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141e année

Dagand Atlantique, une entreprise au service du patrimoine

Patrimoine. L’entreprise, installée à Bressols dans le Tarn-et-Garonne, spécialisée dans la réfection de charpentes et dans la taille de pierre, contribue à la préservation de monuments historiques. Labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, elle vient d’être sélectionnée pour participer à la restauration d’une partie de la cathédrale Notre-Dame à Paris, une superbe mise en valeur !

Dagand Atlantique est spécialisée dans la restauration de monuments historiques et du patrimoine architectural. DR

« On peut restaurer un bâtiment du sol au plafond », s’amuse Florent Damiani, le directeur général de l’entreprise Dagand Atlantique. La PME tarn-et-garonnaise née en 1944 appartient à 80 % au groupe Ateliers de France, depuis octobre 2020. C’est le plus gros groupement d’entreprises spécialisées dans la restauration de patrimoine avec un effectif de 2500 personnes. Le groupe est à même de restaurer tous les bâtiments sur un chantier. Il intègre plusieurs corps de métier : du menuisier, du tailleur de pierre, au maître lauzier en passant par les doreurs. Il travaille sur des chantiers prestigieux tels que le Château de Versailles ou la Tour Eiffel. « Financièrement, c’est une sécurité, être adossé à ce groupe évite les mauvaises surprises de trésorerie de l’entreprise, mon chiffre d’affaires dépend à 90 % des marchés subventionnés par l’État », ajoute Florent Damiani.

DES BASES SOLIDES

Dagand est devenu dans les années 80 la référence du monument historique, avec quelque 200 chantiers dans le sud-ouest. L’emplacement du siège, à côté de Montauban est stratégique, il permet à l’entreprise de rayonner sur l’intégralité du Sud-Ouest, Dagand vient d’ouvrir un atelier à Chalais en Dordogne et une agence à Angoulême pour développer de nouveaux marchés sur l’ouest de la France. « Nous ne sommes jamais en concurrence avec les maçons traditionnels, explique Florent Damiani, même chose en menuiserie, on ne fait pas de charpente neuve. On est certifié Qualibat pour travailler sur les monuments historiques ».

Des chantiers supervisés par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). Elle peut octroyer jusqu’à 35 % de subvention. Dagand travaille à la chaux et au sable. Un maçon « classique » va utiliser du ciment, Dagand choisira un enduit teinté avec du sable acheté localement. La clientèle est très attachée à l’authenticité, elle souhaite retrouver les matériaux d’antan. 80 % des chantiers concernent la réfection d’églises, de châteaux... L’entreprise affiche un CA de 5 M€, elle table sur 8 M€ dans trois ans.

DES MÉTIERS À VALORISER

La transmission se fait par le compagnonnage. Les apprentis sont formés le plus souvent en CFA de tailleur de pierre, de couvreur, de charpentier. « C’est un métier passion, ajoute Florent Damiani, on voit de plus en plus arriver sur le marché des candidats en reconversion professionnelle. Beaucoup s’imaginent déjà sur le parvis de Notre-Dame en pleine taille de gargouille. » On apprend sur le terrain, l’expérience fait la différence. Sur 15 chefs d’équipe chez Dagand, 10 sont issus de la promotion interne. L’entreprise s’attache à ouvrir le chantier au grand public. « On adore restaurer les églises de village, ça suscite beaucoup d’intérêt, on crée l’animation pendant un an, le maire a souvent envie de valoriser nos métiers. C’est la meilleure façon de recruter. »

Passionné d’histoire et de vieilles pierres, Florent Damiani vous parlera de l’un de ses plus beaux chantiers : Fort Boyard où il a fallu héliporter les matériaux. L’entreprise vient de terminer la rénovation de la façade de la cathédrale d’Angoulême. « On était les premiers depuis sa construction à monter sur la façade, un événement. » Le futur chantier qui attend les compagnons dès le mois de septembre sera celui « de toute une vie ».Dagand va travailler sur la taille de pierre à Notre-Dame de Paris, l’entreprise a été retenue sur les élévations intérieures. Quelle fierté !

Dorisse Pradal