notamment sur la vente en ligne via Amazon », espère Lucas Pinos. La société devrait atteindre les 22 M€ de chiffre d’affaires en 2026 et vise notamment les marchés italien et espagnol, avant de partir à la conquête de la Chine via de potentiels contrats de distribution.