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Danone investit 2,2 M€ dans l’Hérault pour sécuriser son site de La Salvetat-sur-Agoût

Alimentaire. Dans un marché des eaux gazeuses naturelles en croissance, Danone accélère à La Salvetat-sur-Agoût. L’industriel annonce d’importants investissements d’ici 2026 pour moderniser son site héraultais, porté par une hausse de près de 9 % de ses volumes de vente.

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Après avoir été pendant près de quatre ans et demi sa responsable d’exploitation, Marie Weeks est la nouvelle directrice du site héraultais de production de l’eau minérale naturelle La Salvetat. (©Danone)

2,2 M€, c’est ce que prévoit d’investir d’ici 2026 Danone sur son site de La Salvetat-sur-Agoût, dans l’Hérault. Depuis 1992, le géant français de l’agroalimentaire y exploite une source d’eau pétillante, la fameuse Salvetat, reconnue comme eau minérale naturelle depuis 1848. Aujourd’hui, l’usine d’embouteillage, située dans le parc naturel régional du Haut-Languedoc, emploie 69 salariés.

Détenue par la société anonyme des eaux minérales d’Evian (SAEME), propriété de Danone, la marque est l’une des quatre que compte l’industriel en France aux côtés de Volvic et Badoit, sur une dizaine dans le monde. Les eaux représentent ainsi 18 % du chiffre d’affaires du groupe, soit en 2024 à l’échelle mondiale 4,9 Md€ (+5,1 % sur un an) sur un total de 27,37 Md€ (+4,3 %) de CA. Pour sa part, la Salvetat revendique le statut de première marque d’eaux gazeuses naturelles en France en grandes et moyennes surfaces, avec 14,1 % de part de marché volumes.

18,4 M€ de retombées fiscales pour les territoires

Dans l’Hexagone où l’on dénombre plus d’une centaine de sites d’exploitation d’eau minérale naturelle et d’eau de source, le secteur des eaux en bouteille est dominé par trois groupes qui se partagent 80 % du marché, dont deux multinationales du secteur de l’agroalimentaire, Danone et Nestlé. Le marché représente un total de 2,7 Md€ en termes de chiffres d’affaires cumulé selon le rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur les pratiques des industriels de l’eau en bouteille publié en mai 2025.

Les sites de production d’eaux minérales naturelles et d’eaux de source ont également une empreinte économique forte sur leur territoire, où ils sont parfois l’un des principaux employeurs locaux. La filière représente ainsi 11 000 emplois directs en France, dont 8 000 pour les eaux minérales naturelles et 3 000 pour les eaux de source, et 30 000 emplois indirects.

Pour les communes sur le territoire desquelles sont situées les usines d’embouteillage, les retombées sont dès lors substantielles : le seul produit de la taxe sur les eaux minérales [1] est estimé à 18,4 M€ en 2024 pour ces collectivités dont plus d’1 M€ pour La Salvetat-sur-Agoût. Une étude du cabinet Archipel&Co chiffre plus globalement à 26 M€ la contribution du site héraultais au développement économique local, sachant que l’usine accueille chaque année près d’un millier de visiteurs.

Une consommation en hausse de 4,6 %

Selon une enquête Ipsos, 86% de la population française boit de l’eau en bouteille, soit en moyenne plus de 135 litres par an par Français. Une consommation qui ne fait que croître depuis 20 ans. Ainsi malgré le récent scandale du traitement des eaux minérales naturelles qui a particulièrement affecté Nestlé Waters et sa source de Perrier dans le Gard [2], le marché des eaux gazeuses naturelles affiche une progression de 4,6 % en 2025.

De son côté, alors que les ventes du site de Vergèze (30) ont chuté entre 2024 et 2025, l’usine héraultaise voit ses volumes de ventes bondir de près de 9 %, une croissance marquée par l’arrivée de nouveaux consommateurs au-delà de son cœur de cible des 50–64 ans.

Les investissements réalisés entre 2025 et 2026 ont d’ailleurs pour ambition d’optimiser ses performances. Concrètement, les 2,2 M€ doivent permettre de moderniser le site et de renforcer sa sécurité, détaille Danone dans un communiqué daté du 23 janvier 2026. De fait, depuis 10 ans, le groupe industriel a investi 17 M€ dans la protection des milieux naturels dans lesquels se situent ses quatre sources, ce qu’on appelle l’impluvium, soit une superficie de 280 km² au total.

Protéger ses approvisionnements

Dans l’Hérault, une association de préservation de l’impluvium (90 km²) a vu le jour à l’initiative de l’industriel qui réunit les acteurs publics et privés sur le territoire de cinq communes limitrophes pour adresser les différents enjeux. Et ils sont en effet de taille, depuis l’amélioration de la gestion des effluents d’élevage et la fertilisation des prairies jusqu’aux aides techniques et financières aux communes pour la création ou la réhabilitation de réseaux d’assainissement ou la modernisation des stations d’épuration.

« Ces investissements témoignent notre engagement durable pour accompagner la croissance du site et renforcer la protection de la ressource en eau, qui est au cœur de notre responsabilité industrielle et territoriale », affirme Marie Weeks, la nouvelle directrice du site héraultais qui fut pendant près de quatre ans et demi sa responsable d’exploitation.

De fait, les 2,2 M€ investis sur le site de La Salvetat-sur-Agoût visent aussi à réduire les consommations d’eau et d’énergie tout en améliorant les infrastructures et les réseaux de mise en bouteille. L’industriel, qui produit sur place ses propres bouteilles en PET (Polyéthylène téréphtalate), assure ainsi consommer 1,06 litre d’eau pour embouteiller un litre d’eau, quand d’autres acteurs du secteur affichent près de 2,5 litres.

[1L’article 1582 du code général des impôts prévoit que les communes sur le territoire des-quelles sont situées des sources d’eaux minérales naturelles peuvent instituer, à leur profit, une contribution sur ces eaux, souvent appelée « droit de col », instaurée à l’origine en 1920 au profit des villes thermales.

[2Le géant suisse a reconnu l’utilisation dans ses usines des Vosges et du Gard (Vittel, Hépar, Contrex, Perrier) de filtres à charbon actif et de traitements ultraviolets qui sont des mesures de désinfection, strictement interdites.