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Avec ses télescopes imprimés en 3D, Raphaël Labro veut mettre l’astronomie à la portée de tous

Artisanat. Longtemps réservée à une communauté d’initiés, l’astronomie se démocratise. Dans le Tarn-et-Garonne, Raphaël Labro en est un des artisans. Il conçoit et fabrique grâce à l’impression 3D ses propres télescopes analogiques, qu’il commercialise via sa société La 3ème Dimension. En 2027, l’entrepreneur s’apprête à lancer un troisième modèle encore plus contact pour un usage nomade.

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Raphaël Labro a commencé les tests terrain de son nouveau produit, le Picco, dont la commercialisation est prévue pour l’année prochaine. (©La 3ème Dimension)

Le 12 août 2026, la Lune est venue s’interposer entre la Terre et le Soleil pour offrir une éclipse solaire totale, l’une des plus attendues de la décennie en Europe et aussi en France qui n’avait pas connu un tel phénomène depuis 1999.

Un événement très médiatisé tout au long de l’été qui a aussi provoqué un regain d’intérêt pour l’astronomie amateur. En témoigne la fréquentation historique enregistrée par les Nuits des Étoiles, organisées par l’Association française d’astronomie les 7, 8 et 9 août dans tout l’Hexagone, qui ont accueilli plus de 300 000 visiteurs.

Malgré la démocratisation des outils d’observation, ce hobby reste cependant onéreux. C’est justement pour permettre au plus grand nombre de s’adonner à cette activité que Raphaël Labro a créé en 2023 son entreprise : La 3ème dimension. Installée à Verdun-sur-Garonne, dans le Tarn-et-Garonne, l’artisan conçoit et fabrique des télescopes par impression 3D afin d’offrir une alternative ludique et bon marché.

Alors qu’il s’apprête à participer au salon Made in France, qui se tiendra du 12 au 15 novembre 2026 au Parc des expositions de Paris, Porte de Versailles, l’entrepreneur également membre du réseau French Fab, commercialise des instruments astronomiques, reconnus par les experts du domaine, mais également des pièces et accessoires sur mesure (porte-oculaire, masque de Bahtinov, capuchon, crochets pour sac-à-dos…).

De l’artisanat scientifique made in France

Si l’entreprise est encore en phase de démarrage, elle a déjà enregistré un chiffre d’affaires de 10 K€ pour l’année 2026. Pour commercialiser ses produits, le trentenaire mise sur une plateforme de vente accessible depuis son site web, ainsi que sur un partenariat avec la boutique spécialisée la Clé des Étoiles, implantée à Plaisance-du-Touch.

Vendu à un peu plus de 200 €, le Lumi est livré en kit à monter sans notice et propose une approche ludique de l’astronomie. (©La 3ème dimension)

Pour l’heure, il commercialise deux modèles de télescopes. Avec le Lumi, Raphaël Labro veut toucher un public large, notamment les familles. Petit, compact et coloré, il est livré sous la forme d’un kit à monter soi-même. « Cette démarche permet à l’utilisateur de comprendre le fonctionnement du produit, les différents mouvements opérés par la lentille et l’utilité des pièces optiques et des roulements », explique l’intéressé.

L’artisan commercialise également le Smallest, un télescope destiné aux amateurs confirmés à la recherche d’un produit facilement transportable (25 × 25 × 20 cm) et léger (4 kg avec les optiques), sans perdre en qualité optique. Plus long à fabriquer car plus technique, il est vendu désormais uniquement sur demande.

Pour l’heure, sa production se limite à un par mois contre un par semaine pour le Lumi. « Je propose une version 100 % made in France, plus chère, avec des lentilles fabriquées par Gallifrey Optics, concepteur indépendant installé à Terrasson-Lavilledieu, en Nouvelle-Aquitaine, qui fabrique les miroirs optiques de manière artisanale. »

L’impression 3D pour réduire les délais

Outre la praticité, l’entrepreneur mise sur des produits low-tech. « Les télescopes les plus performants sur le marché bénéficient souvent d’un apport technologique et numérique important, et nécessitent donc des batteries. Les télescopes que je fabrique sont non seulement artisanaux, mais ils sont aussi analogiques et peuvent donc être transportés par les utilisateurs sans craindre de tomber en rade », précise-t-il.

Loin d’être des jouets, ses télescopes sont des outils de précision pour explorer le ciel et les galaxies. Raphaël Labro a ainsi fait le choix de la production par impression 3D afin d’optimiser la qualité et la durée de fabrication. « Ce process permet de produire des pièces très complexes et d’atteindre la qualité de télescopes fabriqués par de grands industriels », affirme-t-il. Ce dernier a ainsi investi près de 6 000 € dans l’achat de trois imprimantes de différentes tailles. Un investissement auquel s’ajoutent le coût des matières premières et de l’énergie.

Un nouveau télescope en 2027

Aujourd’hui, ses produits sont de plus en plus reconnus par la communauté d’astronomes amateurs. C’est d’ailleurs cette reconnaissance du premier prototype du Smallest, présenté pour la première fois au public lors du festival Pint of Science organisé en 2023 à Toulouse, qui l’a poussé à lancer son entreprise.

« Face à l’engouement rencontré, et pour tester la viabilité économique du télescope, j’ai décidé de mettre ses plans de fabrication par impression 3D en open source sur la plateforme Printables. » Le succès s’est rapidement confirmé, avec plus de 23 000 vues en quelques mois.

Celui qui a lancé son activité sur fonds propres n’a bénéficié d’aucune aide, si ce n’est le soutien indirect de la part des équipes du fablab Roselab, implanté au cœur de la Cité, dans le quartier de Montaudran. Il a également noué un partenariat avec la marque d’imprimantes 3D Bambu Lab qui s’est traduit par une campagne promotionnelle. « J’ai eu la chance d’apparaître dans deux numéros du magazine Ciel et Espace, ainsi que dans la revue anglaise Hacker News. Ces publications m’ont apporté une visibilité à l’international », se réjouit le dirigeant.

À long terme, Raphaël Labro ambitionne de recruter des salariés pour l’aider dans la production des télescopes, accélérer la cadence et gonfler sa croissance. En 2027, il prévoit la commercialisation d’un troisième modèle, le Picco, une version encore plus compacte du Smallest, particulièrement adaptée à l’astronomie nomade.